Décidons ensemble d’unir Marseille dans sa diversité

À Marseille, alors que l’espace politique apparaît encore divisé, des acteurs et actrices des mouvements citoyens appellent à une unité populaire, sociale et politique: «Ce projet est, nous le savons toutes et tous, le seul barrage possible à la crise de confiance politique qui se traduit parfois en abstention, au système Gaudin-Vassal et au Rassemblement national.»

Au fil des mois passés, depuis les mobilisations de l’après 5-novembre 2018, classes moyennes, intellectuel·les, habitant·es des quartiers populaires ont construit une nouvelle alliance historique après des années de résistances parfois difficiles et ont amorcé la transformation de Marseille. Nous avons dépassé les frontières qui nous étaient imposées, celles urbaines, celles de communautés dans lesquelles certain·es ont tenté de nous enfermer. Nous sommes passé·es ensemble de la colère et de la résistance à l’espoir et à la responsabilité. 2019 aura été l’année de cet espoir qui germe. Nous faisons le vœu que 2020 soit l’année de son éclosion.

Alors que l’espace politique apparaît encore divisé, nous, acteurs et actrices des mouvements citoyens, appelons à poursuivre l’élan de l’après 5-novembre 2018 qui a chamboulé Marseille, avec cette unité populaire, sociale, politique qui a ouvert tant de possibles que nous ne laisserons pas se refermer.

Les plus pauvres d’entre nous, les quartiers populaires et relégués de la ville, comme ceux et celles qui ont construit les mobilisations citoyennes encore en cours semblent aujourd’hui les grand·es absent·es de la campagne, rendus invisibles par des conflits qui ne nous concernent plus.

Nous, acteurs et actrices des mouvements citoyens, avons aussi été naïfs et naïves, poussé·es à nous positionner au sein des divisions de l’espace politique. Nous sommes bien obligé·es de l’admettre. Nous avons chacun·e à notre manière travaillé au rapprochement des partis politiques, sans succès jusqu’à présent. Mais nous ne nous résignons pas à ce que les forces vives de Marseille restent spectatrices en mars 2020. Nous décidons aujourd’hui de nous libérer de ces précédents clivages et de dépasser les anciens schémas politiques. Nous sommes décidé·es à remettre les citoyen·nes au cœur de la campagne, à faire de Marseille une ville décidée, autant que nous le sommes aujourd’hui à ne plus subir.

Nous observons avec satisfaction ces dernières semaines des signaux d’unité, publics ou non. L'engagement de nombreux et nombreuses citoyen·nes et la responsabilité de beaucoup y ont contribué. Il est également probable que le mouvement historique pour les retraites que nous vivons ait rappelé chacun à sa responsabilité, et nous ait fait retrouver l’espoir. Nous devons être à la hauteur de celui-ci.

 Nous avons organisé depuis un mois diverses rencontres, restaurant un dialogue entre partis et citoyen·nes, au-delà des cadres existants. Nous y avons construit le socle d'un programme commun, à partir des productions des mouvements citoyens. C'est une base de discussion nécessaire pour que l’espoir venu des mouvements citoyens soit porté en mars 2020.

Alors faisons du pouvoir citoyen une composante à part entière du pouvoir municipal : le programme, les listes, la façon de faire campagne dès aujourd'hui, et demain un nouveau contrat politique avec les Marseillais·es, vraiment décideurs de leur ville. Nous proposons qu’une majorité des positions éligibles de la partie « citoyenne » des listes soit attribuée à des acteurs et actrices des quartiers populaires et du mouvement citoyen. Il doit en être de même pour la représentation publique de la campagne. Il ne reste plus qu’un cap à franchir : transformer ces signaux en un projet politique. Les Marseillais·es attendent un message de clarté et d’unité, d’auto-dépassement, qui pourrait s’incarner par des porte-voix municipaux pluriels et un label commun.

Nous sommes uni·es par un projet de transition écologique et sociale, reposant sur l'unité politique et l'implication citoyenne. Ce projet qui pourra transformer notre économie locale à partir de l’expérience de ses travailleur·ses, préserver et créer de l’emploi, faire respirer Marseille et sa Métropole dans le même temps. Nous sommes convaincu·es de la nécessité de protection des Marseillais·es, par des services publics et une politique d’accueil digne, une sécurisation de nos parcours de vie dès l’enfance et de nos logements. Nous voulons enfin que les Marseillais·es prennent tous ensemble la responsabilité de Marseille, en partageant l’exercice du pouvoir pour construire une ville collective, une ville de décisions partagées, loin des logiques claniques ou clientélistes.

Nous nous adressons aujourd’hui, habitant·es uni·es autour de ce projet, aux deux listes constituées, le Printemps Marseillais et Debout Marseille, avec deux questions : êtes-vous prêt·es à aller jusqu’au bout de la démarche et mettre au cœur de celle-ci les mouvements citoyens et les classes populaires ? Souhaitez-vous porter ensemble le projet de rupture démocratique dont notre ville a besoin ? 

Nous chercherons l’unité et le respect de la pluralité en co-organisant une rencontre avec nos partenaires. Notre propre diversité nous donne l’espoir qu’une telle unité se réalise.

Nous le savons toutes et tous, compte tenu de la crise de confiance politique qui se traduit souvent en abstention, ce projet est, le seul barrage possible au système Gaudin-Vassal et au Rassemblement national. Nous serons particulièrement attentifs à ce que leur disparition des bancs du conseil municipal soit notre priorité commune.

Que les forces vives de Marseille s’unissent pour décider ensemble de notre avenir, c’est possible ! Et si ! nous le ferons ensemble !


Premiers signataires

Aurore Albert, assistante sociale, animatrice du Pacte Démocratique pour Marseille (4/5)
Emmanuel Arvois, syndicaliste dans l’éducation
Yazid Attalah, président de l’association santé et environnement pour tous
Étienne Ballan, sociologue, urbaniste, animateur du Pacte Démocratique pour Marseille (4/5)
Cécile Baron, Collectif des Écoles de Marseille, militante PCF
David Benhaim, membre citoyen de Debout Marseille
Florian Bessière, soutien citoyen de Debout Marseille
Frédéric Blanchard, Parti de Gauche Marseille, membre du parlement du Printemps Marseillais
Isabelle Bordet, engagée dans des collectifs auprès des personnes délogées, ex-membre du parlement du Printemps Marseillais
Cédric Bottero, secrétaire général CGT FERC Sup Université Aix-Marseille
Anik Chaillé, militante des droits humains, animatrice du Pacte Démocratique pour Marseille (13/14)
Julie Digne, militante LFI, animatrice du Pacte Démocratique pour Marseille (2/3)
Bernard Eynaud, militant des droits humains, ex-membre du parlement du Printemps Marseillais
Bernard Filippi, cofondateur du syndicat ICT CGT de la Ville et de la Maison du Citoyen des 15ème et 16ème arrondissements
Cyprien Giffon, militant écologiste
Emmanuelle Gourvitch, présidente d’un syndicat du secteur culturel, co-porte parole du Pacte Démocratique pour Marseille
Kamel Guemari, syndicaliste à McDonald’s
Julien Houles, militant PCF
Gérard Laplace, Ensemble !, ex-membre du parlement du Printemps Marseillais
Dimitri Lefebvre, militant citoyen, Printemps Marseillais
Valérie Manteau, écrivaine et militante pour le logement
Jérôme Mazas, paysagiste-urbaniste, habitant et militant de la Plaine.
Jean-François Negri, syndicaliste SUD éducation 13
Julien Ollivier, enseignant syndicaliste, animateur du Pacte Démocratique pour Marseille (1/7)
Pascal Pons, syndicaliste CGT
Lucie Renaudier, médiatrice en environnement
Leticia Serralta Amorin, militante associative, Gilet Jaune, animatrice du Pacte Démocratique pour Marseille (6/8)
Kalila Sevin, militante pour la défense des espaces verts et militante LFI
Jacques Soncin, Marseille en commun
Anne-Marie Tagawa, militante associative de la Busserine
Kevin Vacher, militant pour le logement, co-porte parole du Pacte Démocratique pour Marseille
Katia Yakoubi, inter-collectif punaises de lit

Tou·tes les signataires le sont à titre individuel et n’engagent pas leurs organisations citées



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