Stop au dumping social dans les transports routiers

«Aujourd’hui, nous rejetons avec force le vote de la commission des transports du Parlement européen du 4 juin 2018». Plusieurs politiques français pointent le rapport législatif adopté qui exclut les transports internationaux de la Directive travailleurs détachés.

Le 29 mai le Parlement européen a adopté la nouvelle Directive sur les travailleurs détachés afin de mieux protéger ces travailleurs et de lutter contre le dumping social qui met en péril l’avenir du projet européen.

Nous avons soutenu cette nouvelle directive parce qu’elle permet d’obtenir des avancées concrètes pour les travailleurs détachés : application pleine et entière des conventions collectives, versement d’un treizième mois quand il existe, paiement des primes, majoration salariale en cas d’heures supplémentaires. Le 29 mai,  nous avions aussi mis en garde nos partenaires européens sur les reculs qui pourraient impacter le secteur des transports routiers s’ils étaient exclus de cette directive.

Aujourd’hui, nous rejetons avec force le vote de la commission des transports du Parlement européen du 4 juin 2018. Le rapport législatif adopté exclut les transports internationaux de la Directive travailleurs détachés. Nous rejetons cette proposition qui viserait à instaurer une discrimination sectorielle inacceptable dans l’application des règles de détachement et du principe « à travail égal salaire égal sur un même lieu de travail ». Les chauffeurs doivent bénéficier des mêmes garanties sociales que les travailleurs des autres secteurs. Nous rejetons aussi les mesures adoptées par cette commission qui visent à légaliser le repos des chauffeurs routiers en cabine, contre l’avis de la Cour de Justice de l’UE, et à flexibiliser d’avantage les temps de conduite et de repos. La lutte contre la dégradation continue des conditions de travail et la précarisation sociale de millions de chauffeurs routiers est une des dernières batailles emblématiques pour de cette mandature pour construire une Europe qui protège.

Le secteur des transports routiers ne doit pas être le parent pauvre du pilier européen des droits sociaux pour lequel nous nous engageons au niveau européen.

Ensemble, avec les syndicats européens des transports, nous appelons le Parlement réuni en séance plénière à rejeter ces mesures. Nous nous engageons jusqu’au bout pour essayer de conquérir de nouveaux droits pour les travailleurs des transports, des temps de conduite et de repos décents et la même rémunération pour les chauffeurs locaux et les chauffeurs détachés.

Les signataires :

Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy, présidente de la délégation socialiste française

Roberto Parrillo, Président de la section route de la fédération européenne des travailleurs des transports

Karine Gloanec-Morin, eurodéputée

Sylvie Guillaume, vice-Présidente du Parlement européen

Louis-Joseph Manscour, eurodéputé

Eric Andrieu, vice-Président du groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen

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