Dimanche 7 mai, Emmanuel Macron a été élu Président avec 66 % des voix dont près de la moitié dit avoir voté pour lui pour faire barrage à Marine Le Pen, l’abstention et les votes blancs et nuls atteignant eux 16 millions de personnes. Cette victoire par défaut est donc loin de valoir approbation de la politique qu’il compte mener.

Macron n’a cessé de réaffirmer qu’il veut, avant de s’attaquer à notre protection sociale, « réformer » dès cet été le Code du travail par voie d’ordonnance pour mettre en place une nouvelle loi El Khomri concernant désormais tous les domaines de la négociation collective, et non plus seulement le temps de travail. Pour notre part,  nous continuons à exiger son abrogation. Pourtant, c’est bien la régression sociale et démocratique qui alimente le FN.

Issu des liens tissés entre différentes équipes syndicales lors de la lutte contre la loi Travail et en réponse à la répression qui frappe les militants comme les habitants des quartiers populaires, près de 70 syndicats, associations et collectifs ont organisé, le 22 avril dernier, un Premier tour social inédit qui a réuni plus de 2.000 manifestants entre République et Bastille. Après une apparition réussie au défilé parisien du 1er mai, c’est plus de 7.000 personnes qui se sont à nouveau retrouvées ce 8 mai pour lancer le troisième tour social tout comme, au même moment, au Havre, à Rouen, à Bordeaux ou à Nancy.

1936, 1968, 1995 ou 2006 : à chaque fois, c’est par des mobilisations massives, par la grève, les blocages et les occupations que le monde du travail et la jeunesse ont mis non seulement un coup d’arrêt aux politiques antisociales mais ont réussi à imposer leurs revendications, celles au service de la majorité de la population.

Sans attendre les mauvais coups qui vont pleuvoir, ni les consignes venues d’en haut, nous pensons au contraire qu’il faut prendre appui sur le nombre de grèves et de conflits très important dans le pays et les faire converger pour constituer un front social, indispensable dans la période qui s’ouvre, non seulement pour résister mais aussi pour gagner !

Les syndicats au niveau national devraient se rencontrer et appeler très vite, avant l’été, à une journée de grève interprofessionnelle contre la politique de Macron et ses ordonnances. Nous sommes disponibles en tant que coordination pour une telle rencontre.

N’hésitez plus, rejoignez le Front social et retrouvons-nous à la rencontre nationale du 10 juin et à nouveau dans la rue dans toute la France le 19 juin prochain dont, à Paris, devant l’Assemblée Nationale !

LE FRONT SOCIAL

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