Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

1046 Billets

15 Éditions

Tribune 18 nov. 2022

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

Manifestation le 19 novembre – Pour que nos vies ne soient plus classées sans suite

« En 2022, les violences sexistes et sexuelles restent massives. Elles brisent la vie de millions de femmes, de personnes LGBTQIA+, d’enfants, de familles. » Face à l'inaction gouvernementale et à la défaillance des institutions, #NousToutes et une centaine d'organisations enjoint, le samedi 19 novembre, à « créer un raz-de-marée dans la rue pour crier notre colère, et porter l’urgence de protéger les victimes et garantir à chacun·e son droit fondamental de vivre à l’abri des violences. »

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

Le collectif #NousToutes et l’ensemble des associations féministes et organisations syndicales signataires de ce texte appellent tous·tes celles et ceux qui veulent en finir avec les violences sexistes et sexuelles à manifester le samedi 19 novembre 2022 à Paris et partout en France. La mobilisation continuera toute la semaine jusqu'au 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences à l'égard des femmes.

En 2022, les violences sexistes et sexuelles restent massives. Elles abîment et parfois brisent la vie de millions de femmes, de personnes LGBTQIA+, d’enfants, de familles. Face à cette réalité, une prise de conscience collective a eu lieu. Mais elle n’est pas suffisante. Alors qu’il est maintenant devenu évident que le président de la République et ses gouvernements sont en décalage avec les attentes de la société sur ces questions et ne mènent pas de politiques publiques adaptées à l’enjeu, nous appelons la société toute entière à se mobiliser, dans chaque ville, chaque école, chaque université, chaque établissement de santé, chaque entreprise, chaque parti politique, et sur les réseaux sociaux.

Les violences sexistes et sexuelles surviennent partout, et tout le temps. Elles trouvent racine dans le patriarcat et se situent aussi, souvent, au croisement d'autres discriminations racistes, classistes, validistes, psychophobes, LGBTQIA+phobes, sérophobes, grossophobes, âgistes, islamophobes, antisémites, xénophobes, etc.

Nous serons dans la rue le 19 novembre pour dénoncer des réalités insupportables, que tous·tes doivent connaître. Quand 225 000 femmes sont victimes de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année, quand un tiers des femmes sont victime de harcèlement sexuel au travail, quand 80 % des femmes handicapées sont victimes de violences, quand 85 % des personnes trans ont déjà subi un acte transphobe, quand 69 % des femmes racisées sont victimes de propos discriminants au travail, quand les femmes grosses ont 4 fois plus de risque d’être discriminées au travail, quand 6,7 millions de français.es ont subi l’inceste, quand des patient·es sont violé·es dans cabinets gynécologiques ou des maternités, nous n’avons pas le choix ! Et nous appelons toute la société à nous rejoindre.

Nous manifesterons pour porter la voix de celles qui ne peuvent plus parler, la voix des me 700 femmes assassinées sous la présidence d’Emmanuel Macron, et de toutes celles qui l'ont été sous les gouvernements précédents.

Nous manifesterons aussi pour crier notre colère face au fonctionnement défaillant des institutions, notamment de la justice et de la police.

Alors que les discours publics incitent les victimes à parler et dénoncer les violences sexuelles subies, des personnages politiques de premier rang prennent la parole pour défendre haut et fort les agresseurs, y compris lorsqu’ils ont été condamnés, envoyant un signal d’impunité à toute la société. Aujourd’hui des hommes puissants, connus, accusés de viol, instrumentalisent la justice pour attaquer leurs victimes à travers des procès bâillon avec pour seul but de faire peur et de réduire les victimes au silence.

Lorsque les victimes portent plainte ou saisissent la justice pour faire valoir leurs droits, les institutions rejettent massivement leur parole. Aux violences dénoncées s’ajoute la violence institutionnelle. Absence d’enquêtes, blâme des victimes, discrédit de la parole des enfants, déqualification des viols, classements sans suite, peines dérisoires. Partout en France, tous les jours, des milliers de victimes de ces violences masculines entendent leur parole niée ou décrédibilisée, se voient humiliées et attaquées.

Lorsque nous, mouvements féministes, portons dans le débat public des violences que les institutions refusent de traiter, le Président de la République parle de tribunal médiatique et d’inquisition, et appelle à « laisser la justice faire son travail ».

Son travail ? Les chiffres sont sans appel : 80 % des plaintes pour violences au sein du couple sont classées sans suite ; 65 % des victimes de féminicides avaient saisi les forces de l’ordre ou la justice ; 2 victimes sur 3 font état d’une mauvaise prise en charge lorsqu’elles veulent porter plainte ; 90 % des plaintes pour harcèlement sexuel au travail sont classées sans suite ; seulement 0,6 % des viols sont condamnés ; 92 % des enfants qui parlent des violences sexuelles ne sont pas protégé.es.

Nous manifesterons pour crier que NON, la justice et la police françaises ne font pas leur travail ! Il est temps que l’ensemble de la société et les pouvoirs publics regardent en face cette situation, qui ne relève pas de dysfonctionnements ponctuels, mais d’un système qui reproduit les mécanismes de violences et de domination qu’il est censé combattre.

Nous serons dans la rue le 19 novembre pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles au travail et l’inaction des employeurs, qui silencient et discréditent la parole des victimes, minimisent les faits, refusent d’enquêter. Chaque jour en France plus de 20 viols ou tentatives de viols ont lieu sur le lieu de travail. Il est urgent de généraliser les plans de prévention au travail. Tout comme il est urgent de protéger les victimes de violences conjugales par de nouveaux droits au travail tels que l’interdiction de licenciement, les journées d’absence rémunérées, le droit prioritaire à la mobilité géographique ou fonctionnelle.

Le 19 novembre, créons ensemble un raz-de-marée dans la rue pour crier notre colère, et porter l’urgence de protéger les victimes et garantir à chacun·e son droit fondamental de vivre à l’abri des violences.

Signataires :

  1. Acceptess-T
  2. Action contre la faim 
  3. Act Right
  4. Action Citoyenne pour l'Abolition des Inégalités (ACAI)
  5. Aggressively_trans
  6. Alternatiba
  7. Artere
  8. Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT)
  9. Association LIÉ•E•S
  10. Association Femmes Sourdes Citoyennes et Solidaires
  11. Association Franco-Berbère des Portes de l’Essonne
  12. Association Interprofessionnelle de Soin et de Prévention des Abus Sexuels (AISPAS)
  13. Association Justice Endométriose
  14. Association mauvais cancres
  15. Association museum of mirages
  16. Association Nationale des Étudiant·e·s Sages-femmes (ANESF)
  17. Association Protéger l'enfant
  18. Association Rahila
  19. Association Vivre Femmes
  20. Attac France
  21. BAAM
  22. Balance ton agency
  23. CARE France
  24. Confédération Générale du Travail (CGT)
  25. CGT EDUC'ACTION Paris
  26. Collectif des femmes engagées comoriennes de France
  27. Collectif Enfantiste
  28. Collectif Mayotte En Sousfrance
  29. Collectif National pour les droits des femmes
  30. Collective des mères isolées
  31. Collectif pour une PArentalité Féministe
  32. Collectif « Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques » (StopVOG) 
  33. Comité de la Jupe
  34. Consentis
  35. Danser sur vos murs
  36. David & Jonathan
  37. Diivines LGBTQI+
  38. Du Pain & des Roses
  39. Droits d'urgence
  40. Ensemble !
  41. En parler
  42. Equipop
  43. Europe écologie les verts
  44. Exision, parlons en !
  45. FAGE
  46. Fédération nationale des étudiant.e.s en kinésithérapie (FNEK)
  47. Femmes Egalité
  48. Féministe étudiant.e militant.e (FEM)
  49. Féministes et queers kurdes de Rojhelat (Tîroj)
  50. Fonds pour les femmes en méditerranée
  51. Fransgenre
  52. Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
  53. Génération.s
  54. Georgette Sand
  55. HandsAway
  56. HES LGBTI+
  57. Kamot
  58. La Barbe
  59. Label Gouine
  60. La Cimade
  61. La France Insoumise (LFI)
  62. La Mèche
  63. La Tente des Filles
  64. La Voix Lycéenne
  65. Le Mouvement
  66. Le Planning Familial
  67. Les Ateliers du travail
  68. Les Dévalideuses
  69. Les Effronté-es
  70. Les Fallopes 
  71. Les Femmes s'en mêlent
  72. Les Hijabeuses
  73. Les Méduses
  74. Les Z'en Trop
  75. Libération Lesbienne
  76. Maison des Femmes Thérèse Clerc
  77. MaMaMa
  78. Marche Mondiale des Femmes France
  79. Mille et une lesbiennes et queer
  80. Mouvement des femmes kurdes en France (TJK-F)
  81. Nos Lèvres Révoltées
  82. Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)
  83. Observatoire de la lesbophobie
  84. Observatoire national de l’extrême-droite
  85. Parti Communiste Français (PCF)
  86. Parti de Gauche
  87. Parti Socialiste (PS)
  88. Place Publique 
  89. Place Publique Jeunes
  90. Plateforme Femme vie et Liberté
  91. Prendre son envol
  92. Pride des Banlieues
  93. Skb- Union des femmes socialistes
  94. SOS Africaines en danger
  95. SOS Homophobie
  96. SteFemLgbt+
  97. Stop Agressions
  98. Stop Harcèlement De Rue
  99. Supap Féministe
  100. Toutes des femmes
  101. UNEF le syndicat étudiant
  102. Union Nationale des Familles de Féminicide (UNFF)
  103. Union Syndicale Solidaires
  104. Women safe and Children
  105. Yolande do Brasil
  106. #MetooASE
  107. #NousToutes

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Justice
Affaire « Paul Bismuth » : Sarkozy prend ses distances avec les autres prévenus
L’ancien président conteste avoir commis la moindre infraction, malgré des enregistrements diffusés par la cour d’appel de Paris indiquant le contraire. À l’entendre, il n’était « pas passionné de procédure pénale », à l’inverse de Thierry Herzog, son ami avocat, et de l’ex-magistrat Gilbert Azibert.
par Michel Deléan
Journal
Drones, « exosquelettes » et nouvelles brigades : comment Darmanin va dépenser ses milliards
Les députés ont adopté mardi la version sans doute définitive de la Lopmi, ce texte qui fixe les objectifs et moyens des forces de l’ordre pour les cinq prochaines années. Elle prévoit une augmentation de leur budget de 15 milliards d’euros, dont la moitié sera consacrée à la numérisation de l’ensemble de leurs activités.
par Jérôme Hourdeaux
Journal — International
Opération « Sauver Sarko » : un diplomate libyen rattrapé par la justice
Un diplomate libyen en lien avec les services secrets français a été mis en examen pour « corruption de personnels judiciaires étrangers ». Il a reconnu avoir servi d’intermédiaire pour essayer d’obtenir la libération d’un des fils de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi dans le but de servir les intérêts de Nicolas Sarkozy.
par Fabrice Arfi, Karl Laske et Antton Rouget
Journal
Le président du Pérou est destitué, la vice-présidente désignée à sa place
Un an et demi après son élection, Pedro Castillo a été arrêté par la police, accusé d’avoir voulu mener un coup d’État. Il est remplacé par la vice-présidente Dina Boluarte, première femme à ce poste depuis l’indépendance du Pérou il y a plus de 200 ans. 
par Coralie Hodgson

La sélection du Club

Billet de blog
Jean-Charles Richard et autres héros du jazz
Sur l’album L’Étoffe des Rêves, le saxophoniste Jean-Charles Richard converse avec le pianiste américain de jazz Marc Copland. La vocaliste Claudia Solal et le violoncelliste Vincent Segal les rejoignent. L’entente des deux leaders, le talent apporté par leurs renforts, façonnent un univers harmonique enchanteur. Et délivre, cet automne, un concert réel comme un songe.
par BRUNO PFEIFFER
Billet de blog
L’art nous empêche-t-il de construire un monde meilleur ?
L'art peut-il être un outil politique pour surmonter les crises environnementales et sociales que nos sociétés traversent ? A-t-il vraiment le pouvoir de créer de nouveaux récits pour amener une mutation profonde et nécessaire ? Non. Car dans un monde profondément individualiste, l'art est fondamentalement du côté des forces réactionnaires.
par Sébastien Piquemal
Billet de blog
Sans couronne se relever
Au cours de sa formation théâtrale, Suzanne de Baecque répond à un travail d’immersion en s’inscrivant au concours de Miss Poitou-Charentes. Avec Raphaëlle Rousseau pour complice, elle narre son expérience à partir des coulisses, observant ses concurrentes, les racontant pour mieux donner naissance à « Tenir debout », docu-fiction entre rire et larmes, premier spectacle magnifique.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Avec Francesca Woodman et Vivian Maier, « Traverser l’invisible »
Chacune à sa façon, les deux photographes, comme l'écrit Marion Grébert, « ont mené leur existence en échappant à la moindre possibilité d’être saisies. »
par Jean-Claude Leroy