Cette journée du 8 décembre est une étape importante pour ce mouvement. D’abord, par l’échec de cette opération de peur orchestrée par le pouvoir, diffusée de façon grotesque par les médias, durant toute la semaine qui a précédé le quatrième samedi de manifestations. Ministres et politiciens de droite, se sont succédés sur les écrans de télévision, pour appeler à ne pas aller manifester à Paris. Une opération de propagande délirante, avec à l’appui l’annonce de confrontations meurtrières, et d’un déploiement policier sans précédent. Or, cette campagne médiatique, n’a pas empêché les « gilets jaunes » provinciaux de venir très nombreux à manifester à Paris. Elle n’a pas non plus démobilisé le mouvement dans les régions. La stratégie sécuritaire du gouvernement, portée par les médias, qui une fois encore ont focalisé l’information, essentiellement sur les incidents qui se sont déroulés dans la capitale, a échoué. Une stratégie qui a consisté le 24 novembre, à protéger la place de l’Étoile, et à laisser la violence se développer sur les Champs-Élysées.
Le 1er décembre, cette stratégie a été de céder la place de l’Étoile et l’Arc de Triomphe aux violences. Le 8 décembre, le pouvoir a misé sur la peur pour affaiblir la participation aux manifestations, avec la complicité habituelle des médias, mais aussi par la manipulation de l’opinion. Manipulation, par la mise en scène d’une rencontre de représentants autoproclamés « gilets jaunes libres », pilotés par la droite LR, avec le Premier ministre. Toutes ces stratégies ayant pour objectif de discréditer le mouvement des « gilets jaunes », et d’éluder les revendications en réduisant la colère des Français à une simple dimension sécuritaire. À entendre les macronistes sur les plateaux de télévision, ils n’ont toujours pas compris que la seule issue à la crise ne peut être que politique et institutionnelle. Soit Macron cède aux revendications légitimes des « gilets jaunes », soit il prend la seule décision démocratique possible, le retour aux urnes.