En lisant le journal, il a le syndrome de l’appel de Stockholm lancé par Joliot-Curie (premier signataire de cet appel, le 19 mars 1950, lors du Comité du Congrès Mondial des Partisans de la Paix). Il voudrait éliminer la bombe qui élimine. Cette "arme d'épouvante". All he is saying is give peace a chance. Les gros bonnets du nucléaire le traitent de gros benêt, pire de pacifiste.
Lui, sans être paralysé par le code du bouton de l’arme atomique, pour oublier les boutons qui lui viennent sur sa face d’anxieux, il tape sur les petites touches de son clavier et délaisser la boîte d’anxiolytiques.
L'apocalyp'stick of dynamite. Le nucléaire est humain, l’erreur aussi.
Et c’est ce qui lui fait peur. À nouveau, le ciel peut lui tomber sur la tête. Par Toutatis !
Pendant ce temps-là, le boute-en-guerre maugréé : « Pacifique, pas s’y fier » maugréé le boute-en-guerre.
Il pense au « dimanche de napalm » chanté par Nougaro et à « sa petite fille en flammes ». Rien d’hitchcockien dans cette mort atroce aux trousses.
Pas de suspens, juste une épée de Damoclès.
Tant qu’il y aura des hommes, il y aura des tanks et des bombes atomiques. Quousque tandem ? Jusqu’à quand ?
L’éclair d’intelligence n’est que nucléaire.
Le souffle humain le cède au souffle de l’explosion.
La brute qui marche a encore de beaux jours devant elle… Trajectoire en forme de tragédie. Dur de sortir de l'Hiroschéma.
Little Boy a grandi. Ce sale gosse américain, cracheur de bombe à fission, s’est mondialisé. Il est ici. Il est là. Depuis l'évolution des espèces de bombes, il a plein de copains. Tous aussi insupportables. L’humanité est complètement larguée dans cette fuite en avant où le vis pacem, para bellum domine.
La tactique ? L’attaque.
Le pouvoir fait bomber les torses, rend cacochyme et puis un jour…Hiroshima. Les bien coiffés qui nous gouvernent peuvent raser gratis pro deo grâce à ces « fameux bricoleurs » dont parlait Boris Vian dans sa chanson. La java vient du ciel. Le doigt de dieu. Le droit de mort civile.
Ne pourrait-on pas décider tous ensemble de notre suicide collectif ? Un pacte avant l’impact final. Célébrer le cérébral plutôt que cette Mort-qui-tue-par-centaines-de-milliers, faire que l’élu soit un peu plus ému. Hiroshima, Nagasaki, c’est le drame de l’humanité tout entière.
L’humanité, c’est ce qu’il reste quand tout a explosé. On pense au récit de Richard Matheson, Je suis une légende (I Am Legend). Il ne reste plus qu'un homme et son chien.
Ce 8 octobre, écoutons en boucle Boris Vian, Claude Nougaro ou Sanseverino ou autre chanson participant à une danse de la Paix.
« Assez ! Assez ! / Crie la petite fille en flammes / Dans son dimanche de napalm / Éteignez moi, je vous en prie. Assez. Suffit.» (Claude Nougaro, Assez !)
https://www.youtube.com/watch?v=-ZFwa4NO_qo
«…en détruisant tous ces tordus je suis bien convaincu/D’avoir servi la France » (Boris Vian, La Java des bombes atomiques, chanté par Reggiani)
https://www.youtube.com/watch?v=5bxwpm4ODV0
"toute la terre nous criera : " Victoire " " (Sanseverino, Swing parlé du président)