Marche Adama IV – On veut respirer

La violence policière «vise ceux et celles qui sont considérés comme une menace pour l'ordre établi», populations précaires et racisées en premier lieu. Le Comité Adama et Alternatiba, s'alliant pour lutter contre un système inégalitaire basé sur des rapports d'oppression, appellent les générations Adama et climat à se retrouver dans la ville de Beaumont-sur-Oise le 18 juillet pour une marche commune. « On veut respirer, partout, toujours. Dans nos quartiers, dans nos rues, dans nos vies. »

« Je n'arrive plus à respirer », répétait-il, agonisant, aux gendarmes.

En vain.

Le 19 juillet 2016 à Beaumont-Sur-Oise, Adama Traoré est mort asphyxié, sous le poids de trois gendarmes. Adama Traoré voulait respirer, il voulait vivre, mais il est mort à 24 ans, le jour de son anniversaire.

Cela fait maintenant 4 ans que la famille Traoré exige vérité et justice, exige que les gendarmes soient mis en examen et jugés. Pour Adama. Pour toutes les victimes de violences policières. Car l'impunité judiciaire produit la violence policière, elle la légitime, elle la prolonge, elle l'amplifie. 

Ce combat doit être porté par tout le monde, car si la violence policière s'abat particulièrement sur les jeunes hommes noirs et arabes qui vivent dans les quartiers populaires, elle vise aujourd'hui l'ensemble des mouvements sociaux, les gilets jaunes, le mouvement climat, le mouvement lycéen, les soignants, etc. Elle vise tous ceux et celles qui sont considérés comme une menace pour l'ordre établi.

Ce combat doit être porté par tout le monde, car c’est un combat pour la société que nous voulons faire naître pour faire face aux crises sociales, sanitaires et climatiques qui menacent l’humanité entière et particulièrement les populations précaires et opprimées en première ligne. 

Assa Traoré dit souvent que son frère Adama est mort sous le poids de trois gendarmes, et d'un système.

Il s'agit d'un système raciste qui trie les êtres humains qui ont le droit de circuler librement dans la rue en fonction de leur couleur de peau. Un système qui trie les êtres humains qui ont le droit de respirer, et vivre. Un système qui détruit la nature et les humains.

C’est ce système inégalitaire et injuste, basé sur des rapports de dominations et d'oppressions, que nous refusons.

On veut respirer, partout, toujours. Dans nos quartiers, dans nos rues, dans nos vies.

On veut respirer, et pour ça, nous exigeons le respect de nos libertés fondamentales. Celles de circuler librement dans l'espace public sans y être entravé par des contrôles d'identité et un quadrillage policier, celles de manifester.

On veut respirer et pour ça, nous refusons d'être chassés de l’espace public de nos rues et de nos quartiers, nous refusons d'être assigné à résidence. Nous refusons d’être les victimes d’un système qui nous place en première ligne des injustices et de la pollution.

Le 18 juillet, nous appelons la Génération Adama et la Génération climat à se retrouver dans la ville de Beaumont-sur-Oise, à y occuper l'espace commun, à marcher ensemble, main dans la main. Pour refuser ce système qui nous étouffe. Pour le droit de circuler librement dans l'espace public, le droit d'y manifester, le droit de participer à la construction d’une société juste et soutenable ou tout simplement le droit d'y exister.

L'heure est à la solidarité. Nous refusons le piège de la division tendu par Emmanuel Macron. La Génération climat et la Génération Adama partagent les mêmes combats, parmi lesquels les luttes pour la justice, l'égalité, et le respect de la dignité humaine.

Rendez-vous tous et toutes le 18 juillet à Beaumont-sur-Oise. Soyons nombreuses et nombreux, comme nous l'avons été les 2 et 13 juin à Paris. Pour une nouvelle démonstration de force. 

Pour nos frères et soeurs, pour nos enfants.

Justice pour Adama, justice pour toutes les victimes de violences policières, justice climatique.

Signataires :  

Comité Adama ;

Alternatiba. 

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