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Tribune 23 mai 2017

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Brésil: il faut organiser de vraies élections directes

Cela fait à peine plus d’un an que la Câmara brésilienne, chambre basse du Parlement, a voté la destitution de l’ancienne présidente élue, du parti des travailleurs, Dilma Rousseff. Pour Autres Brésils et d'autres associations de solidarité internationale, «il est temps d’organiser des élections directes face à un gouvernement corrompu et illégitime!»

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Un an après le coup d’État institutionnel qui a mené à la destitution de la présidente Dilma Rousseff, pourtant élue au suffrage universel, l'actuelle situation économique, sociale et politique brésilienne est particulièrement alarmante. La position du nouveau président brésilien, Michel Temer, ainsi que de son gouvernement, est, selon nous, intenable. Les scandales de corruption les concernant, lui et ses ministres, s’accumulent : en un an, plus de dix ministres ont déjà dû démissionner, tous impliqués dans des affaires de corruption.

Le 17 mai, de nouvelles révélations du quotidien brésilien O Globo sur le contenu d’un enregistrement montrent que le président lui-même aurait tenté « d'acheter le silence » d'Eduardo Cunha, ancien président de la Chambre des députés et acteur de la destitution de Dilma Rousseff. Impliqué dans plusieurs affaires de corruption, M. Cunha est aujourd'hui en prison. Bien que les écoutes soient encore en cours d'analyse par la Justice, leur révélation a provoqué de grandes manifestations spontanées dans les rues brésiliennes, demandant le départ de Michel Temer et la convocation de nouvelles élections générales directes.

Depuis un an, ce gouvernement corrompu et sans aucune légitimité démocratique mène une brutale politique d’austérité. Le gouvernement de M. Temer a gelé les dépenses de l'État (éducation, santé, protection sociale…) pendant 20 ans, proposé l'augmentation de l'âge de départ à la retraite et la durée de cotisation – ce qui exclut de fait des millions de travailleurs brésiliens de la perspective de percevoir, un jour, une retraite à taux plein – et essaie de promulguer une nouvelle « loi travail » qui acte la primauté des accords d'entreprise sur la norme législative, rendant possible la massification de la précarité et de la sous-traitance.

Une part importante de la société brésilienne est entrée en résistance contre la dégradation des conditions d'existence. Le 28 avril, 40 millions de Brésiliens se sont mobilisés, menant la plus grande grève générale de l'histoire du pays. De grandes manifestations se sont déroulées le 1er mai. Des mouvements féministes, d'Afro-descendants, lycéens, issus de la lutte pour le droit au logement (comme le Mouvement des Travailleurs Sans Toit, MTST), pour la réforme agraire (Mouvement des Travailleurs Sans Terre, MST) ou encore pour les droits des peuples autochtones, ont gagné une nouvelle ampleur jusqu'à présent inédite au Brésil. La seule réponse du gouvernement Temer, miné par la corruption, a été d’intensifier la répression et de criminaliser les mouvements sociaux. Les violences policières, déjà importantes, se sont multipliées dans le pays. Cette situation est inacceptable.

Nous, membres du collectif Alerte France Brésil, de l'association Autres Brésils, du Mouvement Démocratique du 18 mars, des Amis du Mouvement des Sans Terre, de l'association France Amérique Latine, brésilien.ne.s et français.e.s, sommes solidaires avec les luttes menées par les mouvements sociaux brésiliens. Face à cette crise généralisée, seul l'appel à des élections générales directes, accompagnées de la suppression des mesures d'austérité prises depuis le coup d’État institutionnel, peut ouvrir la voie vers un futur plus juste et démocratique pour le Brésil, les Brésiliennes et les Brésiliens.

 Les signataires :

Alerte France Brésil

Amis du Mouvement Sans Terre

Autres Brésils

France Amérique Latine

Mouvement du 18 mars

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