Solidaires avec Khaled Drareni et les détenus du Hirak

Suite à la condamnation de Khaled Drareni à trois ans de prison en Algérie, des collectifs, partis politiques d'opposition et citoyens de la diaspora expriment leur solidarité aux détenus du Hirak. « Plus que jamais, la solidarité doit se manifester à tous les niveaux pour défendre les militants du processus révolutionnaire du 22 février 2019 et faire barrage à la politique de terreur et du pourrissement engagée par le régime. »

Le journaliste Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal de Sidi-M’Hammed le 10 août 2020 ;  sous le coup des mêmes chefs d'accusation, les militants politiques Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche ont écopé de deux ans de prison, dont quatre mois ferme.

Avec ces lourdes condamnations, la justice algérienne vient de commettre, une fois de plus, une atteinte d'ampleur à l'un des principes fondamentaux de l'État de droit : la liberté de la presse et d'expression. Elles attestent l'inexistence d'une justice indépendante et rejettent toute forme de séparation des pouvoirs : l'institution judiciaire reste subordonnée, instrumentalisée par le pouvoir politique détenu par l'état-major de l'armée depuis 1962, contre la volonté du peuple algérien.

L'escalade de la répression et des condamnations est une preuve irréfutable que le régime a peur du changement, voire qu'il en est le principal obstacle, rejetant toute initiative à même de redonner espoir au peuple quant à l'émergence d'un État de droit et d'une justice libre et indépendante.

Le « système », qui n'a pas voulu concéder des solutions concrètes et durables aux exigences de démocratie exprimées par des millions d'Algériennes et d'Algériens depuis le début du Hirak, recourt, comme à son accoutumée, à la répression, aux condamnations, pour museler davantage la presse et les médias, pour étouffer les libertés publiques et démocratiques et briser toutes voix réclamant le changement, la justice et la liberté.

Nous, collectifs, partis politiques d'opposition, comités, organisations et citoyens.ne.s de la diaspora :

- condamnons avec la plus grande vigueur l'injustice faite à Khaled Drareni et à tous les autres accusés ;
- exprimons notre soutien actif et sans réserve à tous les détenus de la dissidence nationale pacifique, et notre solidarité à la corporation de la presse ;
- exigeons l'arrêt de la répression, la libération immédiate, sans conditions, et la réhabilitation de tous les détenus politiques et d'opinion injustement inculpés et condamnés.

Plus que jamais, la solidarité doit se manifester à tous les niveaux pour défendre les militant.e.s du processus révolutionnaire du 22 février 2019 et faire barrage à la politique de terreur et du pourrissement engagée par le régime. Se taire, c'est devenir complice des injustices et du mépris.

Nous réaffirmons aussi notre exigence du respect des droits humains et agissons pour une solution politique pacifique, laquelle passera inévitablement par la dissolution de la police politique afin d'engager le pays dans une transition démocratique indépendante du régime, accompagnée d'un processus constituant souverain et refondateur de l'État et des institutions de la République.

Quels que soient les obstacles qui se dressent contre l'espoir républicain et démocratique né de la mobilisation du Hirak, nous nous engageons à poursuivre la lutte pacifique dans l'union et le respect des pluralités pour imposer le départ du régime et l'instauration d'une véritable démocratie. Ces conditions permettront aux Algériennes et aux Algériens de recouvrer leur droit à l'exercice de leur souveraineté et de leur citoyenneté et d’édifier une Algérie démocratique, sociale, égalitaire et plurielle.

Paris, le 12 août 2020.

Organisations signataires :

Action citoyenne pour l’Algérie (ACA)
Action pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA)
APEL-Egalité
Comité algérien pour la 2° République (CA2R)
Collectif Groupe Algérie Droit Devant (CGA2D)
Comité de réflexion pour une Algérie consensuelle (CRAC)
Collectifs Debout l’Algérie (Paris, Loraine et Angoulême)
Collectif libérons l’Algérie
Collectif de Rennes
Collectif de solidarité pour la lutte du peuple algérien Lille (CSLPA)
Comité de citoyens algériens en France pour une Assemblée constituante souveraine (CCAF-PACS)
Collectif pour une Algérie libre et plurielle, Belgique 
Elhdaqa
Etudiants nord-africains en France (ENAF) 
Front des forces socialistes (FFS), France Nord
Jeunes Révolutionnaires algériens (JRA)
Jeunes engagés
Les Humanistes
Les Progressistes
Mouvement pour la jeunesse et le changement (MJC)
Mouvement Ibtykar, section France
Mouvement Rachad
Pour une nouvelle Algérie (PUNA)
Rassemblement pour la culture et démocratie (RCD), France Nord
Réseau algérien contre la répression et pour la libération des détenus
Rebuilding Algeria
Riposte internationale (RI)
Union pour l'Algérie
Union pour le changement et le progrès (UCP), France.

Liste des premiers signataires :

Massensen Cherbi, constitutionnaliste
Abbes Hmdane, universitaire
Sanhaja Akrouf, militante féministe
Ali Aït Djoudi, journaliste, président de l'ONG Riposte internationale
Soraya Abbassen, militante politique
Abderrazak Bendjoudi, analyste politique
Hacène Hirèche, ancien militant MCB, universitaire consultant
Arab Azzi, militant de la démocratie
Kamel Lakhdar Chaouche, écrivain, journaliste
Mourad Fenzi, ancien SG de « Liberté », actuel responsable du site DZVID
Abdelaziz Ould Ali, militant politique
Assia Guechoud, citoyenne, militante activiste
Lyes Djebaïli, militant politique
Saddek Hadjou, premier secrétaire de la section FFS France-Nord
Youcef Djaroun, juriste militant de la démocratie
Fethi Dilmi, ingénieur, Militant politique
Yassmine Si Hadj Mohand, citoyenne algérienne engagée
Lyes Hakem, président du Bureau RCD Europe
Oussama Allal Chérif, activiste démocrate
Lyes Guidou, militant politique pour la démocratie
Belkacem Amarouche, cadre FFS, juriste en droit européen, Bruxelles,
Azwaw Mahmoudi, militant des libertés
Ferhat Aouaghzene, militant politique
Asma Saïd, citoyenne engagée
Omar Termilt, militant politique, correspondant d'El Matin DZ
Othmane Benaaghou, expert en risque financiers, militant politique
Hamid Challal, docteur en économie, militant politique
Toufik Ibelkissène, militant du FFS, militant associatif
Ilyes Lahouazi, militant cadre du RCD
Khadra Ben Mohamed, militante politique engagé pour les libertés
Farid Aïssani, enseignant, militant politique de gauche
Amar Taleb, militant pour la démocratie
Mouloud Aït Termoul, militant engagé
Yahia Mekhiouba, membre de Rachad
Azzedine Seba, militant UCP
Youcef Rezzoug, journaliste,
Fatef Titouche, ingénieur, militant politique
Moundji Bouchaïb (Dziar Moon), militant engagé
Mohamed Benaïssa, militant politique
Samir Belateche, militant
Ouanis Menaouel, journaliste
Lounas Kaci, Militant pour Tamazight et la démocratie, FFS-CANADA
Karim Nait Ouslimane, universitaire, militant politique
Faiza Menai-Berber, militante associative
Jugurtha Aiyed, militant associatif
Djamel Berber, militant politique pour la démocratie
Mohamed Saidi – ingénieur, militant
Lynda Ait Bachir (CCAF),
Drifa Lakrout (CCAF)
Lila Tamansourt, militant politique et associative
Fatiha Rahmouni, avocate, militante progressiste
Mohand Ath Amer (CCAF)
Ramdane Boukerbe (CCAF)
Tewfik Allal, militant associatif
Mohammed-Idir Yacoub, architecte, militant du FFS

 

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