Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

932 Billets

15 Éditions

Tribune 6 nov. 2021

Acharnement antisyndical à People & Baby : ça suffit !

Cinq salariées de la société de crèches parisiennes People & Baby ont perdu leur travail pour avoir refusé de subir les conséquences de la privatisation de la petite enfance et sont victimes de répression antisyndicale. Alors qu'elles se voient forcées de rembourser des indemnités, un large ensemble de collectifs, syndicats, personnalités apporte son soutien et ouvre une cagnotte. 

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

En 2010, la ville de Paris livrait à la sous-traitance plusieurs crèches à la société People & Baby dans le cadre de la libéralisation des marchés publics. Les conséquences furent immédiates pour les salariées de la Halte-garderie Giono reprises avec les murs : détérioration de leurs conditions de travail et rentabilité au détriment de la qualité de l’accueil des enfants et de leurs familles.

Cinq d’entre elles décidèrent alors de monter une section syndicale CNT (Confédération Nationale du Travail) pour faire valoir leurs droits, remis en cause à la fois par la municipalité et leur nouvel employeur. L'activité syndicale devenant gênante pour l'entreprise et la Ville de Paris, elles ont immédiatement eu à subir la répression en étant mises à pied puis licenciées pour quatre d'entre elles (l’inspection puis le ministère du travail refusant celui de la représentante syndicale).

Malgré leur victoire et celle de leur syndicat aux Prud’hommes en 2017 reconnaissant la discrimination syndicale et la préméditation des licenciements, la société People & Baby a continué son acharnement en faisant appel. Contre toute attente, la justice a donné raison à l’entreprise le 1er juillet 2021 contre quatre d’entre elles, remettant en cause en grande partie la décision prud’hommale et les constats de l’inspection du travail concluant à une discrimination syndicale.

La Cour d'Appel de Paris statuant à juge unique, les a de nouveau plongées dans la précarité : dans l’attente de leur recours en cassation, elles sont aujourd’hui obligées, sous la menace des huissiers, de rendre la quasi-totalité des indemnités versées qui ont servi, outre les frais de 10 ans de procédure juridique, à éponger les dettes accumulées suite à la perte de leur emploi sans parler du préjudice enduré au plan familial et psychologique depuis le début du conflit. A ce remboursement d'un montant total de 145 000 euros viennent s'ajouter chaque jour les intérêts légaux de retard de paiement : des milliers d'euros par an tant qu'elles n'auront pas tout remboursé. Comme si cela ne suffisait pas, la juge a ordonné que deux des syndicalistes licenciées payent les frais d'huissiers !

Responsables syndicaux, politiques et associatifs, actrices et acteurs du monde culturel, nous ne pouvons rester passifs face à la détresse que vivent ces cinq femmes : nous appelons à soutenir, y compris financièrement, Assia, Cindy, Marion, Sophie et Virginie qui ont perdu leur travail pour avoir refusé de subir les conséquences de la privatisation de la petite enfance, fait grève et s’être engagées syndicalement.

Une cagnotte en ligne a été ouverte ici. Les sommes récoltées via cette caisse en ligne permettront de soutenir le syndicat et les travailleuses pour aller au bout de leur combat.

[ou chèques (indiquez au dos du chèque « soutien lutte people and baby ») à l’ordre de : CNT SSCT-RP 33 rue des vignoles 75020 Paris]

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Signataires : 

Organisations syndicales et politiques :

CNT (Confédération Nationale du Travail) : Confédération, Fédération Santé Social, Fédération Travail et Affaires Sociales (TEFP), Santé-Social Collectivités Territoriales RP, Etpreci 75, SIPMCS RP, Etpics 94, Educ 93, Union régionale du Languedoc-Roussillon, PTT Centre, CNT 30, Interpro 07, UL 33, Education-Santé- social 34, Intepro Brest, UD 66, Interpro 31, UL 13, Interco 71/58, Santé Social et Collectivités Territoriales 71/58, Santé Social et Collectivités Territoriales 35, Stics 72, CNT 38, Gilles Gour (inspecteur du travail, CNT- TEFP), Naoa Zouaoui (inspectrice du travail, CNT-TEFP)

CGT : Céline Verzeletti (secrétaire générale), UL Paris 13è, CGT Educ’Action 75, CGT-Travail Emploi Formation Professionnelle, SMAST-CGT (syndicat des ministères des affaires sociales et du travail)

Union syndicale Solidaires, Murielle Guilbert (déléguée générale), Simon Duteil (délégué général Union Syndicale Solidaires), Christian Mahieux (Fédération Sud Rail Solidaires), UL Solidaires Paris 5è 13è & Ivry

Sud : Fédération Sud Collectivités Territoriales, Sud Culture Solidaires, Sud Travail Affaires Sociales (TAS), Laurent Degoussée (co-délégué Sud Commerces), Sud Culture BNF, Sud Éducation Université Paris I, Sud Santé-Sociaux Samu Social Paris

Collectif Pas de Bébés à la Consigne, Syndicat national des Professionnel·le·s de la petite enfance

Laurent Bosal (travailleur de l’inspection du travail), Eli Domota (porte-parole du LKP, Liannaj Kont Pwofitasyon), STC (Syndicat des Travailleurs Corses), USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités), FA (Fédération Anarchiste), UCL (Union Communiste Libertaire)

Responsables et élu·e·s :

Nathalie Artaud (porte parole LO),
Clémentine Autain (députée LFI),
Olivier Besancenot (porte parole NPA),
José Bové (syndicaliste paysan),
Julie Garnier (conseillère régionale IDF, LFI),
Jérome Gleizes (élu Ville de Paris EELV),
Arlette Laguiller (ancienne porte parole LO),
Vianney Orjebin (conseiller régional IDF LFI),
Christine Poupin (porte parole NPA),
Philippe Poutou (porte parole NPA),
Christophe Prudhomme (conseiller régional IDF, LFI),
Raphaël Qnouch (conseiller régional IDF, LFI),
Suzy Rojtman (porte parole CNDF),
Danielle Simonnet (élue Ville de Paris LFI)

Monde culturel et littéraire :

Isabelle Attard (directrice de musée, ex députée écologiste),
Julien Barthélémy, Kingju (musicien, chanteur),
Benoit Borrits (journaliste-essayiste animateur association « autogestion »),
Brassens Not Dead (musiciens),
Sorj Chalandon (journaliste et écrivain),
Alexandre Chenet (scénariste),
Stéphanie Chevrier (éditrice),
Philippe Corcuff (maître de conférences de science politique à Sciences Po Lyon),
Daman (musicien), Bruno Daraquy (chanteur),
Laurence De Cock (historienne),
Dubamix (musicien),
Toma Feterman (musicien et chanteur, La Caravane Passe, Soviet Suprem),
Gé (musicienne et chanteuse, Latwal, Kochise, Cartouche),
Dominique Grange (chanteuse engagée),
Nilala Haddadi (libraire),
Tomas Jiménez (musicien et chanteur, El Comunero),
Krak in Dub (musicien), L’1consolable (musicien),
Mathilde Larrere (historienne),
Los Tres Puntos (musiciens),
Maloka (label), Mantis (chanteur),
Philippe Marlière (politiste),
Léa Mestdagh (sociologue),
Ogres de Barback (musiciens),
Fabien Oresta (musicien High Tone, Dub Invaers),
Tancrède Ramonet (cinéaste et musicien),
René Binamé (musiciens), Frédéric Simeon (libraire),
Antoine Spire (journaliste, président du Pen Club Français), Rachel Spire (avocate), Stratégie de paix (chanteurs), Jacques Tardi (dessinateur), Rémy Toulouse (éditeur), Serge Utgé-Royo (chanteur), Yannis Youlountas (réalisateur et militant)

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Husain, Shahwali, Maryam... : ces vies englouties au large de Calais
Qui sont les vingt-sept hommes, femmes et enfants qui ont péri dans la Manche en tentant de rallier la Grande-Bretagne ? Il faudra des semaines, voire des mois pour les identifier formellement. Pour l’heure, Mediapart a réuni les visages de dix de ces exilés, afghans et kurdes irakiens, portés disparus depuis le naufrage du 24 novembre.
par Sarah Brethes (avec Sheerazad Chekaik-Chaila)
Journal
2022 : contrer les vents mauvais
« À l’air libre » spécial ce soir : d’abord, nous recevrons la rappeuse Casey pour un grand entretien. Puis Chloé Gerbier, Romain Coussin, et « Max », activistes et syndicalistes en lutte seront sur notre plateau. Enfin, nous accueillerons les représentants de trois candidats de gauche à l'élection présidentielle : Manuel Bompard, Sophie Taillé-Polian et Cédric van Styvendael.
par à l’air libre
Journal
LR : un duel Ciotti-Pécresse au second tour
Éric Ciotti est arrivé en tête du premier tour du congrès organisé par Les Républicains pour désigner leur candidat ou leur candidate à l’élection présidentielle. Au second tour, il affrontera Valérie Pécresse, qui a déjà reçu le soutien des éliminés Xavier Bertrand, Michel Barnier et Philippe Juvin.
par Ilyes Ramdani
Journal — Justice
La justice révoque le sursis de Claude Guéant, le procès des sondages de l’Élysée rouvert
La justice vient de révoquer en partie le sursis et la liberté conditionnelle dont l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy avait bénéficié après sa condamnation dans le scandale des « primes » du ministère de l’intérieur. Cette décision provoque la réouverture du procès des sondages de l’Élysée : le tribunal estime que Claude Guéant n’a peut-être pas tout dit lors des audiences sur sa situation personnelle.
par Fabrice Arfi et Michel Deléan

La sélection du Club

Billet d’édition
2022, ma première fois électorale
Voter ou ne pas voter, telle est la déraison.
par Joseph Siraudeau
Billet de blog
L'extrême droite a un boulevard : à nous d'ériger des barricades
Un spectre hante la France… celui d’un pays fantasmé, réifié par une vision rance, une France qui n’a sûrement existé, justement, que dans les films ou dans les rêves. Une France muséale avec son glorieux patrimoine, et moi je me souviens d’un ami américain visitant Versailles : « je comprends mieux la Révolution française ! »
par Ysé Sorel
Billet de blog
« Nous, abstentionnistes » par Yves Raynaud (3)
Voter est un droit acquis de haute lutte et souvent à l'issue d'affrontements sanglants ; c'est aussi un devoir citoyen dans la mesure où la démocratie fonctionne normalement en respectant les divergences et les minorités. Mais voter devient un casse-tête lorsque le système tout entier est perverti et faussé par des règles iniques...
par Vingtras
Billet de blog
Ne lâchons pas le travail !
Alors qu'il craque de tous côtés, le travail risque d'être le grand absent de la campagne présidentielle. Le 15 janvier prochain, se tiendra dans la grande salle de la Bourse du travail de Paris une assemblée citoyenne pour la démocratie au travail. Son objectif : faire entendre la cause du travail vivant dans le débat politique. Inscriptions ouvertes.
par Ateliers travail et démocratie