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Tribune 22 mars 2019

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Toujours aux côtés du peuple syrien!

A l'heure du triste anniversaire de la révolution syrienne, un collectif de militants et universitaires réaffirme le «droit inaliénable à la liberté» du peuple syrien, réclame la libération ce tous les détenus, et rappelle le «droit droit à un asile digne et sûr» des Syriennes et des Syriens.

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En mars 2011 le peuple syrien a engagé son soulèvement, partie prenante de la déferlante des révolutions arabes avec ses exigences de dignité, de justice sociale et de liberté.

Huit ans après, sous les coups de répressions féroces, cette vague paraît avoir été refoulée.

La Syrie présente ce triste privilège d'avoir connu le degré maximum de la violence contre-révolutionnaire, en premier lieu celle du régime, à laquelle est venue s'adjoindre celle de Daech. Le pouvoir dictatorial et sanguinaire des Assad a immédiatement opposé à la révolte de la population toute la brutalité des forces assurant sa mainmise sur la société : multiples services de sécurité, milices diverses et toute son armée. Tirs sur les manifestants, arrestations massives et pratique systématique de la torture, disparitions… Cela ne suffisant pas, ce que Bachar al-Assad a mené contre son peuple c'est une guerre : bombardements, sièges, viols, torture, politique de la faim, usage d’armes chimiques, attaques contre hôpitaux, écoles, patrimoine culturel et lieux de culte... Un demi-million de tués, des centaines de milliers de blessés, de disparus et de détenus, des millions d'exilés hors de Syrie et de déplacés à l'intérieur même du pays…

Le régime de Bachar al-Assad est coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité.

Grâce au soutien de ses alliés russe et iranien, il est parvenu à renverser le rapport de forces, à reconquérir les principales villes et plus de 60% du territoire du pays. La révolution syrienne a été noyée dans le sang. Cela au prix de la destruction d’une grande partie de la Syrie, laquelle est devenue le terrain d'opérations et d’occupations des puissances étrangères.

Les gouvernements occidentaux, qui se déclaraient « amis du peuple syrien », ont laissé faire. Aujourd'hui ils considèrent que le destin de la Syrie est surtout entre les mains de Poutine : à lui de trouver les accords possibles entre la Turquie, l'Iran, Israël, et les monarchies du Golfe, et de bricoler une pseudo « solution politique » piétinant les aspirations de liberté et de justice du peuple syrien.

Ici, en France, devant un tel désastre, certaines formations politiques renforcent leur invitation à détourner le regard, à rallier les impératifs de la real politik. Ce qui voudrait dire se réconcilier avec les vainqueurs, et se préoccuper de prendre part à la « reconstruction du pays » (dont les profits afférents sont de plus d'importance que le sort des Syriennes et des Syriens !)

Peut-être plus grave encore, malgré le travail sérieux de plusieurs instances judiciaires concernées et les mandats d’arrêts récents contre des responsables du régime d’Assad, un révisionnisme est à l'oeuvre qui tend à réécrire l'histoire : il n'y aurait pas eu de révolution démocratique du peuple syrien, mais seulement un affrontement entre un régime autoritaire et des forces djihadistes barbares. Ce qui autoriserait à relativiser les crimes de ce régime, pour demain les justifier.

Nous refusons qu'une défaite intellectuelle et morale vienne s'ajouter à la catastrophe dont le peuple syrien est la victime. 

A l'heure de ce triste anniversaire de la révolution syrienne, nous confirmons notre solidarité avec le peuple syrien, et réaffirmons son droit inaliénable à la liberté !

Rien ne saurait justifier le maintien au pouvoir de Bachar al-Assad ni son impunité : sa place n'est pas dans son palais de Damas mais devant une Cour pénale internationale.

Rien ne peut excuser qu’aujourd’hui les arrestations se poursuivent, que des dizaines de milliers de  détenus soient maintenus dans les geôles du régime et qu'on fasse disparaître dans des charniers les corps de milliers d'entre eux. La communauté internationale doit faire cesser cette horreur : libération immédiate de tous les détenus !

Rien ne doit faire oublier que des centaines de milliers de déplacés et d'exilés sont condamnés à la misère, à une exploitation éhontée et à toutes les vicissitudes et dangers de l'exil : pour les hommes, femmes et enfants exilés, respect du droit à un asile digne et sûr ! Cela jusqu’à un retour qui ne deviendra possible que dans une Syrie libérée de la dictature criminelle des Assad et engagée dans une transition politique conduisant à un Etat de droit, de justice et de liberté.

Premiers signataires :

Nadia Leila Aissaoui, sociologue ;

Hala Alabdalla, cinéaste ;

Amin Al Doukhi, artiste peintre ;

Zaid Alkintar, militant politique et associatif ;

Catherine Coquio, professeure universitaire ;

Leyla Dakhli, historienne, chargée de recherche au CNRS ;

Pierre Dardot, professeur universitaire ;

Cécile Daumas, retraitée ;

Bernard Dreano, militant associatif ;

Nicole Edelman, professeure universitaire ;

Stéphane Enjairan, syndicaliste ;

Subhi Hadidi, écrivain ;

Albert Herszkowicz, militant associatif ;

Gilles Houdoin, militant politique et associatif ;

Christian Laval, professeur universitaire ;

Gérard Lauton, universitaire ;

Christian Mahieux, syndicaliste ;

Ziad Majed, professeur universitaire ;

Farouk Mardam-Bey, éditeur ;

Claude Marill, syndicaliste et militant associatif ;

Denis Marx, militant associatif ;

Christiane Mauve, philosophe ;

Georges Menahem, économiste et sociologue, directeur de recherche CNRS ;

Roland Mérieux, militant politique ;

Franck Mermier, professeur universitaire ;

Olivier Mollaz, militant politique ;

Michel Morziere, militant des droits humains ;

Marie Peltier, historienne ;

Michelle Riot-Sarcey, professeure universitaire ;

Najwa Sahloul, professeure universitaire ;

Denis Sieffert, journaliste ;

Francis Sitel, militant politique ;

Christian Varquat, militant politique ;

Leila Vignal, professeure universitaire ;

Pierre Zarka, militant politique ;

Contact : syriesolidarite@orange.fr

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