Vous n'aurez pas la paix

À l'initiative du collectif d'action et de colleuses « Les Grenades » et du « Collectif du 23 Juillet », des militants et militantes féministes demandent la démission de l'ensemble des mandats électifs de Christophe Girard. « Nous ne sommes pas la justice, nous ne sommes pas le salut public, nous ne demandons pas votre condamnation ni votre enfermement. Nous exigeons simplement que vous soyez à la hauteur de vos devoirs politiques. »

Ni vous, ni nous, n’aurons la paix tant que vous, Christophe Girard, n’aurez pas démissionné de tous vos mandats électifs.

Vous avez suffisamment fait de mal dans votre fonction d’élu, depuis près de vingt ans, et votre mise en retrait du poste d’adjoint à la Culture de la maire de Paris ne nous fait pas oublier que vous gardez votre confortable mandat de conseiller de Paris. 

Après les révélations dans la presse internationale et nationale concernant votre soutien à Gabriel Matzneff, notamment (pour ce qui nous concerne ici) après votre entrée en fonction à l’Hôtel de Ville, en qualité de maire adjoint et de maire d’arrondissement, il est impensable que vous continuiez à exercer un mandat au nom des Parisiennes et des Parisiens.

Nous ne présumons pas de votre éventuelle culpabilité, mais vous avez déjà une défense, vous l’avez maintes fois répétée, nous l’avons déjà assez entendue : vous ne « saviez pas vraiment » qui était Gabriel Matzneff, - depuis 40 ans pourtant plus aucun doute n'était permis sur les habitudes pédocriminelles de votre camarade - , vous n’aviez pas lu ses livres - mais vous lui dédicaciez les vôtres - l’argument du « pourquoi-moi ? - les autres aussi sont coupable alors », votre parcours pare-feu de militant féministe et des droits LGBT, le soutien d’Anne Hidalgo, la condamnation hypocrite par l’ensemble de la majorité municipale, y compris par le groupe politique dont sont issues les courageuses Alice Coffin et Raphaëlle Rémy-Leleu, de certains slogans, bref, vous seriez la victime. 

La victime de vous-même d’abord, car si dans votre communiqué du 23 juillet dernier, vous écrivez ne pas vouloir vous « emmerder à vous justifier en permanence pour quelque chose qui n'existe pas », avoir une  « une vie de famille épanouie et de nombreux engagements », vous affirmez finalement ne pas renoncer à votre mandat de conseiller de Paris. 

Une démission factice.

Sachez donc que nous insisterons aussi dans le désir d'intégrité et de respect dû aux victimes.

Nous ne baisserons pas les bras qui tiennent les pancartes, nous serons là devant l’Hôtel de Ville, devant la mairie du 18e arrondissement, dans toutes les assemblées politiques où vous siégez encore, sans honte, sans remords, au contraire avec dignité et fierté. Nous ne sommes pas la justice, nous ne sommes pas le salut public, nous ne demandons pas votre condamnation ni votre enfermement. Nous exigeons simplement que vous soyez à la hauteur de vos devoirs politiques.

Votre démission ne vous honorera pas, elle vous coûtera , mais vous avez eu les honneurs et des revenus confortables durant de longues années à l’Hôtel de Ville. Ne vous plaignez pas ; vous n’êtes pas à plaindre. Mais sachez bien qu'il n'y aura pas de paix tant que vous refuserez de prendre vos responsabilités.

« Cancel culture » vous êtes-vous écrié en vous drapant dans une victimisation catastrophique ?

Nous vous répondons « Cancel Pédocriminalité ». 

Vous Christophe Girard, l'adjoint à la culture de la Ville de Paris, qui le 12 décembre 2019 au sein du Conseil de Paris, avez été le rapporteur, puis avez fait voter la pose d'une plaque commémorative honorant la mémoire de Guy Hocquenghem, l'un des pires apologistes de la pédocriminalité que la France ait jamais compté. Un homme qui a dévoyé la lutte LGBTQI en y ajoutant le P de Pédophilie. Car Guy Hocquenghem formait avec Gabriel Matzneff et René Schérer un triumvirat de la promotion de la culture pédocriminelle : aucun de ces hommes n'a à être ni honoré, ni soutenu, au nom des citoyens, par la Ville de Paris. 

Il n'y aura pas de paix tant que cette plaque honorifique n'aura pas été démantelée et qu'une enquête soit diligentée.

Pas une seule fois Christophe Girard vous n'avez mentionné les victimes de la pédocriminalité : des enfants.

Nous leur dédions cette lutte.

Signataires :

Association Enfants Prévention Actions Pédocriminalité Inceste (Les Masques Blancs)
AIVI (Association Internationale des Victimes de l'Inceste)
Isabelle Attard (ancienne députée, militante anarchiste et féministe)
Ludivine Bantigny (historienne)
Nadège Beausson-Diagne (actrice, autrice, réalisatrice, présidente du collectif #MemePasPeur qui lutte contre les violences sexuelles)
Andréa Bescond (autrice, danseuse, comédienne, metteur en scène, scénariste, réalisatrice du film «Les Chatouilles»)
Bismatoj (juriste)
Sandrine Burghoffer (militante féministe)
Laurent Bussière Saint-André (militant pour une écologie populaire et sociale)
Thierry Brulavoine (promoteur de santé publique)
Marie Cervetti (directrice de l'association FIT une femme un toit)
Claire Charlès (secrétaire générale de l'association féministe et LGBT «Les effronté-es»)
Hélène Collon (soutien)
Claudine Cordani (autrice du livre «La Justice dans la peau» et militante écoféministe)
Camille Courjault (militant Emancipation Collective)
Rita Dagher (productrice) 
Christine Delphy (sociologue)
Arnaud Gallais (cofondateur du Collectif Prévenir et Protège, regroupement de 14 associations contre les violences sexuelles sur les femmes et les enfants)
Julien Gate (gilet jaune)
Héroïnes Val d'Oise (Collectif de féministes du Val d'Oise et d'ailleurs engagées dans la lutte contre le SEXISME)
Béatrice Kessler-Ghiani (militante du mouvement Génération.s)
Mié Kohiyama (présidente de l’association MoiAussiAmnesie)
Laurent Lamy (militant contre les violences sexistes et sexuelles)
Les Attentives (compagnie de théâtre féministe et humaniste)
Little Miss Punchline (militante et blogueuse féministe)
Lyes Louffok (auteur du livre «Dans l'enfer des foyers», membre du conseil national de la protection de l’enfance)
Madinina (militante féministe)
Laetitia Maroccu (présidente de l’association Donne e Surelle, réseau d’entraide féminine)
Eric Métayer (comédien, metteur en scène, réalisateur du film «Les Chatouilles»)
Louise Moulin (gilet jaune)
Laura Pandolfi (dessinatrice)
Alexis Poulin (journaliste)
Agnès Rogliano-Desideri (enseignante à L’Université de Corse Pasquale Paoli)
Muriel Salmona (psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie)
Mathilde Tessier (militante contre les violences sexistes et sexuelles)
Youlie Yamamoto (animatrice du collectif féministe A cause de macron)

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