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Billet de blog 12 novembre 2021

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Old Man Robeson

Moi, Paul Robeson. Une biographie.

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Illustration 1

Moi, Paul Robeson, avocat, grand sportif, chanteur baryton (« Old Man River » !) de folk songs et de spirituals, acteur, activiste, directeur de journal, compagnon de route du parti communiste, militant des droits-civiques, anti-ségregationniste, anti-colonialiste, contre l’Apartheid, la guerre du Vietnam…Un anti-conformiste à Hollywood et ailleurs. Othello noir à Broadway.


Artiste et même plus. Un homme de convictions.

Avec Eslanda, sa femme, son alter ego.


Un homme qui rêvait que tous les hommes s’unissent (et même s'états-z-unissent).
 Grand lecteur, entouré de livres, il se rêvait justement polyglotte pour pouvoir échanger avec les gens à travers le monde, chanter dans leurs langues. Un hobby qui lui prenait du temps, installé de longues heures près de ses disques de méthode d’apprentissage. Une vingtaine de langues dans sa Babel-Way, son internationalisme (russe, norvégien, russe, allemand, le gallois… et même des langues mortes : latin et grec ancien). Il aurait aimé devenir professeur de linguistique. Étonnant, non ?


Sa tour de Babel, le pouvoir états-unien (Maison-Blanche et FBI) s’employa à la détruire.
Il n’empêche, Paul Robeson obtint une renommée mondiale. Il fut une icône extraordinaire.
Sans lui, Martin Luther King et Malcom X n’auraient sans doute pas été les mêmes.


Pendant le maccarthysme, la Peur rouge (Red Scare) eut sa peau. On lui prit son passeport et il resta prisonnier de longues années dans son pays. Lui, l’amoureux de l’Angleterre, de l’URSS et du monde, privé de liberté à cause de la liberté qu’il rêvait pour les autres.
Ses tournées, ses succès à l’étranger devinrent impossibles. Ses revenus faisaient pâle figure. Le gouvernement états-unien l’avait touché au porte-feuille.


On continuait pourtant à l’aimer, lui qui avait montré sa solidarité à tant de gens et dont on chantait les chansons en manif. Il y eut des réactions de soutien partout dans le monde pour celui qui avait par exemple joué Toussaint Louverture et que ses ennemis traitaient de « Staline noir ».
Il faut imaginer ces admirateurs l’écoutant chanter à l’autre bout du monde grâce à des lignes téléphoniques branchées sur des haut-parleurs. C’est beau, une foule sentimentale qui bricole.


Le maccarthysme n’était pas l’unique cause de l’acharnement du gouvernement états-unien. Beaucoup lui reprochaient aussi et surtout sa lutte contre la ségrégation. D’autant plus qu’il se permettait de reprocher l’apathie voire la complaisance du gouvernement à l’égard des lois Jim Crow.


Une biographie importante. Pas pour pleurnicher, comme l’aurait condamné Joe Hill.


Une biographie, c’est vrai, un peu hagiographique. Et pourquoi pas ? Cela donne de la force au texte. Le lecteur est emporté par ce bel hommage où le lyrisme, l’hyperbole côtoient la réalité d’un engagement.


On doit bien ça à Paul Robeson (1898-1976), homme trop oublié (qui bénéficia tout de même en France d’une exposition, en 2018, au Musée du Quai Branly-Jacques-Chirac).


A écouter en écoutant quelques uns de ses albums : pour ma part, ce fut Ballad of Americans et Songs of Free Men.

Paul Robeson de Gerald Horne, éditions Otium, 2020

Traduit par Joëlle Marelli

Steve Mac Queen préparerait un biopic. Tant mieux.

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