Comme celles de Boris Vian dans son délicieux roman, les souris s’amusent dans le couloir, loin du députodrome. Pas trop nourries, juste ce qu’il faut, elles attendent de voir comment les choses vont évoluer. Quand le chat n’est pas là, les souris pensent. Faut dire qu’il a mauvaise haleine, alors son absence permet d’y voir plus clair et de danser sous les rayons de soleil de la cuisine. Ah ! La cuisine. Les souris grises à moustaches noires, ça les amuse les petits calculs électoraux. Elles connaissent par cœur ces histoires de fromage. D’autant plus que c’est à tort qu’on les accuse d’être les premières à s’en préoccuper et à s'en couper une part.
Les souris de l’écume des jours ne nous veulent que du bien. Si nous sommes heureux, elles aussi. Leur côté baromètre jazzy. Nom d’une souris ! entre Satchmo et Duke.
Comme la coccinelle de Gotlib, elles sont là où on les attend. Pour faire un contrepoint, pour faire baisser la tension dramatique. Tout cela n’est pas si grave, s’il y a des souris qui vadrouillent dans le couloir. En revanche, toutes les moustaches noires, vraies ou métaphoriques, ne sont pas dignes de confiance. Depuis Boris Vian, on sait que se mettre dans la gueule du chat prive de tout espoir. Il sait planter ses dents et il est rare que le chat s’viande. La vie d’une souris ne tient qu’à un fil, entre pattes de chat et pathétique. Ce fil, elle ne le renie pas, elle le rogne. Son côté ronge-heures. Difficile de rester solaire dans un monde qui se rétrécit : au trou de souris, elle préfère les couloirs. Le temps presse, pas besoin de demander à chatgpt.