Le grand débat, une nébuleuse pour étouffer l’aspiration du peuple.

« Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent » (Macron).

C’est la leçon que le monarque a tiré de cette colère populaire qui mobilise les gilets jaunes depuis dix semaines. À quelques heures de sa rencontre avec 600 maires, en Normandie, le souverain déclare : « Une partie du traitement de la pauvreté est dans la personne en situation de pauvreté, en les considérant, en les responsabilisant, en les aidant à s'en sortir. Ils sont tous acteurs. Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent ». Chassez le naturel, il revient au galop, pourrait-on s’exclamer. Mais la réalité est que toutes ces phrases d’apparence provocatrices, ne sont pas du fait de la personnalité d’un président au franc parler, comme voudraient nous le faire croire ces journalistes serviteurs du palais, mais l’expression cohérente d’un président des riches, gouvernant sous la tutelle de Bruxelles, pour appliquer des directives rédigées par le FMI. Aussi, ces opérations de communication sur le débat national, et artifices oratoires relayés par les grands médias propagandistes pour tenter d’impliquer les corps intermédiaires, jusqu’à ce jour écartés du jeu démocratique, ne trompent personne sur les intentions de ce souverain en mal de popularité. Un monarque protégé par 1 200 gardes mobiles, retranché devant un parterre d’élus locaux triés sur le volet, qu’il tente de rallier à ses États généraux en leur offrant un retour aux 80 km/h (comique, non ?), et dont le seul objectif est d’étouffer ce mouvement citoyen qui aujourd’hui réclame des actes, et non des paroles. Un pouvoir qui utilise la répression, avec des violences policières sans précédent depuis 1968, comme réponse aux revendications des gilets jaunes.

Ce grand débat national - une mise en scène médiatique grotesque - est une arnaque. Une de plus, après les promesses d’un nouveau monde annoncé par la macronie, et qui finalement s’est avéré être le paradis des plus riches et des évadés fiscaux. Pour exemple, les nouvelles dispositions macronistes à l’encontre des chômeurs, prétendant vouloir lutter contre la fraude à l’allocation chômage, estimée à 58 millions d’euros, alors que la fraude fiscale en France atteint en 2018 les 100 milliards d’euros. Ce gouvernement, a-t-il la volonté de vouloir s’attaquer à cette fraude fiscale qui progresse de l’ordre de 20 milliards d’euros par an, autrement qu’en pourchassant sur les réseaux sociaux les frimeurs, détenteurs de voitures de luxe, alors qu’il prévoit d'ici 2022, la suppression de 16 000 à 22 000 emplois au sein du ministère de l'Economie et des Finances, dont dépendent les contrôleurs fiscaux ? Macron l’a annoncé, il ne changera en rien la politique mise en œuvre depuis son élection. Non pas par obstination, mais parce qu’il a été élu avec le soutien des puissances de l’argent, pour appliquer la politique dictée par Bruxelles, au service des multinationales et de la mondialisation. Affirmer qu’à l’issue de ce débat, le monarque respectera la volonté exprimée par le bon peuple, relève de la naïveté ou de la mauvaise foi. Par cette grande nébuleuse qu’est ce semblant de grand débat national, le pouvoir veut gagner du temps et éteindre l’incendie avant la prochaine échéance électorale des européennes en mai prochain. Reste au peuple à élire une constituante, et à adopter le Référendum d’Initiative Citoyenne. 

 

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