L'enseignement à distance ? Non, mais allô, quoi.

On savait le prof mobilisable. Mieux, il est désormais téléphonisable. À l’ancienne : "Allô, c’est ton professeur de… Tut.Tut.Tut. Mince, ça a coupé."

1343721-poster-scale-480x640
On savait le prof mobilisable. Mieux, il est désormais téléphonisable.
À l’ancienne.
– Allô, c’est ton professeur de… Tut.Tut.Tut. Mince, ça a coupé.

Le prof qui ne peut plus aller au cinéma est allociné…oups allôciné…oups…halluciné !
Pour pallier leur absence physique, leur présentiel (quel drôle de mot), les professeurs devraient convenir de rendez-vous téléphoniques avec leurs élèves.

Avec leurs centaines d’élèves. C’est touffu, interminable, inextricable. Ça relève de l’Appel de la forêt. « Des profondeurs de la forêt, il entendait résonner tous les jours plus distinctement un appel mystérieux, insistant, formel ». Ce London calling part au clash.

La sonnerie de l’établissement va laisser place à la sonnerie du téléphone. Ironie de l’histoire. Ce fameux téléphone qui avait été interdit dans les établissements scolaires devient une planche de salut dans l’enseignement à distance. Tél est pris qui croyait se faire prendre.

Quand notre cœur fait Boum ! dans l’enseignement à distance.
On teste.
On tente.
On… « tiens, c’est pour toi, encore un élève, tu lui dis qu’on va manger, hein !».

Le problème c’est que les professeurs sont nombreux pour un seul élève et que les élèves sont encore plus nombreux pour un seul prof.
La solution parait peu crédible.
Et les élèves peuvent-ils rappeler leurs professeurs ? Le « Mais, Monsieur… » a de beaux jours devant lui. L’élève qui a l’esprit d’escalier n’a pas fini de reprendre son téléphone. « Mais, Monsieur, quand vous dites que… »

« Not suitable for children »(voir affiche)

Avec ce numéro d’urgence pédagogique, on réinvente le fil à couper la peur. Le professeur qu’on voulait jadis invisible (dans les salles de classe avant le coronavirus) devrait être omniprésent à distance : mail, pronote, téléphone…
On imagine la tête de l’élève qui voit s’afficher sur son portable le nom de son professeur de français (ou tout autre nom dont il l’a affublé, foufoudufrançais, par exemple). Le professeur s’interroge tout seul (déformation professionnelle oblige) : Quelle sonnerie a-t-il mise pour identifier mes appels ? On imagine la tête du prof…enfin notre propre tête.

Le télétravail va devenir téléfun !

Dans ce cas de figure, les professeurs utiliseraient leur propre téléphone portable. Ils découvrent à cette occasion qu’ils ont depuis si longtemps un téléphone de fonction. On ne leur avait pourtant jamais rien dit de Tél.

Certains commencent à parler du confinement comme d’une expérience spirituelle. LUI n’a pas le téléphone, mais les voix du Seigneur sont impénétrables.

– « Vous avez reçu un appel. » Non, pas LUI aussi !

Source : https://dictionerfs.wordpress.com/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.