Nous, militant.e.s de l’écologie politique, élu.e.s, adhérent.e.s à EELV ou ex-EELV, faisons le choix d'accompagner de toutes nos forces l'émergence d'un mouvement politique écologiste et populaire pour une transformation radicale de la société. Un mouvement qui a fait de l'écologie politique une matrice et est capable d'associer les partis tout en les dépassant. À notre tour nous déclarons notre insoumission fondamentale à l'ordo-libéralisme et à ses logiques de destruction des humains et de la nature. Nous soutiendrons la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle et nous engagerons dans un processus de recomposition politique dès les élections législatives sur la base d’un programme partagé.

Le score sans appel de la consultation des électrices et électeurs de « la primaire des écologistes » pour un rassemblement des candidats Mélenchon, Jadot, Hamon a montré leur aspiration majoritaire à l’union de toutes les forces de gauche opposées à l’extrême droite, à la droite et au libéralisme.

Il marque aussi la sortie l'une conception boutiquière de l'autonomie politique dont le fétiche était une candidature à l'élection présidentielle, dans une soumission à la logique de la Ve République. Aujourd’hui, les idées écologistes pollinisent le champ politique et le projet écologiste et social dépasse les limites de l’écologie politique organisée. En intégrant les contenus programmatiques de l'écologie politique, de manière récente et incohérente pour le premier, profonde et durable pour le second, les candidats Benoit Hamon et Jean Luc Mélenchon mirent la candidature écologiste sous pression et finalement en crise.

Pour la majorité des électrices et des électeurs de « la primaire de la Belle alliance populaire », le bulletin Hamon a été l'occasion de tourner la page du quinquennat Hollande. Un solde de tout compte en somme. Et une manière d'exprimer une volonté de dépassement et de recomposition politique, fondée sur l'ouverture d'un débat sur la croissance, la place du travail et le revenu universel. Pour autant, la victoire de Benoit Hamon ne règle pas tout, loin de là. Le sentiment que cela ne se joue plus au siège de Solférino est très prégnant dans l’électorat de gauche qui exprime à la fois un profond désir d'unité et de la méfiance et de l’hostilité à l'égard du Parti socialiste.

Même si la candidature Hamon marque la fin programmée du parti d’Epinay, elle entretient une illusion : celle qui consiste à prétendre que la gauche plurielle, cette coalition de petits partis vassalisés autour du Parti Socialiste, constituerait la solution politique à la crise de la gauche et de l’écologie politique. Car Hamon a besoin d'un PS fort pour sa campagne. Or, l'espoir d'une gauche écologiste exige au contraire de s’en affranchir.

L’annonce du retrait du candidat écologiste avec celle d'un accord législatif avec le seul Hamon referme brutalement le piège tendu sur cette double aspiration à l’union et au dépassement. Car cette union à deux relève d’une erreur d’interprétation de ce qui se passe aujourd’hui, d'une sous-estimation de la volonté de changement, de la méfiance à l'égard du Parti socialiste et aussi du caractère unijambiste de la candidature Hamon. Alors qu'il prend position contre le CETA, le gouvernement de François Hollande se félicite de son adoption. Alors que, notamment après le Brexit, il faut affirmer la nécessaire remise en cause des traités européens, Hamon, faute du soutien du PS, annonce un plan de relance de la construction européenne qui, dans ce cadre, n’a aucune chance d’aboutir. Alors que le viol de Théo émeut et scandalise, la majorité parlementaire où règne un Parti socialiste sans partage vote l'ouverture du feu pour l'ensemble des polices. Cet entre-deux est intenable. Dans tous les cas de figure, il affaiblit et décrédibilise et témoigne qu’incarner la rupture avec celles et ceux qui ont voté et soutenu ce contre quoi nous nous battons est une gageure. C'est même une aberration.

Il est logique que la direction d'EELV veuille préserver les chances de ses parlementaires sortants. Mais, en échange d’un accord électoral national, EELV sacrifie sa participation à la transformation majoritaire de la gauche sur une base écologiste. Comme en 2012, EELV lâche la proie pour l’ombre. Le volet programmatique de l’accord n’ayant quant à lui et étant donné la réalité de rapports de force qu’Hamon refuse d’envisager et de transformer, aucune chance d’être jamais appliqué.

Celles et ceux qui ont pris part aux primaires et qui aujourd’hui entérinent l’accord négocié par Yannick Jadot et son équipe sont à la marge du grand mouvement de colère, car ils considèrent que le jeu politique tel qu’il est, peut encore leur permettre d’être représentés. Ils sont prêts à faire crédit encore une fois au système. Pourtant, si l’affaire Fillon prend de telles proportions, c’est que la colère de nos concitoyen.ne.s est à son paroxysme. Elle contribue au rejet de la politique, à l'abstentionnisme, au sentiment qui se généralise du "tous pourris", à l'éloignement du vote des jeunes et des milieux populaires. Tout se conjugue : crise de régime, crise sociale, crise écologique. La gauche écologiste ne peut se reconstruire qu’en prenant véritablement en compte cette défiance politique et cette colère sociale. Face aux grands bouleversements planétaires, nous avons besoin d'une force politique capable de se déployer à la fois horizontalement et verticalement, et qui combatte l'accaparement des ressources et de la politique par les multinationales et les oligarchies.

Aujourd’hui une plèbe mondialisée et déstructurée politiquement s’affronte à la globalisation capitaliste dans des conditions extrêmement difficiles. Nous avons besoin d’un nouveau bloc social qui se forme autour des classes moyennes en déclassement et des classes populaires intégrées ou exclues du processus productif. Rompre avec les élites en exprimant la révolte de celles et ceux d’en bas est le principal objectif de la période. Pourquoi les zadistes, les révolté.e.s contre la loi travail et son monde, les « nuitsdeboutistes », les jeunes des quartiers populaires, les chômeuses, les chômeurs et les précaires, les « amianté.e.s », « les silicosé.e.s », et les victimes de la pollution voudraient-elles/ils prendre les mêmes pour recommencer la même chose ?

Pour autant, nous sommes comme tou.te.s les écologistes, pessimistes quand nous voyons les avancées de la catastrophe écologique qui nous guette et nous rêvons en même temps d’un futur désirable.

C’est pourquoi nous participerons à la dynamique populaire et citoyenne, écologiste et sociale qui accompagne la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle que nous considérons comme une étape importante dans l’émergence d'un mouvement politique radical, qui veut faire de l'écologie politique une matrice, capable de se déployer horizontalement et d’associer les partis sans y être soumis.

Victime d'années d'errances stratégiques de la direction d'EELV, faite de petits calculs et de renoncements, du discrédit croissant de ce mouvement chez nos concitoyen.ne.s et de la vampirisation de son contenu programmatique par d'autres candidat.e.s, la candidature EELV à l'élection présidentielle n'avait pas beaucoup d'espace ni de socle pour s'affirmer. La seule solution qui respecte à la fois le refus des militant.e.s d’EELV, exprimé au moment du Congrès, de toutes négociations avec les socialistes et notre engagement politique d’écologistes : c’est la construction partout, avec la gauche de transformation sociale et écologiste qui s’est opposée au quinquennat de François Hollande, d’une majorité alternative.

Par conséquent, si nous avons soutenu les appels au rassemblement et face à un accord EELV-Hamon, nous faisons le choix du bulletin Mélenchon et appelons tou.te.s les écologistes qui choisiraient une écologie de transformation à nous rejoindre.

Pour signer ce texte, merci d’adresser un message à : pouruneecologieinsoumise@gmail.com

Premier.e.s signataires

Olivier Agullo, enseignant-chercheur, militant EELV, groupe local (GL) Marseille nord, ex-élu EELV à la Communauté Urbaine de Marseille

Francine Bavay, militante EELV, GL Paris 11, membre du Conseil Fédéral

Noël Burch, cinéaste/écrivain, militant EELV dans le 2e arrondissement

Ludovic Cherpin, militant EELV, 8ème circonscription du Rhône

Daniel Compère, militant EELV, membre du Conseil fédéral, du Bureau Exécutif Régional et du Conseil Politique Régional Nord Pas De Calais, conseiller municipal à Mouvaux (59)

Sergio Coronado, militant EELV, membre du Conseil Fédéral, député des Français de l’étranger

Vincent David, ex-militant EELV, paysan-bio (Charente – Maritime)

Brigitte Diaz, ex-candidate EELV aux élections départementales (Bouches du Rhone)

Thierry Dudit, militant EELV, GL Les trois Vallées, candidat investi sur la 5ème circonscription de Seine et Marne

Noémie Dupré, militante EELV, GL Seine et Forêt, candidate investie sur la 2ème circonscription de Seine et Marne

Patrick Farbiaz, militant EELV, GL Paris 20, membre du Conseil Fédéral

Sébastien Gavignet, ex porte-parole EELV Champagne Ardennes

Benjamin Giron, militant EELV, membre du Bureau Exécutif Régional Rhône - Alpes

Sylvain Kerspern, militant EELV, secrétaire du groupe local Melun-Val de Seine

Fatna Lazreg, militante EELV, GL Melun -  Val de Seine, ex conseillère régionale Île De France

Corinne Lehl, militante EELV, conseillère de la Métropole de Lyon, co-responsable de la Commission Nationale Culture EELV

Janick Magne, militante EELV Hors de France, membre du conseil fédéral, candidate EELV aux législatives de 2012 sur la onzième circonscription des français de l’étranger

Renaud Mandel, militant EELV, GL Paris 20, travailleur social, syndicaliste CGT, militant des droits humains

Bénédicte Monville-De Cecco, militante EELV, conseillère régionale Île De France, membre du Conseil Fédéral, secrétaire départementale pour la Seine-et-Marne

Matthieu Ponchel, militant EELV, membre du Bureau Exécutif Parisien d’EELV

Laurent Saint-André, militant EELV, GL Paris 10

Sébastien Scognamiglio, militant EELV, syndicaliste, GL Boulogne Billancourt

Claude Soudan, militante EELV, conseillère municipale EELV en Lozère

Pierre Tripier, militant EELV, sociologue, GL Boulogne Billancourt

Michel Thomas, militant EELV, membre du Conseil Fédéral, Champagne Ardennes

Claude Vilain, militant EELV, GL Paris 5, membre du Conseil Fédéral

Signatures additionnelles :

Sylvette Amestoy, ex-militante EELV, adjointe au maire de Courdimanche (95)

Jean-Baptiste Bouché, ex-militant EELV, GL Paris 9

Evelyne Bouillon, coopératrice EELV, élue municipale en Vendée

Pierre Boyer, militant EELV, GL de Carcassonne

Denis Carel, militant EELV, GL de Brignoles, élu municipal

Jean Claude Brunebarbe, ex-militant EELV, GL de ST Amand les Eaux

Jean Brunel, militant EELV, 05300 Laragne

Rémi Cans, militant EELV, Grenoble, Isère

Francis Debarre, militant Vert, en retrait depuis 5 ans pour cause d’alliance avec le parti socialiste, 82390 Durfort

Denis Donger, militant EELV, membre fondateur des Verts Drôme, élu EELV d'opposition à Romans (26) et conseiller communautaire

François Frèrebeau, « vieil écolo de 68 », Bressuire  (79)

Jean-Pierre Grenier, ex-Vert, fondateur d'Arbres et Paysages en Gironde, (33700) Mérignac

Vivien Guihard, ex-membre du bureau du Nord Pas De Calais et ex-secrétaire régional des jeunes écologistes

Jacques Herrou, militant Vert Bretagne, non EELV

Olivier KELLER, militant EELV, Paysan en Ardèche 07240, membre de la Confédération Paysanne

Pierre Labeyrie, militant EELV, militant écologiste associatif, Vert puis EELV depuis plus de 25 ans, délinquant condamné pour fauchage d'OGM, Toulouse

Cécile Lavergne, militante EELV, Conseillère Consulaire EELV AFE pour l’Amérique latine Caraibes

Daniel Lehret, ex-militant EELV, Sélestat ( 67), candidat EELV aux législatives de 2012

Philippe Le Pont, Conseiller Municipal de Maringues (63), Conseiller Communautaire Plaine Limagne, Ancien Conseiller Régional Ile de France, Président du Groupe Verts (1992 - 1998)

Jimmy Levacher, militant EELV Valence Drôme, Candidat aux élections régionales 2015 sous la bannière du Rassemblement

Pascal Mullié, militant EELV, Artiste, GL Lille-Lomme-Hellemems et environ ; Hauts de France 

Dominique Queija, militant EELV, GL Toulouse

Michel Rolland, ex-militant EELV, Bretagne

Michel Schtakleff, Ex-militant Vert, Prof de Philo à la retraite, Paris 19.

Jean-François Schneider, militant EELV, Clelles - Isère

Ghislaine Wakeford, ex-militante EELV, électrice écologiste depuis toujours

 

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