Pourquoi les femmes ne se débattent pas?

Il est souvent évoqué lors des plaidoiries de la défense pendant des procès pour viol que si la femme ne s'est pas débattu, cela remet en cause son statut de victime. Même si les associations des victimes montent souvent au créneau, la jurisprudence n'évolue pas vraiment. Mais au fait, pourquoi certaines ne se débattent pas?

« Vous voulez que je vous explique ce qui se passe dans votre tête? Il y a une partie du cerveau qui s’appelle l’amygdale qui vous ordonne de tout faire pour survivre. Comme une sirène qui hurlerait: ‘Survis ! Survis !’

Ça résonne si fort que ça couvre la partie du cerveau qui contrôle la raison : le cortex. Votre logique.

Le cortex sait très bien que je ne vais pas vous trancher la gorge. Pourquoi je ferais ça ? Ma femme a assez de problèmes non ?

Mais l’amygdale, c’est de l’instinct brut. Elle sent les dégâts que pourrait causer cette lame. Pourtant, elle n’est pas plus grosse qu’une cacahuète. Mais lorsqu’on est pris par surprise, qu’on a peur pour sa vie, on est programmé pour faire tout ce qui pourra assurer notre survie. Et parfois, ça inclut de ne rien faire. »

Ces dialogues sont extraits d'une mini série britannique appelée "Sous influence" et diffusée sur Arte.

Dans l'extrait, on peut voir un homme douter des déclarations d’une femme qui jure avoir été violée sans pouvoir en apporter la preuve. Et puis, soudainement, le mari de la victime prend la parole pour une démonstration on ne peut plus explicite. Dans l’imaginaire collectif, une personne qui ne se défend pas est une personne qui n’a pas été attaquée. Une idée reçue dangereuse et destructrice démolie avec brio par cette scène de cinéma absolument magistraleCe qui est montré par la scène où l'homme doute de la version de la femme c'est qu'il sous entend que du fait qu'elle n'ait pas apporté la preuve qu'elle s'est défendue ou a tenté de se défendre, son statut de victime peut être remis en cause. On peut donc dire qu'il faut que le regard collectif change, qu'il faut arrêter de regarder en premier si une victime de viol l'a cherché, bien voulu ou mérité mais plutôt comment on aurait réagi si on avait été à sa place. Penser à sa survie, se défendre, se laisser faire en attendant que ça passe, etc, aucune réactions ne se juge. 

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