LA MACRONIE ET LA PRESSE

Olivier Bost, président de l'Association de la presse présidentielle au président Macron : « Vous avez eu sur la presse des mots incompréhensibles. Nous espérons que cela relève du passé. Chercher à identifier les sources, c’est s’en prendre à la liberté de la presse. »

Que ces médias contrôlés par les grands patrons de l’industrie et de la finance, qui ont généreusement financé la campagne électorale de Macron, servent quotidiennement la soupe à la macronie ne semble pas suffire au maître de l’Élysée. Lors de ses vœux à la presse le 15 janvier, il s’en est pris à ces « simili-journalistes » qui diffusent en direct des images sur les réseaux sociaux : « Si chacun dans la rue peut faire du journalisme avec son téléphone portable sans qu’on puisse savoir qui, comment et à quel moment... alors il n’y aura plus de journalistes ». Il est vrai que dans ces « grands médias », il y a peu de vrais journalistes, et beaucoup de pseudo-journalistes ou journalistes propagandistes. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à écouter ces désinformateurs qui caricaturent systématiquement la CGT, ne cachant souvent pas leur mépris pour cette centrale syndicale ; qui au 43ème jour de grève prétendent déceler un assouplissement de FO, alors que son secrétaire général depuis le premier jour des grèves ne cesse de demander le retrait de cette réforme, et l’ouverture de négociations sur la système actuel des retraites afin de l’améliorer, ce que réclament aussi depuis le 5 décembre les leaders de la CGT, la CFE-CGC, la FSU, Sud Rail, Solidaires, l’UNEF, l’UNL, tous membres de l’intersyndicale ; ces journalistes propagandistes qui après avoir relayé le pouvoir dans sa manœuvre pour briser l’unité syndicale à laquelle s’est prêtée Laurent Berger patron de la CFDT, tentent aujourd’hui la même opération en opposant FO à la CGT ; ces désinformateurs qui à l’exemple de l’animatrice du journal télévisé du 13 heures de France 2, hier soulignait la baisse de la participation des cheminots à la grève (4,7% et 22,4% chez les conducteurs) et omet de dire qu’aujourd’hui la participation à cette grève est en hausse avec 10,1% et 30,5% chez les conducteurs. L’on pourrait remplir des pages d’exemples de manquements à la déontologie du journaliste par ces prétendus informateurs. Mais Macron ne s’en satisfait pas. Quelques jours avant ses vœux à la presse, à Pau, il leur reprochait de ne pas avoir assez expliqué sa réforme aux français. Oui, mais pas facile à expliquer, même lorsque l’on est un bon serviteur du pourvoir, que Macron s’était engagé à ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite, et que quelques mois après il veut imposer un âge pivot à 62 ans. De quoi faire perdre son latin à ces pauvres journalistes !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.