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Tribune 16 août 2015

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Val-de-Grâce : choisir entre l’oubli et la renaissance

Le contrôleur général des armées Jacques Perget et le médecin général inspecteur Yves Buisson en appellent au chef de l'Etat pour éviter « l'anéantissement » de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, dont le ministère de la défense a prévu l'arrêt définitif en 2016. Ils demandent « que la fermeture de l’hôpital ne soit pas marquée par l’infamie d’une transaction immobilière avantageuse » et proposent, à la place, la création d'un centre international de recherche et de soins consacré à la réadaptation des grands blessés, aux victimes de la guerre, du terrorisme et des catastrophes collectives du monde moderne.

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Le contrôleur général des armées Jacques Perget et le médecin général inspecteur Yves Buisson en appellent au chef de l'Etat pour éviter « l'anéantissement » de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, dont le ministère de la défense a prévu l'arrêt définitif en 2016. Ils demandent « que la fermeture de l’hôpital ne soit pas marquée par l’infamie d’une transaction immobilière avantageuse » et proposent, à la place, la création d'un centre international de recherche et de soins consacré à la réadaptation des grands blessés, aux victimes de la guerre, du terrorisme et des catastrophes collectives du monde moderne.


« L'ex-otage Isabelle Prime s’est rendue à l'hôpital du Val-de-Grâce ce samedi 8 août pour évaluer son état de santé. » Procédure classique, étape obligatoire. Tout otage libéré ayant franchi l’épreuve des cérémonies d’accueil sur le tarmac de l’aéroport militaire de Villacoublay doit passer par la "case Val-de-Grâce" afin de subir un examen médical approfondi, complété par une batterie de tests biologiques et psychologiques.

Vous avez dit Val-de-Grâce ? S’agit-il de cet hôpital militaire vétuste, inadapté aux besoins actuels de nos forces armées, devenu un gouffre financier insupportable pour le budget de la Nation et dont le ministère de la Défense a décidé la fermeture ? Que peut-on demander encore à cet établissement, hier emblème de la médecine militaire française, dont l’autorité de tutelle a entrepris le démantèlement ? Peut-être des qualités en voie de disparition comme efficacité, sens du devoir et sécurité.

— L’efficacité d’abord : malgré la réduction programmée de ses activités, qui devrait aboutir à un arrêt définitif en 2016, ce haut lieu de la médecine française continue de faire face à ses missions avec des moyens de jour en jour plus restreints ;

— Le sens du devoir ensuite, que résume la devise de l’École du Service de santé des armées « Pro patria et humanitate », source de l’engagement et de la disponibilité des médecins militaires ;

— La sécurité enfin, d’un havre de silence au sein d’une enceinte protégée dans le cœur de Paris.

Comme tous les régimes, la République a besoin de symboles et de rites. À ses enfants qui ont été victimes d’une prise d’otages et qui ont pu être libérés après des mois ou des années de vie dans des conditions misérables, elle réserve un protocole d’exception pour une indispensable expertise médicale évoquant l’amorce d’un rituel de purification. Héritier d’un passé religieux et monarchique, puis révolutionnaire et militaire, le Val-de-Grâce offrait des conditions incomparables pour accompagner nos malheureux compatriotes dans leur retour vers la santé.

Qu’en sera-t-il demain ?

On peut présager que les candidatures ne manqueront pas pour s’enorgueillir du label de "Centre médical d’accueil et d’expertise des otages libérés" et peut-être aussi, mais au prix d’une sélection plus rigoureuse, d’hôpital de référence pour chefs d’État. Alors, effacé du vocabulaire médiatique et ne figurant plus que dans les livres d’histoire, le nom du Val-de-Grâce pourra entrer dans l’amnésie collective et citoyenne.

Il est temps aujourd’hui de choisir entre la résignation et la créativité, entre l’oubli et la renaissance.

En détruisant un à un les plus beaux fleurons de la République ; c’est la France que l’on appauvrit.

Nous en appelons au Chef de l’État, Chef des armées, pour que la fermeture de l’hôpital du Val-de-Grâce ne soit pas marquée par l’infamie d’une transaction immobilière avantageuse, mais pour qu’elle annonce un projet ambitieux et généreux, digne de notre histoire, répondant aux défis de l’actualité et à la hauteur de notre savoir-faire : un centre international de recherche et de soins qui pourrait être consacré à une noble cause, la réparation et la réadaptation des grands blessés, victimes de la guerre, du terrorisme et des catastrophes collectives du monde moderne.

Une réflexion est engagée pour soutenir et donner corps à cette ambition.

Jacques Perget et Yves Buisson,
au nom de l’Association des amis du Val-de-Grâce

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