UN PRÉSIDENT « PERROQUET » ?

Entre Ursula von der Leyen présidente de la Commission européenne qui veut confiner les séniors jusqu’à la fin de l’année et Donald Trump complotiste, le président Macron se complaît dans le psittacisme.

On le savait peu imaginatif dans sa vision d’un « nouveau monde » et imprévoyant dans la gestion de cette crise sanitaire, mais voilà que Macron, sans doute pour faire diversion et détourner l’opinion de l’improvisation et la confusion dans laquelle son gouvernement agit face à l’épidémie du COVID 19, emboite le pas du roquet Trump dans sa croisade contre la Chine en déclarant : « Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu'on ne sait pas. Il appartient à la Chine de les dire ». Nul doute que le nombre de morts à Wuhan annoncé par le pouvoir chinois est sous-estimé, de la même façon que le sont les chiffres officiels annoncés par nos gouvernants. N’ont-elles pas, nos autorités sanitaires et politiques, omis jusqu’à ces derniers jours de comptabiliser les décès survenus dans les Ehpad ? Ne continuent-elles pas à ignorer les décès survenus aux domiciles des malades du coronavirus ? N’ont-elles pas menti sur la pénurie des masques en proclamant qu’ils n’avaient aucune utilité pour la population ? Qu’ils étaient dangereux en l’absence de savoir-faire dans leur utilisation ? N’ont-elles pas dissimuler l’imprévoyance qui des semaines durant a privé les personnels soignants de masques, gants et blouses en quantité suffisante ? Ne continuent-elles pas à dissimuler la pénurie de tests ? Tests qui permettraient d’effectuer des dépistages conséquents et d’isoler les porteurs du virus, comme le font les allemands qui comptent le moins de décès en Europe. N’ont-elles pas théoriser la pénurie de masques, de solutions hydroalcooliques, de tests, de respirateurs, pour justifier leur incapacité à anticiper les conséquences de l’épidémie qui déjà sévissait en Chine et en Italie depuis des semaines ? Et que dire des déclarations approximatives et parfois contradictoires au sein même de l’exécutif, déstabilisant une population traversée par le doute et l’inquiétude ? Dernier exemple de cafouillage en date, l’allocution du président Macron le 13 avril au cours de laquelle il annonce la poursuite du confinement des personnes âgées au-delà du 11 mai, reprenant à son compte les recommandations de la présidente de la Commission européenne, et obligé de se déjuger quatre jours après suite au tollé provoqué par une telle mesure, dénoncée y compris par le corps médical. Dans cette situation dramatique que traverse notre pays, le président de la République devrait s’abstenir de « singer » la présidente de Commission d’une Europe qui n’est que l’ombre d’elle-même, et un Trump complotiste tentant de dissimuler l’hécatombe que le virus fait subir à son pays. Prenez de la hauteur monsieur le Président, notre pays mérite mieux que de se perdre dans les errements ridicules et dangereux d’un chef d’état US qui fustige le virus « chinois » et appelle à « libérer » du confinement les États américains gouvernés par des élus démocrates.

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