Nous, écologistes, appelons à marcher contre les violences sexistes et sexuelles

« C’est la même société patriarcale productiviste qui détruit le principe féminin, les femmes, le climat, l’eau, l’air, la terre, les arbres, les abeilles et les orangs-outangs ». En vertu de ce principe écoféministe, un collectif de militants écologistes exhorte à rejoindre les marches du samedi 23 novembre contre les violences faites aux femmes, car « l’idée d’un monde sain et vivable » passe par « un monde où le machisme n’a plus sa place ».

Les violences infligées aux femmes, au vivant et à notre planète terre Gaïa ont la même origine systémique.

Le mode d’organisation politique, économique et social actuel, de type patriarcal, conduit à la destruction du vivant : domination masculine, violence, productivisme et compétition à marche forcée. Le productivisme et le développement d’une science et de techniques sans conscience ont produit un système qui violente la terre et la nature comme il viole et violente les femmes. Cette société patriarcale a détruit Gaia, le principe féminin primordial. Sans la restauration de ce principe, toutes les espèces vivantes vont à leur perte. Il y a une homologie entre la non reconnaissance des écocides et la non reconnaissance des atteintes faites aux femmes. Pour nous, écologistes, cela implique de restaurer le respect envers les femmes, ainsi que leurs droits, en même temps que nous devons changer notre rapport à la terre et à toutes les espèces qui la peuplent.

En France, plus de 200 000 femmes sont, chaque année, victimes de violence conjugales. Une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon, conjoint ou ex-conjoint. 137 femmes sont mortes dans de telles circonstances depuis janvier 2019.

En 2017, 94 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de viols ou de violences sexuelles, parmi elles 65 000 ont dit avoir subi un viol. Le dépôt de plainte étant un parcours de combattante, notamment parce que la parole des femmes n’est pas écoutée et que les personnels ne sont pas formés, seulement 20 % des victimes de viols portent plainte. Et seulement 10 % des plaintes aboutissent à une condamnation du violeur. La majorité des viols et des agressions sexuelles ne font pas l’objet de jugement. 

Les femmes sont aussi en première ligne face aux dérèglements climatiques. Par exemple, d’après un rapport de l’ONU, elles auraient 14 fois plus de risque de mourir dans une catastrophe écologique que les hommes, car elles sont moins formées aux gestes de premier secours ou à la survie.

Dans les pays en développement, les femmes cultivent 70 à 80 % des terres, dont elles ne perçoivent pourtant que 10 % des revenus, chiffre qui pourrait encore baisser avec les dérèglements climatiques et l’extinction de la biodiversité qui mettent à mal les récoltes.

Les femmes sont pourtant de réelles actrices des alternatives, engagées pour la défense du climat et de la biodiversité, et de plus en plus d’entre elles ont des habitudes de consommation plus vertueuses. Elles sont souvent peu reconnues et leurs projets sont sous-financés.

C’est la même société patriarcale productiviste qui détruit le principe féminin, les femmes, le climat, l’eau, l’air, la terre, les arbres, les abeilles et les orangs-outangs.

Nous qui nous battons pour une société plus durable et plus juste, devons nous battre aussi pour la restauration du principe féminin, car l’idée d’un monde sain et vivable passe forcément par l’idée d’un monde où le machisme n’a plus sa place.

Signataires:

Ester Benbassa, Sénatrice EELV de Paris ;

Marie Françoise Besombes, Tarn Alternatives et Autogestion ;

Alice Braun, Unis pour le climat et la biodiversité ;

Etienne Cognet, Membre de Youth For Climate France ;

Marie Colin, Unis Pour le Climat et la Biodiversité ;

Emmanuelle Cornut, Unis Pour le CLimat et Gilet Jaune ;

Yves Contassot, Président du groupe d’élus Génération.s au Conseil de Paris ;

Sergio Coronado, militant écologiste Pour une écologie Populaire et Sociale ;

Marcel Cunin, retraité, Alternatives et Autogestion ;

Jean Luc Debard, retraité, Alternatives et Autogestion ;

Damien Deville, geo-anthropologue ;

François Dubreuil, Unis Pour le Climat et la Biodiversité ;

Jean Fauche, syndicaliste, Alternatives et Autogestion, PEPS ;

Ewen Forget, Génération.s ;

Didier Fradin, Archipel Osons les Jours Heureux ;

Carol Galand, journaliste à l'initiative des rassemblements Me Too, et fondatrice du Boycott Citoyen ;

Brigitte Giry, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Denis Guenneau, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Cécile Hagnauer, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Vincent Liegey, collectif Nous sommes Parti.e.s pour la Décroissance ;

Elizabeth Jeanne Lion, retraitée, EELV ;

Benjamin Joyeux, coordinateur de la marche Jai Jagat pour la justice et la paix ;

Philippe Le Boulanger, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Alain Lipietz, Economiste et ancien député européen (Vert) ;

Elise Lowy, Pour une Écologie Populaire et Sociale ;

Bénédicte Monville, Élue à Melun et à la CAMVS et Conseillère régionale IDF (alternative écologiste et social) ;

Claire Monod, Coordinatrice Nationale de Génération.s ; 

Sandie Nancey, animatrice sociale ;

Christian Olive, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Alain Persat, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Claude Rossignol, enseignant retraité, Tarn Alternatives et Autogestion ;

Patrick Salez, membre du Comité national d’animation du Réseau Coopératif d’ELLV ;

Marie-José Sibille, psychothérapeute, écothérapeute, auteure ;

Danielle Simonnet, Parti de gauche ;

François Verret, Collectif des Objecteurs de Croissance Seine & Marne Sud

Patrick Viveret, philosophe, essayiste.  

 

 

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