Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

1014 Billets

15 Éditions

Tribune 12 juil. 2022

Au nom de la guerre en Ukraine, ne ressortons pas tous les projets gaziers enterrés !

Dans une lettre ouverte, plus de 70 associations et collectifs appellent le gouvernement à ne pas être « aveuglé par la crise énergétique au point de perdre de vue la menace climatique ». Ils leur demandent de ne pas céder aux entreprises prêtes à relancer des projets d'un autre temps : « Deux choix opposés s'offrent à vous : allez-vous vous engager vers de vraies solutions d'avenir ou tomber dans le piège qui consiste à reculer pour soi-disant mieux sauter ? »

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

Profitant de la guerre en Ukraine et des tensions énergétiques, des entreprises gazières tentent de relancer leurs activités en faisant miroiter l'indépendance ou des réserves mirifiques - en réalité inexploitables -, et en avançant des arguments fallacieux pour tenter de faire reculer le gouvernement sur ses engagements climatiques (1).

En Lorraine, l’entreprise « La Française de l’Énergie » surfe sur les débats actuels sur la dépendance de l'Europe au gaz russe pour relancer sa campagne de communication dans le but d'obtenir une autorisation pour extraire du gaz de couche de charbon. En réalité, une très faible part de ces réserves est réellement récupérable (2)

L'obtention du permis « Bleue Lorraine », impliquerait le forage de 400 puits sur 191 km2 et mettrait en péril la ressource en eau potable, détruirait des terres agricoles, et libérerait d’importantes quantités de méthane, puissant gaz à effet de serre.

Collectifs, associations, citoyens et même élus ont alerté depuis plusieurs années sur les risques de ce projet, et demandé au gouvernement français de rejeter cette demande de concession. Ils s'inquiètent aujourd'hui de l'opportunisme de cette entreprise spéculative qui espère tirer profit de la situation géopolitique pour faire entrer les réserves de gaz dans les actifs de l’entreprise.

Ces pressions de l'industrie gazière ne sont pas isolées. En Catalogne, l'Espagne propose de relancer la construction du gazoduc MidCat (5) – 120 km entre la Catalogne et les Pyrénées orientales- afin d'y faire transiter du gaz de schiste nord-américain, livré en Espagne sous forme liquéfiée (GNL).

La Commission européenne est sollicitée pour réactiver cette interconnexion, cette fois en changeant de sens le flux gazier : en 2017, il était prévu d'y faire passer du gaz russe dans le sens France-Espagne et aujourd'hui ce serait du gaz de schiste nord-américain dans le sens Espagne-France.

Ce projet ne peut répondre au problème d'approvisionnement actuel : il faudrait plusieurs années pour que ces infrastructures soient opérationnelles. Ces fausses solutions ne feraient que nous enfermer davantage dans notre dépendance aux énergies fossiles et repousser le problème.

Certains en profitent même pour tenter de remettre sur la table des études sur le gaz de schiste et des terminaux gaziers ; projets qui avaient été interdits ou abandonnés.

Rappelons que peu importe la provenance et la méthode de production, il faut s'attendre à l'avenir à des tensions récurrentes sur le prix des énergies fossiles.

Le piège serait d'autoriser des projets, en réaction immédiate à l'actualité, et de se retrouver face à des conséquences catastrophiques dans les prochaines années. 

Pourtant il existe des rapports qui nous montrent comment se passer des importations russes sans nouvelles infrastructures et sans nouvelles exploitations fossiles.

Le nouveau gouvernement sera-t-il aveuglé par la crise énergétique au point de perdre de vue la menace climatique ?

Sortir des énergies fossiles est une urgence absolue reconnue par l'ensemble de la communauté scientifique. Il serait aberrant qu’après l'énième alarme du GIEC, la France contribue encore au développement des énergies fossiles. 

Deux choix opposés s'offrent à vous : allez-vous vous engager vers de vraies solutions d'avenir ou tomber dans le piège qui consiste à reculer pour soi-disant mieux sauter ?

La France - et l'ensemble des pays européens - doivent dire halte aux fausses solutions ! Le chemin à suivre est celui d'une vraie transition énergétique, de la sobriété, de la modification de nos modes de consommation et de transport.

La crise internationale actuelle nous invite à cesser sans délai la course en avant dans le domaine des énergies, quelle qu'en soit la source - et à rompre notre dépendance aux énergies fossiles d'où qu’elles proviennent. 

Nous exigeons du nouveau gouvernement et de nos députées et députés qu'ils démontrent leur capacité à être à la hauteur des enjeux climatiques. 

Ni fossiles, ni fissiles, ni ici ni ailleurs.

Signataires :

350.org
Greenpeace France

Les Amis de la Terre France
Les Amis de la Terre Pays-Viganais 30
Les Amis de la Terre 57
Fédération Lorraine Nature Environnement

Fédération Flore 54
Vosges Nature Environnement
La Voix de l'Arbre France

Fondation Danielle Mitterrand (France Libertés)
Aitec

Attac France
Attac Paris
Attac Moselle
Attac Romans
Attac Mâcon
Attac Périgueux
Attac Alès Cévennes
Attac93sud
AttacUzège (30)
Attac 45
Attac 21 
Attac 74
Alternatiba Nord Franche-Comté
Alternatiba Rennes
Lorraine Association Nature
Vigilance Hydrocarbures France 

EDA Lille
Eau Secours 62
GDEAM 62 
Solidaires Moselle
CRI-AC ! - Collectif Relais d'Informations et Actions Citoyennes 38
Association de préservation de l'environnement local 57
Non au gaz de schiste 74 Pays de Savoies et de l’Ain
AMPER - Association pour la promotion des énergies renouvelables

Collectif BASTAGAZ'ALES
Consom'acteurs
Association HIRRUS 
MAN Moselle
Metz Marche pour le climat
ADPSE - ssociation de défense contre la pollution Sarreguemines et environs
Association l'Inventerre du pré vert-Dieuze-57
Association Quand On sème
Collectif du lien et du bien
GECNAL - Groupement d'Etude et de Conservation de la Nature en Lorraine
Collectif nonaugazde schiste 91
Collectifs Stop au gaz de schiste en Rhône-Alpes
Collectif de défense des bassins miniers Lorrains
DEnosMAINs
Collectif Houille-ouille-ouille 59/62
Association La rêverie
Association Le repère
Sortons du nucléaire Moselle
Comité mosellan de soutien à Bure
A.L.M.E.C.
Les Amis de la Confédération paysanne d'Alsace
Collectif Alsace des luttes paysannes et citoyennes
Air Vigilance
Metz à Vélo
Association STOP KNAUF ILLANGE-57 
Comité de soutien Bure-Longwy
Association Ginkgo Mon Amour
Metz en Transition

Stop Fessenheim
Hêtre Vit Vent
Ecologie & Démocratie
Association de Défense de l'Environnement de Petite-Rosselle et Alentours
Vervillages
Association oiseaux-nature
Entente pour la Défense de l'Environnement Nancéien
ccarra National
ccarra Lorraine
collectif la Heide

(1) La France s’était engagée à sortir progressivement du pétrole et du gaz, et à ne plus délivrer de permis d’exploration d’hydrocarbures sur le sol Français.
(2) Le gaz de couche se trouve dans les veines de charbon non exploitées et est difficilement accessible. Son extraction nécessite l’utilisation de techniques non conventionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_de_couche

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Climat
Près de Montélimar, des agriculteurs exténués face à la canicule : « Beaucoup de travail et de questions »
Mediapart a sillonné la vallée de la Valdaine et ses environs dans la Drôme, à la rencontre d’agriculteurs qui souffrent des canicules à répétition. Des pans de récoltes grillées, des chèvres qui produisent moins de lait, des tâches nouvelles qui s’accumulent : paroles de travailleurs lessivés, et inquiets pour les années à venir.
par Sarah Benichou
Journal
Le gouvernement rate l’épreuve du feu
Le début du second quinquennat Macron n’aura même pas fait illusion sur ses intentions écologiques. Depuis le début de cet été catastrophique – canicules, feux, sécheresse –, les ministres s’en tiennent à des déclarations superficielles, évitant de s’attaquer aux causes premières des dérèglements climatiques et de l’assèchement des sols.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal — Liberté d'expression
Un retour sur l’affaire Rushdie
Alors que Salman Rushdie a été grièvement blessé vendredi 12 août, nous republions l’analyse de Christian Salmon mise en ligne en 2019 à l’occasion des trente ans de l’affaire Rushdie, lorsque l’ayatollah Khomeiny condamna à mort l’écrivain coupable d’avoir écrit un roman qu’il jugeait blasphématoire. Ce fut l’acte inaugural d’une affaire planétaire, sous laquelle le roman a été enseveli.
par Christian Salmon
Journal — États-Unis
L’écrivain Salman Rushdie poignardé
Salman Rushdie se trouvait sous assistance respiratoire, après avoir été poignardé le 12 août, alors qu’il s’apprêtait à prendre la parole sur une scène de l’État de New York. De premiers éléments sur le profil de l’agresseur témoignent d’une admiration pour le régime iranien.
par La rédaction de Mediapart

La sélection du Club

Billet de blog
Croissance énergétique : et si le nucléaire n'était pas la solution ?
On trouve ici et là des aficionados du nucléaire pour expliquer que pour continuer à consommer et à croitre sur le rythme actuel, il suffit de construire des centrales nucléaires. C'est d'ailleurs l'essence du plan pour l'énergie de notre renouveau président. Alors causons un peu croissance énergétique et centrales nucléaires.
par Haekel
Billet de blog
Le nucléaire sans débat
Où est le débat public sérieux sur l'avenir du nucléaire ? Stop ou encore ? Telle est la question qui engage les générations futures. Une enquête remarquable et sans concession qui expose faits et enjeux. (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
Le piège du nucléaire
Maintenant que la France est en proie à des incendies en lien avec le réchauffement climatique, que notre pays manque de plus en plus d’eau et que notre président et ses ministres, après avoir renationalisé EDF, nous préparent un grand plan à base d’énergie nucléaire, il serait temps de mettre les points sur les « i ».
par meunier
Billet de blog
Réagir avant qu'il ne soit trop tard 2/4
L’avenir n’est plus ce qu’il était ! La guerre en Ukraine, la menace nucléaire, la crise alimentaire, le dérèglement climatique, les feux gigantesques de l’été, les inondations meurtrières, autant d’épisodes anxiogènes de la modernité face auxquels nous devons impérativement réagir. Ces désordres du monde constituent une opportunité à saisir pour modifier notre trajectoire
par HARPAGES