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Billet de blog 25 oct. 2021

Mobilisation des sages-femmes : revaloriser enfin un métier essentiel

Alors qu’elles sont le maillon essentiel de chaque naissance et de la santé de toutes les femmes, les sages-femmes ne sont pas reconnues. Depuis plus de vingt ans, elles réclament à juste titre une revalorisation de leur statut et de leur salaire. Aujourd’hui elles se mobilisent à nouveau pour alerter le gouvernement sur les conditions dans lesquelles elles sont contraintes d’exercer.

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Anaïs Widiez au CR AURA le 15 octobre 2021 © Les Ecologistes

Alors qu’elles sont le maillon essentiel de chaque naissance et de la santé de toutes les femmes, les sages-femmes ne sont pas reconnues. Depuis plus de vingt ans, elles réclament à juste titre une revalorisation de leur statut et de leur salaire. Aujourd’hui elles se mobilisent à nouveau pour alerter le gouvernement sur les conditions dans lesquelles elles sont contraintes d’exercer. Et nous, conseillères et conseillers régionaux écologistes d’Auvergne-Rhône-Alpes, les soutenons dans leur démarche et demandons au conseil régional d’AURA d’appuyer leurs revendications auprès du gouvernement :

Les sages-femmes jouent un rôle central tant dans le suivi quotidien de la santé des femmes que dans l’accompagnement des familles dans leurs projets de natalité. Elles font le suivi de la grossesse, les échographies, la préparation à l’accouchement, l’accompagnement de l’accouchement et des fausses couches, y compris en pratiquant des actes chirurgicaux, le suivi post-partum psychologique et physiologique de la mère et du nouveau-né.

Mais leur spectre de compétences va bien au-delà. Elles peuvent faire le suivi gynécologique de toutes les femmes, prescrire la contraception, dépister des pathologies et des cancers comme celui du sein, ou du col de l’utérus, accompagner certaines IVG, prévenir et dépister les violences intra-familiales et conjugales.

Malgré ce niveau de compétences, les sages-femmes sont invisibilisées. Elles passent par la première année de médecine et sont les seules à avoir la double compétence femme – bébé, mais restent sous le contrôle des gynécologues, avec un statut et une grille salariale de fonctionnaires paramédicales.

De plus, l’accompagnement pourtant marketé dans toutes les maternités, n’est pas comptabilisé dans le calcul du temps qui leur est payé in fine. Ce suivi psychologique et pédagogique des familles autour de la naissance est pourtant indispensable pour prévenir et dépister le syndrome du bébé secoué, ou la dépression post-partum, première cause de mortalité des jeunes mamans.

Les tensions sur les effectifs et le matériel provoquent des situations conduisant à l’épuisement professionnel et à une crise des vocations : 40% des sages-femmes sont en burn out et 55% d’entre elles veulent désormais changer de métier. Aujourd’hui, les hôpitaux peinent à recruter des sages-femmes et nous souffrons d’une pénurie de gynécologues, notamment dans les déserts médicaux.

Il faut ainsi proposer des solutions urgentes pour que le métier redevienne attractif pour tous et toutes. Les sages-femmes ont formulé des demandes claires au gouvernement, que notre groupe Les Écologistes demande au Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes d’appuyer.

Il s’agit d’engager une évolution du statut et de la grille salariale des sages-femmes, vers une revalorisation substancielle, de relancer un plan de périnatalité pour garantir la présence continue d’une sage-femme par femme en salle d’accouchement et d’achever l’universitarisation de la formation des sages-femmes et en allonger la durée à 6 années au total. 

Nous avons proposé un vœu en ce sens à l’assemblée plénière du Conseil régional d’AURA des 14 et 15 octobre1 2021, mais celui-ci a malheureusement été repoussé au motif fallacieux que cela ne concerne pas la région. 

Incroyable de constater que Mr le Président Wauquiez ignore que des femmes accouchent aussi en Auvergne-Rhône-Alpes, que la formation des sages-femmes est du ressort de la région, et qu’il y a des déserts médicaux partout y compris en Auvergne-Rhône-Alpes. Triste aussi le fait que le groupe Les Républicains suive l’avis non éclairé d’un président plutôt que celui de la vice-présidente chargée de la santé, bel exemple d’un présidentialisme qui ne représente plus les savoirs et n’assure plus le bien commun.

Alors puisque comme dirait Chantal Birman, "le métier de sage-femme est un curseur de la situation des femmes dans la société", les féministes et écoféministes on encore du pain sur la planche sous la présidence Wauquiez... 

Anaïs Widiez, pour le groupe Les écologistes au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes 

1 https://ecologieaura.fr/voeu-sagesfemmes/

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