Dette publique : un mensonge public ?

Cela fait des années qu’on nous le répète, il y a des efforts à faire sur l’argent public, on ne résoudra rien, soi-disant. Mais au final s’il n’y avait pas de dettes qu’est-ce qui se passerait ?


Cela fait des années qu’on nous le répète, il y a des efforts à faire sur l’argent public, on ne résoudra rien, soi-disant. Mais au final s’il n’y avait pas de dettes qu’est-ce qui se passerait ?
Eh bien si les Etats ne s’endettaient pas il n’y aurait pas d’économie, vous imaginez un Etat épargner en attendant de dépenser publiquement ?
L’Etat a un rôle crucial, il permet d’aider à la création d’emplois, de nationaliser éventuellement s’il y a une perte d’emplois et une mauvaise gestion…en clair, ses compétences sont grandes.
Mais voilà, auparavant, les états empruntaient près des banques centrales et la dette s’effaçait progressivement, puis il y a eu une loi Pompidou en 1973 qui a interdit à l’Etat d’emprunter aux banques centrales. L’article 123 du traité de Lisbonne stipule que les Etats doivent faire appel aux banques privées qui sont elles-mêmes régulées par les banques centrales.
Dommage…car il y a des taux d’intérêts exorbitants qui sont très lucratifs pour les banques.
Donc nous avons des états qui vont dire que s’il y a une crise financière et une dette publique qui s’allonge, c’est parce que l’Etat a mal géré le budget et que le pays n’est pas assez compétitif.
C’est bizarre, on dirait le discours du MEDEF…
De plus, les solutions préconisées sont dignes d’un cercle vicieux.
« Si pour résoudre la dette, il faut prendre un emprunt, pourquoi pas, mais cet emprunt est plus gros et donc avec un taux d’intérêt plus gros et ainsi de suite. » 
Ainsi donc, en guise de solutions, on décide de privatiser l’économie et d’appliquer l’austérité.
Pour quel résultat ? Est-ce la solution?
La solution est de stopper les banques privées et revenir aux banques centrales. On pourrait même aller plus loin dans les solutions. Mais avant d’énumérer les solutions, il reste une question cruciale: Pourquoi les politiques ne s’y attaquent pas sérieusement? Tout simplement parce qu’il y a des choses qu’ils n’aimeraient pas que vous sachiez.
En premier, tous les cadeaux fiscaux qu’ils ont faits aux entreprises qui viennent s’ajouter au montant de la dette, il faudrait qu’ils reconnaissent qu’ils ont joué avec l’argent public. De plus, cela voudrait dire que le modèle actuel n’est plus soutenable.
On nous répète que la dette fait presque 100% du PIB (95% environ), mais il faut savoir que la durée des titres de dette est de 7 ans et 19 jours. Si on prend la valeur totale de la dette (1985 milliards en 2014) et qu’on la divise par 2567 jours, cela fait par an à peine 13% du PIB annuel. De plus, on met la pression à tout le monde en ramenant la nécessité de rembourser à une année. Vous imaginez ? On demande à tout le monde de se serrer la ceinture en appliquant des politiques d’austérité, en comparant un stock pluriannuel à un flux annuel.
On nous dit que le pays n’a pas les épaules pour supporter la dette...Et pourtant la France possède 35000 milliards de patrimoine économique (comprenant logements, immeubles, etc et actifs financiers).
Au final, la dette représente à peu près 5.6% des avoirs du pays.
Il y a beaucoup de pays sur lesquels on devrait prendre exemple et surtout sortir du modèle actuel qui nous répète depuis des années ces trois phrases :
-Il n’y a pas d’alternative au modèle où nous sommes !
-La finance et la technologie finiront par nous sauver !
-C’est l’affaire d’experts, contentez-vous d’être de simples consommateurs et ouvriers.
Sortir mais comment ?
-En imposant un impôt universel (taxer les gens où qu’ils soient et faire payer la différence à ceux hors de France par rapport à ce qu’ils auraient payés en France)
-En augmentant les salaires pour permettre à l’économie de fonctionner et relancer l’économie par la demande.
Ne pas lésiner sur les dépenses publiques surtout ! Je conclus sur un formidable retour sur investissement que pourrait avoir la France si elle réduisait le temps de travail mais pour un même salaire. Si un travailleur travaille moins, il a le temps de faire des achats et de faire marcher l’entreprise. S'il consomme, on aura un retour sur investissement pour l’entreprise qui réduit le temps de travail car cela lui permettra de la faire tourner et d’embaucher. Le deuxième retour sur investissement pour l'Etat concerne la sécurité sociale. Actuellement des gens qui travaillent énormément se déplacent majoritairement en voiture, créant de la pollution de l’air qui coûte extrêmement cher à l’Etat. Ensuite ces personnes ne réparent pas leurs objets, achètent sans cesse des produits neufs, ce qui crée des déchets qui coûtent très cher à traiter. Pour finir, ces personnes achètent des plats préparés car elles n’ont pas le temps de cuisiner et donc sont en surconsommation et parfois en obésité et développent des problèmes de santé qui coûtent cher à l’Etat. Nous voici devant un formidable retour sur investissement qui se fera si l’Etat intervient financièrement auprès des entreprises pour que le premier retour sur investissement ait lieu.

Voici une vidéo qui l'explique avec humour: La Dette

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.