Appel national pour l’interdiction des sports mécaniques !

Le Comité national pour l’interdiction des sports mécaniques lance à l’occasion de la parution du livre-manifeste «Les Sports mécaniques une arme de destruction massive» un appel signé pour la première fois par des sociologues critiques du sport et par des responsables politiques nationaux.

2018 verra le retour du grand prix de France de F1 après dix ans d’absence. 2018 doit marquer aussi le retour de la critique des sports mécaniques.

Les sports mécaniques sont déjà interdits dans plusieurs pays comme la Suisse ou Israël mais la France persiste et signe avec y compris l’organisation des courses de Formule E au cœur même des métropoles. Les sports mécaniques ont tout faux au regard des évolutions sociales, écologiques et politiques nécessaires à l’humanité. Les sports mécaniques sont le plus mauvais exemple donné aux populations et enseigné aux plus jeunes.

Les sports mécaniques ont été, sont et resteront toujours un sport de riches payés par les pauvres, via les impôts. A tel point que le baron colonialiste, raciste, sexiste Pierre de Coubertin s’opposait à leur reconnaissance comme discipline olympique car il y voyait une indécence morale face à la pauvreté et surtout une provocation à la révolution. Les sports mécaniques, c’est la passion de la vitesse cause principale des accidents et de la mortalité des jeunes. Ce spectacle de la puissance machinique est bien une forme d’auto-congratulation des puissants de ce monde, le refoulement des femmes dévêtues dans le paddock ne change rien à son machisme outrancier. Eriger la vitesse en spectacle est une aberration alors qu’on parle de réduire la vitesse sur les routes. Les sports mécaniques sont une danse macabre avec la mort pour faire oublier que la voiture a tué et blessé davantage que toutes les guerres au cours du 20e siècle. Accélérer encore serait une folie alors que nous dépassons chaque année, début août, les capacités de régénération de la planète.

Les sports mécaniques ont la passion de la pollution sonore, en choisissant d’augmenter artificiellement le bruit, alors que cette agression coûte des milliards d’euros chaque année aux contribuables. Le bruit est la cause de 10000 décès prématurés par an en Europe et gène plus de vingt millions de personnes. Les sports mécaniques ont la passion de la pollution de l’air qui coûte aussi des milliards par an aux contribuables. Les sports mécaniques ne sont pas seulement dopés à l’argent roi mais aux valeurs de pacotille, comme la fusion humains/machines, le dopage notamment psychique nécessaire, l’esprit de concurrence. Le petit monde de la F1 ne roule pas seulement à droite depuis un siècle mais souvent à l’extrême-droite : le prince Paul de Metternich (1917-1992), premier Président de la FIA, combattra aux côtés de Franco avant de s’engager au sein de la division nazie Azul, son successeur Jean-Marie Balestre (1921-2008) s’engagera au sein du NSKK (unité nazie des forces motorisées) avant de rejoindre la Waffen SS. Il fera de la prison, sera libéré et recevra même la carte de résistant pour des motifs jugés douteux, Max Mosley, inamovible président de la FIA militera au sein du parti fasciste anglais fondé par son père. Bernie Ecclestone, longtemps véritable patron de la F1, ne cachera jamais son admiration pour les dictatures. John C. Malonne, devenu en 2017 le nouveau propriétaire de la FI est un libertarien de choc et dirige une drôle d’ONG pseudo « écolo » en lien avec les industries saccageant la planète. Jean Todt se veut l’ennemi des 35 heures et Alain Prost clame rêver d’un dictateur intelligent…

Les sports mécaniques ont accompagné au XXe siècle la naissance de la civilisation automobile, c’est-à-dire le choix de casser les systèmes de transports collectifs (chemins de fer et tramway), au nom des profits des firmes et d’un individualisme profitable à une petite minorité. Les sports mécaniques sont aujourd’hui avec la Formule E, chère à la Maire de Paris, le faux-nez du développement durable entendu comme une façon de polluer un peu moins pour pouvoir polluer plus longtemps. La voiture (à pétrole), cause de la crise écologique serait aussi sa solution comme le promeut Français Fillon embauché par la F1… Les voitures électriques et automatiques sont les derniers grands mythes avant la catastrophe.

Nous refusons le spectacle de la destruction de la planète.

Nous refusons la passion de l’inégalité qui va de pair avec les sports mécaniques.

Nous refusons les valeurs autoritaires que diffusent les patrons des sports mécaniques.

Nous exigeons l’interdiction des courses automobiles notamment de la F1 et de la FE !

Nous demandons au secteur du tourisme social de refuser les loisirs motorisés.

Choisissons la logique de la vie contre tous les marchands de morts !

 

Premiers signataires:

Paul Ariès, politologue, auteur de Les Sports mécaniques, une arme de destruction massive (Le Bord de l’eau, mars 2018)

Danielle Simonnet, conseillère de Paris et oratrice nationale de la France Insoumise. 

Gabriel Amard, coanimateur du pôle Atelier des lois de la FI

Jacques Boutault, maire EELV du 2ème arrondissement de Paris

Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie

Claude Javeau, professeur émérite de sociologue, Université libre de Bruxelles

Fabrien Lebrun, membre du collectif Illusio

Nicolas Oblin, directeur de rédaction de la revue Illusio

Fabien Olier, directeur de Quel sport ?

Marc Perelman, professeur en esthétique, Paris-Nanterre

David Ronan, docteur en sociologie, membre du collectif illusio

Patrick Vassort, sociologue

 

Pour signer cet appel : http://stopformule1.canalblog.com/ 

 

 

 

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