Une faute d'orthographe en Pléiade

Comme un meurtre au paradis, dans un livre.

ple-iade
C’est le fruit d’une recherche de longue haleine. Une quête de lecteur qui relève d’Achab et de l’obsession orthographique. Quand il lit, le petit prof de français ne sait pas s’effacer. Ça lui saute aux yeux. La chair est triste et c’est assez ? Sûrement pas.
C’est Monsieur Je sais Tout qui rencontre non pas une coquille de noix, mais du cetus, du volume, un Leviathan grammatical. C'est du gros, du grossier. Ayant prié, ayant sa prise…

"ayant prit", ça fait la maille !

Ça n’a rien d’une orthographe médiévale justifiée par l’âge du capitaine et de l’auteur. Ni d’une vieille édition, depuis mise à jour. Non, c’est de la Pléiade d’à peine dix ans d’âge.
 A l’infaillible, nul n’est tenu et cette faute ne mériterait pas la bulle, ni papale, ni sur 20.

"ayant prit" sur papier bible, tout de même !

Et alors, quoi ? On veut jouer les rosses devant la Rolls de l’édition ? On s'imagine couper un prestige qui dépasse ? Non, il s’agit d’harponner une curiosité, une bête de passage dans une page, qu’écumer Pléiade sur Pléidade ne permettra pas de retrouver de sitôt. Parole de Cetus. La faute donne un petit goût d’inachevé à une édition qui se veut définitive. Il remue le couteau dans le Plé…iade. Pas de quoi tout de même susciter la sanctuarisée avec cette goutte d'eaurthographe.

"ayant prit", hi, hi ? À peine

C’est la mouche dans le lait. Du Panthéon décousu. Le mouton noir de ces volumes reliés repéré par un néo-zélé de la collection reliée en peau de mouton néo-zélandais. Mais c’est du beau mouton, un de ceux qui protègent de l’état de Panurgence, avec lequel la distance est de mise.

« ayant prit » sur le fait.

Le gros jaloux qui ne sera jamais pléiadisé (ni vivant, ni mort) se contente d’en faire des tonnes. Faisant mine de s’étouffer, il passe par toutes les couleurs : corinthe, rouge vénitien, bleu, vert émeraude, havane. Cette dernière, cette teinte de Cuba sent le coup bas. Il a une poussée d’air pédant, une maladie honteuse. Le "prit" du danger. Heureusement, sa chtouille orthographique se soigne par les livres. Pléiade it again !

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