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Billet de blog 12 mars 2017

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LA BAUDRUCHE HAMON

« Si j’arrive à remplir des salles sur la question du revenu universel, c’est bien que cela intéresse les gens. » (…) « Ce revenu universel d’existence serait versé à chaque citoyen français sans condition de revenu ! » (Benoît Hamon, janvier 2017)

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Deux mois plus tard, que reste-t-il de cette proposition audacieuse qui, avec le rejet exprimé par une grande partie des électeurs contre Walls, ont fait gagner les primaires socialistes à Benoît Hamon ? Contraint par les apparatchiks du PS à défendre le bilan du quinquennat, puis à ne plus vouloir abroger la loi El Kohmri mais à l’aménager, voilà que le candidat socialiste abandonne aujourd’hui sa proposition phare de revenu universel, puisqu’elle serait, dans sa nouvelle version, soumise à condition. Ce revenu qui, annoncé à 750 euros mensuels pour tous, sans condition de revenu, est redéfini comme une première étape, puis un objectif, avant d’être ramené à 600 euros sous condition de revenu, se rapproche singulièrement du « revenu minimum décent » de Walls. Ainsi, le « revenu universel d’existence » se transforme en simple RSA étendu aux jeunes de 18 à 25 ans. Pour se rapprocher d’Arnaud Montebourg, Hamon devient même adepte de la feuille de paie. Pour rassurer l’aile droite du parti, il rétropédale sur la renégociation de la dette en déclarant : " Rien ne peut vous amener à dire que je prône la restructuration de la dette ".

Une nouvelle reculade est annoncée, cette fois-ci sur le dossier de Notre Dame des Landes, quitte à cocufier Yannick Jadot et à renier l’accord signé avec EELV. À entendre Vincent Peillon, il ne serait plus question d’abandonner la construction du nouvel aéroport, mais d’envisager une autre configuration. Il suffit d’écouter le conseiller politique de Hamon ce 12 mars sur BFM TV, pour constater que les engagements pris par le candidat socialiste après sa victoire aux primaires, se réduisent, jour après jour, à une peau de chagrin. Son programme s’apparente davantage à l’addition de propositions des candidats aux primaires socialistes, qu’à un programme de rupture avec le Hollandisme. Ainsi, le choix de Benoît Hamon d’être le candidat du Parti socialiste, plutôt que de rompre avec ceux qui ont mené la politique de droite du quinquennat, enferme Hamon dans une logique qui, inéluctablement, le mène à renier ses engagements pris lors de la primaire socialiste. Avec le risque de perdre de sa crédibilité, et d’apparaître comme un candidat plus proche de la nébuleuse Macron que de la majorité des électeurs de gauche, irréconciliables eux avec ceux qui ont imposé les lois El Kohmri, Valls et Macron.

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