Dans le cinéma français, la voiture abandonne souvent sa symbolique virile pour adopter des chemins de traverse.
Sa valeur n'est pas le volant. C’est pas Mad Max, c’est Max Bad. C’est une voiture qui véhicule une vision en miroir, un coup d’œil rétro empreints de satire, de poésie, de pas-de-côté.
Elle est rose à étoiles vertes. Question de choix. La question est posée à Françoise Dorléac, mais c’est Belmondo qui y répond dans L’Homme de Rio.
- De quelle couleur, je la veux ?
- Rose, avec des étoiles vertes.
C’est un 2CV Citroën en pièces, en kit sur décision de De Funès pour laisser place au piéton qui s’ignore chez Bourvil.
- Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien forcément.
C’est une 2CV conduite par France Rumilly dans Le Gendarme de Saint Tropez. Sa course est si folle qu’elle rallye à sa cause De Funès qui fait son acte de contrition pendant le voyage.
- Et vous n’avez jamais eu d’accidents ?
- Je ne conduis que depuis hier.
Elle est prétexte à corrida dans Un Singe en hiver d'après Blondin.
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Elle est couleur moutarde quand elle est conduite par Pierre Richard dans La Moutarde me monte au nez de Claude Zidi.
Et en ce moment la couleur moutarde c’est bien tout ce qu’il nous reste en attendant la prochaine récolte.
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C’est une voiture pourrie quand elle appartient à Hippolyte Girardot dans Un Monde sans pitié. La porte du conducteur ne s’ouvre pas et ça le « fait chier, put’ain ».
- C’est pas nous les bandits, nous on est des nuls.
Méfions-nous des sorties de route parce que, comme dirait Montand, dans César et Rosalie, "un peu plus, on rigolait pas".