La facture flambe!

D'après l'UFC Que choisir, EDF ferait flamber la facture des consommateurs, voyons de quoi il s'agit.

Même si EDF conteste, l'association évalue à 2.4 milliards d'euros les surcoûts payés par les consommateurs entre 2012 et 2017. En fait, EDF baisserait volontairement la production d'électricité en sous utilisant les capacités de ces centrales nucléaires pour faire flamber les prix.

Les tarifs de l’électricité sont déterminés par des prix de gros qui vont fixer le prix au kwh pour le consommateur. Lorsque ce prix final est trop bas selon les goûts d'EDF, ils "sous utiliseraient" volontairement les 58 réacteurs. Ainsi, en baissant volontairement la puissance de ses réacteurs,  le géant du nucléaire ferait ainsi appel à des moyens de production plus coûteux que l’atome comme par exemple des centrales à gaz, fuel et charbon, importations d’électricité,etc afin de faire remonter artificiellement les prix de gros à des niveaux plus élevés, supérieurs à 30 euros par MWh, et faire payer «un surcoût faramineux» à ses clients. Les 28 millions de clients d'EDF qui bénéficient d'un tarif réglementé de vente ont supporté à eux seuls 2 milliards d’euros d’augmentation, soit «un surcoût moyen par consommateur d’environ 71 euros sur la période», a calculé l’association. Si on ajoute l'ensemble des abonnés (industrie, tertiaire, ménage), le surcoût payé par les consommateurs s'élève à 3.2 milliards d'euros et pour les  4 millions de clients qui ont choisi un fournisseur concurrent en ont été pour 380 millions d’euros de mieux entre 2012 et 2017, soit un surcoût moyen encore plus élevé, à 109 euros par consommateur.

En fait, les distributeurs alternatifs d'énergie s'alimentent chez EDF, par exemple Butagaz fait appel à un trader qui va acheter de la production d'électricité sur le marché. Cela permet d'acheter en gros lorsque les prix fluctuent et de la vendre moins cher. Mais EDF contrôle 100% des moyens de production nucléaire, 70% des capacités hydrauliques et 58% des capacités fossiles.  L’UFC constate que ni le tarif réglementé de l’électricité et ni l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) mis en place en 2010 par le législateur pour aider au développement de la concurrence, n’ont permis de limiter cette flambée des tarifs. L'UFC regrette qu'il n'y ait aucune alternative au monopole d'EDF et qu'il y ait une concurrence sclérosée, atone sur le marché hexagonal de l’électricité.

EDF recuse évidemment ces accusations mais il faut quand même rappeler que la facture moyenne des français (800 euros par an) qui a  augmenté de 42% depuis dix ans, «soit trois fois l’inflation». Évidemment je ne compte pas les importantes difficultés financières qu'a connu EDF sur la période 2012-2017, je cite les déboires de l'EPR de Flamanville par exemple ainsi que les investissements exorbitants dans la maintenance du parc nucléaire français.

Voici un article qui explique tout cela: Libération: EDF et la flambée des prix

Certes, c'est un fait, mais avec les problèmes financiers de plus en plus chers sur le parc nucléaire français ainsi que le projet d'ouvrir les barrages à la concurrence, cela va encore faire flamber la facture d'électricité.

Sur un réseau électrique, EDF ayant le monopole quasiment permet de contrôler la quantité d'électricité qui circule sur le réseau et de demander à tel ou tel barrage de fermer pendant 30 minutes par exemple pour réguler. Ils ne le demanderont pas à une centrale nucléaire de stopper pour reprendre le production d'électricité. Si c'est une autre entreprise qui possède le barrage, il faudra qu'EDF la dédommage pour lui faire stopper le barrage et ce dédommagement se retrouvera sur la facture du consommateur.  Peut être qu'avec les grèves, cela changera.

Il faut sortir du nucléaire car c'est en train de se casser la figure, j'ai lu un livre qui m'a appris énormément de choses et je vous invite à la lire.

Il s'appelle "Nucléaire Danger immédiat" de Thierry Gadault et Hugues Demeude.

Je vous mets une vidéo qui le présente: Nucléaire Danger immédiat

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