DANS QUEL MONDE VIVONS-NOUS ?

Assassinat d'État, corruption, colères sociales, trahison, répression policière : un monde nouveau ?

Trump fait assassiner un général iranien ; Ghosn s’offre une évasion pour quelques millions de dollars ; Macron confie la représentation de la France à l’étranger à un ex-président soupçonné de corruption, de trafic d’influence et de financement illicite de campagne électorale ; Berger se fourvoie dans une lamentable opération politico-syndicale ; Castaner refuse de suspendre des policiers pratiquant des actes meurtriers.

Quand Trump, président d’une Amérique impérialiste bafoue le droit international et fait assassiner un général iranien, au mépris des lois internationales et en violation de la Chartre de l’ONU. Quand Macron par son silence se rend complice de ce crime, et qu’une fois encore, comme lors de l’intervention de la Turquie en Syrie, la France se singularise par l’hypocrisie de sa politique extérieure. Quand le président français, disciple de l’idéologie ultra-libérale made in USA est incapable d’appréhender les dangers que ce chef d’État américain, imprévisible et irresponsable, fait peser sur la paix du monde …

Quand un voyou en col blanc – l’un des plus puissants patrons de la planète – fuit la justice nippone qui l’accuse d’abus de biens sociaux et de dissimulation de revenus au fisc, par une évasion rocambolesque dans une malle, impliquant les services de deux jets privés et des mercenaires américains payés plusieurs millions de dollars. Quand ce puissant ex-patron du CAC 40 organise à Beyrouth un « show » télévisé, en présence de centaines de journalistes venus du monde entier pour tenter de se disculper. Quand Carlos Ghosn, évadé des prisons du pays du Soleil Levant, réclame aujourd’hui à l’entreprise Renault – qui a payé l’étude de ses enfants à hauteur de 150 000 euros chacun –, 800 000 euros de pension par an et 15 millions d’euros en actions, alors que depuis quarante jours en France des ouvriers et employés luttent pour leurs droits à la retraite – droits obtenus par les luttes sociales – et qui à l’issue de la grève auront perdu leurs salaires …

Quand Macron confie la représentation de la France à l’étranger à un ex-président soupçonné de corruption, de trafic d’influence et de financement illicite de campagne électorale (affaire Bismuth, affaire Bygmalion, affaire libyenne). Quand par trois fois en un an, l’actuel président fait l’honneur à Nicolas Sarkozy, accusé de corruption, de financement illégal d’une campagne électorale, et mis en examen dans l’affaire Sarkozy-Kadhafi, de représenter la France en Géorgie (décembre 2018) ; au Japon (octobre 2019) où il est allé saluer le détenu Carlos Ghosn et lui transmettre un message d’amitié de Macron ; au sultanat d’Oman (janvier 2020). Comme l’écrit Mediapart ce 14 janvier : « Imagine-t-on une seule seconde un homme suspecté de multiples braquages, de vols à la tire ou d’agressions sexuelles se voir confier par les plus hautes instances du pays le privilège de représenter la France officielle à l’étranger sans que cela ne suscite une effusion de débats, d’indignations et de railleries en tous genres ? » Macron l’a fait ! Jusqu’où ira-t-il pour séduire cet électorat de droite, très conservateur, qui pourrait encore voter pour lui et pour ses godillots …

Quand le leader de la CFDT, par une cynique comédie, se fourvoie avec le pouvoir pour briser un mouvement social sans précédent contre cette réforme scélérate des retraites, voulue par le MEDEF et les milieux financiers. Quand Laurent Berger marque du sceau de la trahison cette solidarité du monde du travail exprimée par l’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL) et la base de l’UNSA et de la CFDT. Quand les seules valeurs défendues par cette centrale syndicale dite réformiste (qualificatif hérité du soutien apporté à toutes les réformes anti-sociales des Sarkozy, Hollande et Macron ?) sont la félonie et la collaboration avec un pouvoir politique peu soucieux des intérêts des français …

Quand un président de la République se met exclusivement au service des puissances de l’argent et des plus riches de ce pays. Quand un pouvoir politique pratique l’arrogance et le mépris envers les gilets jaunes ; les urgentistes et les personnels hospitaliers en grève depuis plus de huit mois ; les sapeurs-pompiers en grève depuis plus de sept mois ; les enseignants, les personnels des transports, les médecins, les avocats, etc... Quand, à la détresse et à la colère des plus faibles et des plus démunis, il répond par la violence policière. Quand un ministre de l’Intérieur demande à des policiers chargés de traquer les voyous et les malfaiteurs de jouer aux cow-boys contre les manifestants, dans des rodéos motorisés infâmes, par des tirs mutilants, des arrestations arbitraires et une justice expéditive. Quand Castaner refuse de suspendre des policiers responsables de la mort de citoyens …

Dites-nous monsieur le président Macron, vous qui nous avez promis un monde nouveau, dites-le-nous, dans quel monde vivons-nous ?

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