Une extrême droite conquérante

Nul doute, que dans les semaines à venir, les puissances de l’argent et leur presse lâcheront Macron, un président agonisant, au profit du Rassemblement national qui, face au mécontentement grandissant des Français, sera le meilleur garant des intérêts de classe du patronat et de la finance.

Il ne faut pas s’y tromper, le discours de Marine Le Pen à la mutualité ce dimanche 13 janvier, qui, mis à part les pamphlets anti-immigrés, épouse les thèmes de la France insoumise, par ailleurs largement repris par les « gilets jaunes », est une imposture. Le danger étant que dans le contexte actuel, ce discours opportuniste est plus audible que celui de Jean-Luc Mélenchon, victime du piège tendu par le pouvoir lors des perquisitions du mois d’octobre dernier. Opportunisme aussi, dans la volte-face de la présidente du RN, dénonçant l’exploitation faite par le pouvoir des violences commises lors des manifestations, alors que ces dernières semaines, avec la droite LR, elle s’apitoyait sur les agressions subies par les forces de l’ordre, sans jamais dénoncer les violences policières, cause de graves blessures et mutilations. Si dans la perspective de la prochaine élection européenne, et dans le contexte social inédit que connaît aujourd’hui la France, le positionnement électoraliste de Marine Le Pen est une évidence, l’analyse qu’elle fait de la crise est crédible. Aussi, cette France en colère ne peut qu’être sensible aux arguments qu’elle développe, d’autant que la France insoumise demeure prisonnière de l’image d’un lieder assimilé, sans doute à tort, au système que condamnent les « gilets jaunes ».

Que l’extrême droite tente de récupérer ce mouvement citoyen en se positionnant sur les thèmes de la gauche radicale, prouve que les propositions de la France insoumise, tant sur le plan des revendications sociales, que sur celui des réformes institutionnelles, sont légitimes. Le droite LR, elle, ne s’y trompe pas. Son positionnement ambigu dans ce conflit, qu’elle tente de récupérer par des manœuvres de noyautage, tout en rejetant les revendications de justice fiscale et la remise en cause des institutions, montre combien elle est proche idéologiquement de ce pouvoir des riches, et que seules des ambitions électoralistes les séparent. Si cette explosion de colère résulte de l’accumulation durant des décennies, de gouvernances antisociales et anti-démocratiques, c’est sous l’ère Sarkozy que le processus s’est accéléré, par le mépris d’un président déjà élu par défaut, envers la volonté populaire exprimée lors du référendum sur la Constitution européenne, et l’abandon de notre indépendance nationale par l’intégration de la France à l’OTAN, sans consultation préalable des citoyens. Ces trahisons seront les premières d’une longue série, commises par le pouvoir socialiste sous le quinquennat Hollande. L’ultra-libéral Macron, et sa promesse d’un nouveau monde ou les plus riches sont assurés de devenir plus riches, et les pauvres plus pauvres, par son arrogance et par son mépris, est celui qui a créé les conditions de l’explosion sociale qui secoue aujourd’hui le pays. Sarkozy a été le président qui a profondément divisé les Français, et légitimé l’extrême droite, en banalisant son idéologie et en épousant ses thèses. Hollande a été l’incarnation de la trahison et de l’imposture. Macron, autre imposteur qui en faisant croire qu’il n’était ni de droite, ni de gauche, a imposé la politique la plus ultra-libérale que la France est connue sous la Ve République. En réalité, la macronie est la synthèse d’une sociale démocratie décadente, et de droites libérales qui se sont succédé au pouvoir pour servir les mêmes intérêts, ceux du patronat et de la finance, par la mise en œuvre de politiques d’austérité élaborées par le FMI, et imposées aux états européens par Bruxelles.

Aujourd’hui dans l’impasse, le pouvoir macroniste tente une diversion par une arnaque de débat national, auquel adhèrent la droite LR et les socialistes, du moins ce qu’il en reste ; tous soucieux de préserver des institutions qui durant des décennies, leur ont permis de gouverner par délégation, contre le peuple. Soucieux aussi de préserver les intérêts financiers de la mondialisation, en demeurant fidèles aux concepts d’une Europe des marchands, en opposition à une Europe des peuples. Sociaux-démocrates et libéraux ont voté toutes les directives antisociales de Bruxelles qui ont conduit aujourd’hui, aux crises sociales et à la montée des extrêmes droites en Europe. Les avancées du Rassemblement national en France, sont le fruit des politiques menées par Sarkozy, Hollande et Macron.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.