C'est une invitation formelle: faites grève avec nous!

Un collectif international de jeunes militants pour le climat comprenant Greta Thunberg lance un appel global et intergénérationnel à rejoindre la mobilisation du vendredi 24 mai et une semaine d'actions en septembre pour «déclencher une résistance de masse». Ils espèrent «marquer un nouveau départ» dans une rébellion qui ne saurait être celle «d’une génération isolée». Un défi auquel répond vendredi, dans une tribune, un ensemble de personnalités.

Ce vendredi, nous serons à nouveau dans les rues, en très grand nombre. Nous organiserons plus d’un millier d’événements dans plus 110 pays, pour exiger que les gouvernements s’engagent immédiatement sur une trajectoire nous permettant de maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C. Nous préparons cette journée de mobilisation depuis des semaines, sinon des mois. Nous avons consacré des heures et des journées entières à nous mobiliser, plutôt que de passer du temps avec nos ami·e·s ou que d’étudier à l’école ou à l’université.

Nous, enfants et étudiant·e·s, n’avons en effet pas le choix. Nous avons passé de longues années à discuter, au cours d’innombrables négociations, pour conclure des accords inacceptables sur le changement climatique, tout en continuant à donner aux entreprises du secteur des combustibles fossiles le loisir de forer nos sols et de brûler notre avenir pour leur seul profit. Les dirigeant·e·s politiques ont conscience du problème depuis des années. Mais ils et elles ont confié la responsabilité de notre avenir à des personnes peu scrupuleuses, dont l’avidité menace notre existence même.

Nous avons donc appris que si nous ne commençons pas à agir de nous mêmes pour notre avenir, personne ne fera le premier pas à notre place. Nous sommes celles et ceux que nous attendions.

Une fois encore, nous ferons entendre nos voix dans les rues. Mais tout ne dépend pas que de nous.

Nous avons l’impression que de nombreux·ses adultes n’ont pas réellement compris que nous, les jeunes, ne parviendrons pas à faire face seul·e·s à cette crise majeure. Nous sommes désolé·e·s de vous le dire - peut-être que ça vous dérange. Mais cette tâche n’est pas celle d’une génération isolée. C’est la responsabilité de l’humanité entière. Nous, les jeunes, savons que nous devons contribuer à cette lutte plus large et que nous pouvons faire la différence.

Ce message est donc une invitation. Le 20 septembre prochain, nous débuterons une semaine d’action par une grève mondiale pour le climat. Nous vous demandons de nous rejoindre. De nombreuses actions et activités sont en cours de préparation partout dans le monde, pour permettre aux adultes de se réunir et de sortir de leur zone de confort pour agir avec nous. Rejoignez-nous : voisin·e·s, collègues, ami·e·s, proches, etc. sortez dans la rue pour faire entendre votre voix et faire de cette semaine un moment de basculement de l’histoire. 

Nous devons passer à une autre étape - l’enjeu est que nous nous rebellions, partout où l’on peut se rebeller. Il ne s’agit pas de nous dire «ce que font ces jeunes est fantastique, d’ailleurs si j’étais encore jeune, j’y aurais participé». C’est inutile. Tout le monde peut aider - et chacun·e d’entre nous doit le faire.

Aujourd'hui, nous, les enfants, luttons pour nous-mêmes, tandis que beaucoup de nos parents sont occupé·e·s à discuter de nos notes, d'un nouveau régime alimentaire ou de ce qui s'est passé dans le dernier épisode de Game of Thrones. Au même moment, la planète brûle. Durant la révolution française, les mères ont envahi les rues pour leurs enfants.

Nous avons besoin d’un moment similaire. L'an passé, le rapport spécial du Groupe intergouvernemental des Nations Unies sur les changements climatiques alertait clairement sur les dangers inédits que représente un réchauffement supérieur à 1,5°C. Les émissions de gaz à effet de serre doivent chuter rapidement - pour que quand nous aurons atteint nos 20 et quelques années, nous vivions dans un monde complètement transformé.

Mais pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde. Il est temps pour nous tou·te·s de déclencher une résistance de masse - nous avons montré que l'action collective fonctionnait. Nous devons intensifier la pression pour faire en sorte que le changement se produise, et nous devons le faire ensemble.

C'est là notre seule chance - rejoignez-nous pour les grèves du climat et les actions que nous organiserons en Septembre. Nous nous sommes levé·e·s pour exiger des mesures et provoquer le changement. Si nous le faisons en nombre, nous pouvons réussir. Si nous prenons la situation au sérieux, nous devons faire plus. Nous devons agir plus que parler.

Ce ne sera pas la dernière fois que nous devrons descendre dans les rues. Mais cette fois-ci marquera un nouveau départ. Nous comptons sur vous.

Signataires :

Maria Astefanoaei (Japon)

Kallan Benson (EU)

Martial Breton (France)

George Bond (Angleterre)

Lena Bühler (Suisse)

Radhika Castle (Inde)

Feliquan Charlemagne (EU)

Wu Chun-Hei (Tawain)

Balder Claassen (Pays-Bas)

Haven Coleman (EU)

Eslem Demirel (Suisse)

Nurul Fitrah Marican (Malaisie)

Maddy Fernands (EU)

Jessica Dewhurst (Afrique du Sud)

Linus Dolder (Suisse)

Vicente Gamboa Soto (Chili)

Kyra Gantois (Belgique)

Anisha George (Inde)

Kassel Hingee (Japon)

Isra Hirsi (EU)

Hiroto Inoue (Japan)

Beth Irving (UK)

Jonas Kampus (Suisse)

Asees Kandhari (Inde)

Salomée Levy (EU)

Noga Levy-Rapoport (Angleterre)

Marenthe Middelhoff (Pays-Bas)

Pavol Mulinka (Slovaquie) 

Luisa Neubauer (Allemagne)

Anjali Pant (Inde)

Parvez Patel (Inde)

Lilly Platt (Pays-Bas)

Claudio Ramirez Betancourt (Chili)

Luca Salis (Germany)

Anya Sastry (EU)

Karla Stephan (EU)

Greta Thunberg (Suède)

Zhang Tingwei (Taïwan)

Angela Valenzuela (Chili

Tristan Vanoni (France)

Brian Wallang (Inde)

Lubna Wasim (Inde)

Julia Weder (Canada)

Zel Whiting (Australie)

 

Pour s'informer sur FridaysforFuture, le mouvement lancé par Greta Thunberg, c'est ici.

Pour rejoindre la mobilisation de septembre prochain, c'est ici.

 

 

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