IL Y A DEUX ANS, LES GILETS JAUNES (3) De la révolte à l’enfermement

A la question restée en suspens : « Jusqu’où la révolte pourra-t-elle aller ? » la réponse est venue d’où personne ne l’attendait. Le 12 mars 2020. Foudroyante.

Immobilisation générale. 

Tout le monde s’est trouvé du jour au lendemain dans un état de guerre auquel rien ne l’avait préparé.

Par décision dictatoriale.

Un ennemi nous attaque. D’origine inconnue. Autant dire de Mars… Insaisissable. Le temps de la Science-Fiction est arrivé.

Il appartient aux chefs de commander. La démocratie s’arrête le temps du passage d’un président à la télé.

Ce passage marque, pour toute velléité révolutionnaire, un coup d’arrêt.

Mais ce n’est pas cette velléité qui était visée. Explicitement en tout cas. Telle fut l’habileté de l’acte dictatorial. Le virus permettait de l’ignorer. Il n’y avait même plus à en parler. Comme si le risque n’avait jamais existé.

On avait maintenant la sécurité sanitaire de l’humanité à gérer.

La page de la révolution était tournée.

En 2019 on prenait encore la révolution pour un cliché. C’est une mutation qui est arrivée.

 

Il y a toujours intérêt à mettre l’actualité en perspective sur les lignes de force qui la sous-tendent. Dans la longue histoire. En la reprenant au commencement. Avec des repères ancrés à un passé assez bien cadré pour permettre sa projection dans le futur en réduisant au minimum la part de l’incertitude et du hasard.

Une chose est désormais certaine. Ce virus d’origine soi-disant inconnue, cet ennemi invisible, ce covid insaisissable (et qui parait diablement futé) présente trois avantages pour les gouvernants. 

Le premier, c’est qu’on sait très bien, en réalité, comment le fabriquer, lui et ses semblables.

Par la maltraitance animale.

Le second est qu’il met entre les mains des gouvernants une arme qui n’a pas l’air d’une arme : l’enfermement.

Brandir un danger sanitaire mondial pour paralyser la société.

Troisième avantage : cette arme est désormais réutilisable indéfiniment.

Preuve que, si elle n’avait pas été prise au sérieux par les gilets jaunes il y a deux ans, la possibilité d’une révolution mondiale n’a jamais cessé d’être une hypothèse jouable par les gouvernants, en raison de la mobilisation toujours envisageable de la base dans toute société étatisée : cette masse inutile en surnombre, dont le mouvement des gilets jaunes a à nouveau montré la dynamique incontrôlable ; en raison aussi de ses effets de contagion probables, confirmés d’avance par ceux précédemment expérimentés dans les « printemps arabes » et autres.

Ca a été une première. D’aucuns y ont vu une « répétition générale » -- avant le grand enfermement dans un rideau de fer planétaire.

Or ce n’est pas une nouveauté.

Elle s’inscrit dans le droit fil de la politique des catastrophes graduées, dont le modèle remonte à l’antiquité.

                                                             Eyquem

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