Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

1027 Billets

15 Éditions

Tribune 21 avr. 2017

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

Le jour d’après…

Insatisfaits de l'offre politique à gauche, 13 militants de partis, syndicats et du monde associatif expliquent pourquoi et ils se projettent déjà dans l'apres-élection : «La refondation d'un projet politico-social et idéologique alternatif à ce capitalisme destructeur de droits sociaux et de l'environnement ne sera crédible et attractive que si elle émerge de pratiques pluralistes et démocratiques, ancrées dans les réseaux militants...»

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

Nous sommes de ceux et celles qui se sont mobilisé.es avec Nuit Debout contre la Loi El-Khomri. Derrière elle, nous rejetions une "république" française de plus en plus liberticide et discriminatoire, rouage d'un capitalisme du XXIè siècle qui nous ramène au XIXème siècle, et d'une Union européenne qui nous y enfonce. Nous cherchions aussi ce que pourrait être l'alternative à la profonde crise de la démocratie représentative, incluant celle des partis, sans réponse claire à ce jour, mais certainement pas convaincus par la stratégie dite de "populisme de gauche" opposée au "populisme de droite".

Nous faisons nôtres les objectifs des réseaux associatifs contre l'état d'urgence et de guerre, ou encore défendant "Nos droits contre leurs privilèges" comme ceux de la manifestation du 19 mars "Pour la justice et la dignité"- reprenant les slogans des soulèvements du monde arabe. Nous combattons les politiques prétendument universalistes de mise en concurrence généralisée des populations, de même que les pseudo-alternatives, nationales-libérales qui dressent des murs contre les "étrangers" - roms, musulman.e.s, non-blancs ou "non-Français" qui nous "voleraient" notre sécurité sociale, nos emplois, notre "identité". Ce sont les mêmes faux dilemmes qui sont à l'oeuvre aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, en Hongrie comme en France. Hilary Clinton n'était pas davantage une réponse à Donald Trump qu'Emmanuel Macron ne le serait à Marine Le Pen ou à François Fillon.

L'espoir d'une recomposition progressiste, à gauche d'un PS discrédité qui tarde à mourir, ne trouvera pas de réponse dans ces élections – ni du côté de Benoît Hamon, valorisant valorisant la politique de Hollande au Mali, et confronté à l'impasse de tout colmatage du PS ; ni de celui de Jean-Luc Mélenchon, qui combat la monarchie présidentielle en reprenant ses méthodes, et dont la stratégie politique est ancrée dans un discours tricolore aux dérives internes et internationales inquiétantes. Pourtant, des axes communs de ces deux candidats – s’opposant à la Loi travail et aux politiques d'austérité française et européennes, soulignant les urgences écologiques et refusant  les politiques  racistes et sécuritaires – ont fait légitimement naître l'espoir d'une candidature unique sur de telles bases. Et, à défaut, le "bulletin JLM" est apparu de plus en plus comme susceptible de l'emporter à la fois contre Le Pen, Fillon et Macron et d’ouvrir une crise politique autour de l’exigence d’une VIè République. Pourtant, la conception populiste de Mélenchon ne permet pas de concevoir la France Insoumise comme émanant d'une dynamique d'en bas, réellement plurielle et démocratique .

La candidature de Philippe Poutou a dans ce contexte plusieurs mérites : exprimer une rupture avec le présidentialisme, ne pas laisser l'expression politique aux politiciens, mettre l'accent sur la nécessité des mobilisations sociales et auto-organisées pour bâtir d'autres possibles – tout en affichant un programme internationaliste. Mais pas plus que Nathalie Arthaud, Philippe Poutou ne s’inscrit dans  une démarche politique et sociale pluraliste crédible, permettant de construire un "bloc alternatif" qui réponde aux enjeux majeurs de société, respectant l'autonomie et la diversité des cheminements pour assurer la convergence des mobilisations.

Il y aura donc aussi beaucoup d'abstentions et d'hésitations – et les signataires de ce texte n'opteront pas nécessairement pour le même bulletin. Mais face aux menaces – quels que soient les choix tactiques de votes, et les résultats des élections présidentielles et législatives, à ce jour totalement imprévisibles – l'indispensable "troisième tour" doit être, mais ne peut être seulement, social et dans la rue. La refondation d'un projet politico-social et idéologique alternatif à ce capitalisme destructeur de droits sociaux et de l'environnement ne sera crédible et attractive que si elle émerge de pratiques pluralistes et démocratiques, ancrées dans les réseaux militants, rejetant la subordination des mouvements sociaux aux partis politiques et donc en inventant une redéfinition radicale du "politique". Celle-ci doit imprégner les luttes comme les futures campagnes législatives et européennes.

Le jour d'après... le premier tour, quels qu'en soient les résultats, nous appelons celles et ceux se réclamant d'une alternative au capitalisme, à multiplier les rencontres en ce sens.

Les signataires sont militant.es de réseaux associatifs (altermondialistes, syndicalistes, anti-racistes, féministes, LGBT, autogestionnaires...) – pour certain.es- membres de diverses organisations de la gauche radicale.

Premiers signataires : Bernard Chapnik, Florence Ciaravola, Thomas Coutrot, Bruno Della Sudda, Jacques Fortin, Laurent Lévy, Philippe Marlière, Richard Neuville, Catherine Samary, Nadine Slyper, Patrick Silberstein, Josette Trat, Sophie Zafari.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Ce que le gouvernement a fait aux chômeurs
La première réforme de l’assurance-chômage est pleinement entrée en vigueur il y a tout juste un an, et nul ne sait combien de chômeurs elle a pénalisé. Si les chiffres sont invisibles, les conséquences sur la vie des gens sont brutales. Témoignages.
par Cécile Hautefeuille
Journal — Europe
Poutine entérine l’annexion de quatre régions ukrainiennes
Après une allocution au Kremlin, le président russe a signé l’annexion des régions ukrainiennes de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que des autoproclamées « Républiques » de Donetsk et de Louhansk. Et il a prévenu que la Russie protègerait ses terres « en utilisant toutes [ses] forces ».
par Laurent Geslin
Journal
Le renseignement de sources ouvertes, nouvel art de la guerre d’Ukraine
La collecte et l’analyse des traces numériques laissées par les combats qui font rage en Ukraine peuvent-elles avoir une incidence sur le déroulement du conflit ? La guerre du Golfe avait consacré la toute-puissance de la télévision, celle d’Ukraine confirme l’émergence de l’Open Source Intelligence (OSINT).
par Laurent Geslin
Journal — Migrations
Sur TikTok, les passeurs font miroiter l’Angleterre à des Albanais, qui s’entassent à Calais
Depuis le début de l’année, les Albanais sont particulièrement nombreux à tenter la traversée de la Manche pour rejoindre l’Angleterre, poussés par des réseaux de passeurs dont la propagande abreuve les réseaux sociaux. Une fois dans le nord de la France, beaucoup déchantent.
par Nejma Brahim

La sélection du Club

Billet de blog
Élections au Brésil - Décryptage et analyse
Lecteurs et lectrices des pages « International » de la presse francophone savent que le Brésil vit un moment crucial pour son destin des prochaines années. À moins d'une semaine du premier tour des élections présidentielles, le climat est tendu et les résultats imprévisibles sous de nombreux aspects.
par Cha Dafol
Billet de blog
Les élections au Brésil : changement de cap, ou prélude à un coup d’État ?
Les élections qui se dérouleront au Brésil les 2 et 30 octobre prochain auront un impact énorme pour les Brésiliens, mais aussi pour le reste du monde, tant les programmes des deux principaux candidats s’opposent. Tous les sondages indiquent que Lula sera élu, mais la question qui hante les Brésiliens est de savoir si l’armée acceptera la défaite de Bolsonaro. Par Michel Gevers.
par Carta Academica
Billet de blog
Billet du Brésil #5 / Dimanche, un coup d’État est-il possible ?
S'accrochant au pouvoir, Jair Bolsonaro laisse planer le doute sur l'éventualité d'un coup d'Etat, en cas de défaite aux élections. Mais les conditions sont-elles vraiment réunies pour garantir son succès ?
par Timotinho
Billet de blog
Brésil : lettre ouverte aux membres du Tribunal Supérieur Électoral
En notre qualité d’avocats de Monsieur Lula nous avions interpellé sur l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques à l’origine des poursuites et de la détention arbitraires subies par notre client. Nous dénonçons les attaques ignominieuses de Monsieur Bolsonaro à l’encontre de Monsieur Lula et sa remise en cause systématique de décisions judiciaires l’ayant définitivement mis hors de cause. Par William Bourdon et Amélie Lefebvre.
par w.bourdon