Jeunesse et Sports debout !

Après deux décennies d’attaques, de contre-réformes et de réductions des effectifs, le service public Jeunesse et Sports subit « une lente mise à mort ». Pour un large ensemble d'associations et personnalités, il est urgent de rappeler son rôle dans notre société, car « indispensable au fonctionnement d’une démocratie saine et durable. » Mais aussi de le réinventer ensemble. Adhérent·e·s, bénévoles et salarié·e·s des associations doivent rejoindre les AG et « construire une mobilisation d'ampleur. »

Lettre adressée à : Associations, clubs sportifs, fédérations sportives, personnels jeunesse et sports, parents d'élèves, citoyen·ne·s, acteur·rice·s de la transformation sociale, syndicats, décideu·r·se·s locaux

Après deux décennies d’attaques, de contre-réformes et de réductions drastiques de ses effectifs, le service public « Jeunesse et Sports » est littéralement à terre. Il est urgent de rappeler le rôle qu’il exerce dans notre société du 21e siècle. Mais aussi de le réinventer ensemble.

L’action du service public « Jeunesse et Sports » (JS) traverse toute la société : clubs sportifs, associations, colos, centres de loisirs, MJC, centres sociaux…

Elle concerne tous les âges, territoires et niveaux sociaux, afin de démocratiser l’accès aux pratiques sportives, éducatives et culturelles.

Ce service public veille à la qualité éducative hors temps scolaire et encadre le développement des activités physiques et sportives, mais il coordonne également la formation, les actions pédagogiques, la sécurisation des pratiques, l’aide à la structuration de projets et la vitalité associative.

Ainsi des expériences d’entraide et d’apprentissage de solidarité, de vie collective et de démocratie se déploient au travers de pratiques pédagogiques émancipatrices s’inscrivant dans la philosophie de l’éducation populaire. 

Et bien qu’il ne soit coordonné que par les 4200 agent·e·s d’un ministère Jeunesse et Sports bien fragilisé, il implique pourtant un vaste secteur : des milliers de collectivités, 1,5 million d’associations, près de 2 millions de salarié·e·s associatif·ve·s, 13 millions de bénévoles, 18 millions de licenciés dans les fédérations sportives !

Les enjeux majeurs sont les suivants : créer du lien, encourager la pensée critique, susciter l’action de tou·te·s sur des questions sociales primordiales (égalité femmes-hommes, lutte contre le racisme, démocratie locale, urbanisation, écologie...), notamment avec les habitant·e·s des quartiers populaires et des territoires ruraux.

Ce service public, indispensable au fonctionnement d’une démocratie saine et durable, subit une lente mise à mort depuis vingt ans :

  • suppression de la moitié des effectifs, passant de 8500 personnes en 2008, à 4200 aujourd’hui
  • précarité massive des statuts des travailleur·se·s et travailleuses associatifs du secteur (CDD d’usage, CEE, temps partiels, bas salaires)
  • succession de réformes n’engendrant que perte de moyens, invisibilisation des services, éloignement des usager·e·s et installation d’une gouvernance néo-libérale
  • absence de vision à long terme qui transforme les personnels de terrain en bureaucrates et les politiques publiques en dispositifs d'urgence déconnectés d’une vision à long terme
  • récupération politique d’événements d’actualité conduisant à l’instrumentalisation des associations et des jeunes, et notamment l’utilisation abusive des stages et du volontariat en service civique, détournés de leurs objectifs premiers et qui sont aujourd’hui renforcés par le Service National Universel (SNU)
  • création de l’Agence Nationale du Sport, une autre illustration de la dérive néo-libérale dans le monde sportif. Elle concurrence l’Etat sans apporter de plus-value et nuit considérablement au service public en favorisant les intérêts privés
  • intégration brutale du secteur JS par l’Education Nationale, intégration qui fragilise, désorganise, vide les services de leurs moyens et accroît la surcharge de travail

Tous ces choix renforcent l’inégal accès aux pratiques éducatives, sportives, culturelles et conduisent à précariser les habitant·e·s, en particulier les jeunes, des territoires ruraux et des quartiers populaires.

Il est urgent de réinventer le service public Jeunesse et Sports. Voici nos premières propositions :

  • la co-construction par les personnels, les partenaires associatifs et les usager·e·s d’un service public ambitieux au regard des enjeux sociétaux
  • un budget porté à un milliard d’euros (contre 500 millions aujourd’hui), ce qui est une absolue nécessité au regard des richesses accumulées en temps de crise
  • le recrutement de personnels qualifié·e·s dans les services Jeunesse et Sports (1000 personnels administratifs, 1000 professeurs de sports, 1000 conseiller·e·s d’éducation populaire et de jeunesse) et dans les associations (emplois et conditions de travail décents)
  • la réaffirmation du caractère indispensable de la participation associative dans la construction d'une société solidaire, durable et démocratique
  • l’exigence de pratiques sportives pour lesquelles le spectaculaire ne l'emporte pas sur les enjeux sociaux et environnementaux
  • le repositionnement des personnels Jeunesse et Sports sur le terrain et en lien avec les associations afin de construire un service public de missions
  • le retour des formations Jeunesse et Sports, aujourd’hui privatisées, dans le secteur public
  • la mobilisation des crédits indécents du Service National Universel (SNU) au bénéfice des jeunes et des associations pour répondre à l’urgence des besoins sociaux
  • une politique publique de financements des associations par subventions pluriannuelles (plutôt que des appels à projets ponctuels)

Appel à Jeunesse et Sports DEBOUT !

Pour toutes ces raisons, nous appelons les personnels, les adhérent·e·s, bénévoles et salarié·e·s des associations, les usager·e·s, à se rencontrer, échanger et être force de proposition en rejoignant les AG. Il est urgent de construire une mobilisation d'ampleur pour peser sur les décisions : que voulons-nous transformer ? Quelle place et quel rôle souhaitons-nous donner à ce service public Jeunesse et Sports ? 

Une première action, en guise de mise en bouche, sera menée le Lundi 21 Juin 2021 à l’occasion du lancement des séjours SNU, entre 12h et 16h à Paris (lieu surprise) : « Le service public Jeunesse et Sports n’entre pas dans votre SNU et vice-versa ». Agora Générale, musiques, actions revendicatives…

Et à la rentrée de septembre 2021, un acte fort de transformation (assises, rencontres…) construit ensemble et ouvert à tou·te·s sera proposé.

Pour signer la pétition, c'est ici

Premières signatures collectives 

Association Inter-Régionale MJC
Association CLéS
Association de Développement, d'Animation, de la Culture et des Loisirs (Haut-Livradois)
Collectif des Associations Citoyennes
CRAJEP Normandie
CREFAD Auvergne
Livret Sports LFI
SNPJS-CGT
Solidaires Asso
Solidaires Jeunesse et Sports
Sud CT
UNEF
UNL 

Premières signatures de personnalités 

Marie-George Buffet, députée de Seine Saint Denis
Betty Charlier, présidente de la fédération Sport pour tous
Simon Duteil, co-délégué général Union Solidaires
Murielle Guilbert, co-déléguée générale Union Solidaires
Michel Larive, député Ariège
Philippe Meirieu, président des CEMEA
Loïc Prudhomme, député de la Gironde

 

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