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Tribune 5 janv. 2019

Appel à la mobilisation en soutien au peuple soudanais contre la dictature et la répression

Alors que depuis le 19 décembre 2018, au Soudan, le soulèvement contre la dictature islamiste militaire de Omar Al Bashir a repris en intensité, plusieurs collectifs dénoncent la répression féroce appellent « à la solidarité de tous et avec le peuple soudanais ».

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Depuis le 19 décembre 2018, le soulèvement contre la dictature islamiste militaire de Omar Al Bashir a repris au Soudan.

Un régime génocidaire
Ce régime dont le chef est accusé de crime contre l'humanité par la justice internationale s’est fait connaître à travers le monde pour le génocide du Darfour qui a fait plus de 500 000 morts, ainsi que pour les massacres commis dans les régions des Monts Nuba et du Nile bleu. Les milices du régime ont notamment attaqué des enfants avec des armes chimiques et organisé des attaques par viols massifs dans les villages.

Révolte et Répression
Le Soudan qui a renversé deux dictatures militaires par la désobéissance civile depuis son indépendance, connaît depuis 2011 des mouvements de contestation de la jeunesse et des manifestations dans plusieurs villes, dans la continuité de la lutte contre ce régime depuis son coup d’état le 30 juin 1989.

Les manifestants demandent depuis 2011 la chute du régime. La répression a été féroce. Un millier d’étudiants arrêtés et plusieurs fouettés et torturés en 2011. Le viol et le harcèlement notamment sont des armes de répression utilisées en particulier contre les femmes. Pendant le soulèvement de septembre 2013 plus de 200 jeunes manifestants ont été tués par les balles du régime.

Les professionnels, médecins, avocats, juges, ingénieurs, manifestent auprès des jeunes et s'organisent.

Depuis le 19 décembre 2018, des manifestations massives ont lieu dans toutes les villes du Soudan. Des marches vers le palais présidentiel ont eu lieu les 25 et 31 décembre.

La politique libérale du gouvernement
La décision du gouvernement de faire passer une loi d’austérité visant à réduire le budget consacré aux services publics, la suppression des subventions nationales aux carburants ainsi que l’augmentation exorbitante des prix des produits de première nécessité, a entraîné cette série de soulèvements. Les multiples dévaluations de la monnaie et la crise de liquidité au cours des derniers mois ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

A la soumission aux politiques d'austérité imposées par le FMI, s'ajoute la corruption abusive du régime.

La répression continue
La répression a été sanglante dans les dernières années, des gens très jeunes sont morts. Plus de 40 personnes ont été tuées en quelques jours depuis le début du soulèvement de décembre/janvier 2018/2019.

La police tire sur les manifestants en sniper à partir des toits d'immeubles de Khartoum.

Le régime fasciste de Bashir pratique la torture sur les opposants au régime depuis 1989.

Solidarité internationale et panafricaine
La mobilisation internationale est urgente avant qu'une catastrophe politique ne se produise encore dans un pays africain.

La férocité du régime est le reflet de son extrême faiblesse. Sa chute est fortement possible et la jeunesse soudanaise, plus déterminée que jamais, affronte massivement les balles avec courage pour obtenir la liberté.

La diaspora soudanaise est mobilisée à travers le monde, y compris en France où les réfugiés soudanais organisent des manifestations et rassemblements hebdomadaires.

Une solidarité internationale forte est le seul moyen de faire pression pour que cesse la répression de nos jeunes qui meurent sous les balles du régime et de permettre que les soudanais continuent les mobilisations jusqu’à la chute du régime.

Nous appelons à la solidarité de tous et avec le peuple soudanais et à la mobilisation contre la répression des manifestants, contre le régime dictatorial et pour une véritable libération nationale.

Signataires:
Collectif Cases Rebelles
Ligue panafricaine Umoja, Section France
Mwasi collectif afro féministe
Quilombo
Sawtche collectif afroféministe
United migrants
Black lives matter UK

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