Violence et harcèlement dans le monde du travail : la jeunesse dit stop !

« Ratification minimaliste pour un Président qui se dit féministe. » Si le 22 juillet, les parlementaires discuteront du projet de loi de ratification de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail sur la violence et le harcèlement, le système juridique français « est complaisant au harcèlement et à l'invisibilisation du vécu d’1 femme sur 3 », fustigent étudiant·e·s, stagiaires, alternant·e·s, futur·e·s salarié·es et entrepreneur·ses. Ils et elles se rassemblent le 21 juillet devant l’Assemblée. « Les travailleur·euses et la jeunesse du pays vous regardent » !

Nous, étudiant·es, stagiaires, alternant·es, futur·es salarié·es et entrepreneur·ses... ne voulons pas d’un monde du travail qui protège insuffisamment contre les violences et le harcèlement. C'est pour porter ce message et faire entendre la voix d’une génération qui ne fera pas de compromis que nous nous rassemblons ce mercredi 21 juillet devant l’Assemblée nationale.

En France, 1 femme sur 3 a déjà été harcelée ou agressée sexuellement sur son lieu de travail. Les femmes lesbiennes ou bisexuelles sont deux fois plus harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail que les personnes hétérosexuelles. Les personnes en situation de handicap, migrantes, ou vulnérables sont plus souvent victimes de harcèlement et de violences : pourtant, aucune mesure spécifique ne les protège. En 2019, au moins 146 femmes (152 selon #NousToutes) ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire : pourtant, le droit du travail n’accompagne pas les personnes victimes de violences conjugales.

Quand il se félicite de la création d’emplois en France, Emmanuel Macron a-t-il conscience des conditions qui les accompagnent ? Elisabeth Borne se rend-elle compte qu’en acceptant une offre d’emploi, les françaises s’exposent au risque de faire partie de ces statistiques ?

Ce 22 juillet, les parlementaires discutent du projet de loi de ratification de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail sur la violence et le harcèlement. Si nous saluons la décision du gouvernement de ratifier une Convention que l'on sait ambitieuse et nécessaire pour faire évoluer le monde du travail, nous lui demandons de ne pas s'en tenir à des mots ni à des effets d'annonce. ONGs, syndicats, militant·es, tous·tes s'accordent à dire qu'il n'y aura pas d'évolution majeure sans  changement du droit français. Car aujourd'hui, c'est bel et bien le système juridique français qui est complaisant au harcèlement, aux agressions et à l'invisibilisation du vécu d’1 femme sur 3. Pourtant, à l’agenda de ce gouvernement, rien de tel de prévu. Rien.

Ratification minimaliste pour un Président qui se dit féministe.

Nous serons de celles et ceux qui ne sont pas dupes. Nous serons de celles et ceux qui refusent de se satisfaire d’un État qui oublie plus de la moitié de la population. Nous ne voulons pas d’une ratification à droit constant : nous demandons une transcription des mesures comprises dans la Convention et la recommandation qui l’accompagne.

Ériger la France en fer de lance du féminisme nécessite d’aller au-delà des beaux mots et d’engager des actes concrets.

Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, cher·es élu·es, la jeunesse vous rappelle aujourd'hui à vos responsabilités. Pour faire changer significativement les choses et mettre fin au cycle des violences :

  • Consultez la société civile et les syndicats ;
  • Écoutez et appliquez ses recommandations - elles vous ont déjà été communiquées à plusieurs reprises ;
  • Faites preuve d’humilité sur la scène internationale, être un·e allié·e du féminisme ne signifie pas brandir un étendard ;
  • Réformez le droit du travail français en profondeur.

Les travailleur·euses et la jeunesse du pays vous regardent.

Signataires :

  • Ariane Colson et Anna van der Lee, initiatrices du collectif #PasSansLaVraie190
  • Ambroise Boyer, vice-président 2020-2021 de Femto
  • Charlotte Caillat, présidente fondatrice de Les Méduses
  • Léa Sorhouetgaray, co-présidente de Sexprimons-Nous 
  • Anaëlle Lesné, présidente (2019-2021) des Sang-Culottes de l’INSA Lyon
  • Gabrielle Dorey, citoyenne engagée 
  • Solenn Fernandez, membre du collectif La Clitoliste
  • Stacy Algrain, présidente fondatrice du Think and Do Tank "Penser L'après"
  • Laura Hyon, citoyenne engagée
  • Agathe Peigney et Camille Dubourdieu-Rayrot, fondatrices de l'association Balance Ton Stage
  • Inès Cheikh, co-coordinatrice de Résilience
  • Camille Lecomte, Secrétaire Nationale du Mouvement National Lycéen (Riposte Féministe)
  • Manon Hourlier, membre de l’association HeForShe NEOMA BS Reims et de l’Observatoire des Violences Sexuelles et Sexistes de l’Enseignement Supérieur 
  • Iris Maréchal, Présidente ; Myriam Espinasse, Vice Présidente et Directrice du Pôle Grands Projets ; 
  • Inès Girard, Trésorière et Directrice du Pôle Grands Projets - L'Observatoire Etudiant des Violences Sexuelles et Sexistes dans l'Enseignement Supérieur 
  • Alice Apostoly, Déborah Rouach et Alexa Chabouté, bureau de l’Institut du Genre en Géopolitique
  • Léa Thuillier, Chargée des relations institutionnelles En avant toute(s)
  • Abel Chevalier, Président de HeForShe Bordeaux 
  • Collectif Pamplemousse

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