Une diplomatie guignolesque

Avec Macron, la diplomatie française est une chaloupe à la dérive, remorquée par les États-Unis.

Après l’ingérence de la France macroniste, en octobre 2017, dans le différend qui oppose la Catalogne à l’Espagne ; après avoir donné des leçons à l’Italie lors de la crise des migrants ; après avoir traité de « peste populiste » et de « lèpre nationaliste » l’Italie de Salvini, le président Macron récidive en traitant « d’illégitime » l’élection de Maduro au Venezuela (lui qui en France a été élu par défaut), et en reconnaissant la légitimité d’un président auto-proclamé soutenu par Trump, qui déclare être prêt à solliciter une intervention militaire américaine pour imposer son pouvoir. Curieuse conception de la démocratie, que celle de notre monarque président, soutenant un aventurier à la solde des USA ! Aussi, pourrions-nous le questionner : en quoi l’appel à la démission de Maduro crié par la rue à Caracas, serait-il plus légitime que celui crié à Paris à l’encontre d’un président considéré comme illégitime par une grande partie de son peuple ? Si Maduro est contesté par une large fraction de sa population, Macron l’est aussi. Si les souffrances du peuple vénézuélien justifient le départ d’un président qui réprime les manifestants, alors les souffrances du peuple français et la répression que subissent les « gilets jaunes » justifient que Macron s’en aille aussi. Quand le monarque s’immisce dans les affaires d’autres nations souveraines (sans doute pour faire diversion sur la crise sociale et institutionnelle qui aujourd’hui sévit dans son pays), il transgresse l’article 2 de la Charte des Nations Unie qui stipule : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».
Si les ingérences italiennes dans les affaires françaises sont condamnables, celles du président français le sont tout autant. Son arrogance, ou son immaturité, peut s’avérer désastreuse dans le débat politique que vont susciter les prochaines élections européennes. Déclarer que « la frontière véritable qui traverse l'Europe est aujourd'hui celle qui sépare les progressistes des nationalistes » est irresponsable. Ce clivage entre progressistes et nationalistes voulu par Macron à des fins électoralistes est réducteur. De même que le rappel de l’ambassadeur de France en Italie est une réponse disproportionnée dans cette crise franco-italienne. Macron veut instrumentaliser la diplomatie française pour servir les intérêts électoraux de la macronie, et détourner l’opinion de la crise franco-française qui le menace.

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