Un projet de budget écologiste pour permettre à l’Ile de France de rebondir

Tous les élus du groupe « Alternative écologiste et sociale » de la Région Ile-de-France réagissent à l'occasion du dernier budget de la présidente de région. « 5 ans après son élection, Valérie Pécresse a beaucoup promis, beaucoup communiqué, beaucoup peint en vert, beaucoup lancé d’appels à projets, beaucoup saupoudré mais si peu réalisé ou si mal... » Ils proposent plusieurs mesures pour dessiner un chemin « équilibré, vertueux, respectueux, au profit de tou·te·s les Francilien·ne·s. »

5 ans après son élection, la présidente de région présente son dernier projet de budget. L’occasion de faire le bilan de sa politique régionale alors que 54% des Francilien.ne.s déclarent vouloir quitter la région.

5 ans après, la mobilité de tou.te.s est sinistrée. Alors que la Présidente promettait une révolution des transports, le constat est sans appel : absence de rénovation d’infrastructures, retards, suppressions de trains, fermetures de gares, en grande couronne notamment, soutien à des projets inutiles et onéreux comme le CDG Express, sans oublier l'augmentation du prix du pass navigo qu’elle n’a pas manqué de faire dès son arrivée malgré sa promesse de campagne,…

Rien de lancé en faveur des transports en commun, pourtant vecteurs d’égalité, de qualité de vie et de lutte contre la pollution et le réchauffement climatique. 

5 ans après, la région est moins solidaire. Fin des emplois tremplins et du soutien à l’ESS, baisse des Dotations Globales de Fonctionnement des Lycées (DGFL) et absence de plan de rénovation ambitieux, baisse du soutien aux missions locales, aux associations, mise à mort du bouclier social, destruction de la politique d’investissement dans le logement,…

5 ans après, la région ne se préoccupe toujours pas du climat. Alors que la Présidente a lancé une COP à grands bruits, les actes et les prises de position pendant ce mandat ont été contre l’écologie. Absence totale d’objectifs Bilan Carbone, financement des entreprises polluantes et de projets écocides, abandon d’acteurs clé de la transition agricole, promotion de la voiture, absence de soutien à la rénovation thermique… Les acteurs promouvant un développement plus respectueux des humain·e·s et de la nature ont été sacrifiés sur l’autel de la défense d’intérêts particuliers, quand elle a aidé les chasseurs plutôt que les associations de défense de la nature, les gros producteurs de l’agro-industrie plutôt que la filière bio ou les grandes entreprises de services plutôt que les acteurs culturels qu’elle a abandonnés.

5 ans après, la droite francilienne ne peut inscrire que quelques concepts creux ou vidés de leur sens à son bilan : Start up Region, Smart Region, Backup, Budget participatif, COP, … autant d’anglicismes, de mots et de politiques toujours plus libérales qui, sous couvert de modernité, ont augmenté les inégalités. 

5 ans après son élection, Valérie Pécresse a beaucoup promis, beaucoup communiqué, beaucoup peint en vert, beaucoup lancé d’appels à projets, beaucoup saupoudré mais si peu réalisé ou si mal, en finançant des réseaux traditionalistes (ou ici) ou en accentuant toujours plus les déséquilibres territoriaux. Sa gestion de crise, à coup de communication et d’images alors même que 60% des lycées, n’ont eu aucun moyens supplémentaires pour respecter le protocole sanitaire en est une illustration.

Que de retards pris alors que de grands défis s’annoncent pour la Région Ile de France dans les années à venir !

La crise devrait impliquer un sursaut collectif. Nul ne doit vivre en Ile-de-France en y étant relégué : économiquement, socialement, spatialement.

Nous, écologistes, sommes convaincus que les régions sont le bon échelon pour planifier, investir, préparer l’avenir.

Nous voulons surtout nous assurer que l’Ile de France avec ses territoires disparates mais complémentaires, devienne dans quelques années, une région à la pointe en matière de lutte contre le réchauffement climatique et du respect de la nature et du vivant, une région où l’on pourra vivre sainement sans mettre sa santé en danger, où chacun.e pourra vivre dignement et où le lien social et la convivialité seront des priorités. Une région génératrice de la qualité de vie tout simplement.

Pour cela, les régions ont des leviers importants et une capacité d’agir.

L’enjeu, c’est bel et bien de rebâtir un projet qui ne laisse personne sur le bord de la route, un projet à la hauteur de la promesse républicaine, un projet pour faire face aux défis du 21e siècle : le dérèglement climatique et les inégalités qui partout fleurissent, car ces deux défis se conjuguent et menacent jusqu’à la dignité humaine.

Il y aura deux temps d’actions  

L’urgence :

La Région doit se mobiliser activement pour aider les personnes qui subissent la crise de plein fouet et alors que l’hiver approche. Nous demandons la mise en œuvre immédiate de deux mesures la mise en place du programme « un chez soi d’abord » à destination des personnes sans domicile fixe et un Fonds régional d’aide aux paiements des quittances de loyer et dépenses liées au logement pour les jeunes de 18 à 25 ans et les étudiants rencontrant de graves difficultés. 

La transition :

Plus on attend et plus les mesures à prendre pour faire face aux crises seront vécues comme contraignantes. Il est donc urgent de construire avec la population un meilleur avenir collectif et d’agir ensemble. C’est le rôle de la Région que d’accompagner ce renouveau et d’élaborer de nouvelles politiques publiques adaptées. 

Le temps du projet écologiste pour les Régionales 2021 viendra, mais nous nous engageons d’ores et déjà à agir :

  • Investir massivement dans les transports et permettre la multimodalité, la crise ayant joué un rôle d’accélérateur du déploiement de nombreuses pistes cyclables, l’offre de transports publics doit être maintenant à la hauteur,
  • Consacrer un milliard d’euros par an à la rénovation et l’entretien des lycées ; les bâtiments dans lesquels étudient les lycéens sont trop souvent exsangues,
  • Lancer un plan « climat-compatible » sur toutes les politiques régionales,
  • La mise en œuvre d’un plan d'urgence pour les PME (c'est-à-dire un véritable Small Business Act) en faveur des entreprises locales.

Ces premières mesures sont un chemin que nous dessinons, équilibré, vertueux, respectueux, au profit de tou·te·s les Francilien·ne·s.

 

Signataires :

Ghislaine Senée, présidente du groupe Alternative Ecologiste et Sociale

Anne-Claire Jarry-Bouabid, vice-présidente

Julien Bayou, Secrétaire National d’Europe Ecologie - Les Verts et conseiller régional d’Ile-de-France

Frederic Benhaim, conseiller régional d’Ile-de-France

Marie-Odile Bertella-Geffroy, conseillère régionale d’Ile-de-France

Fanélie Carrey-Conte, conseillère régionale d’Ile-de-France

François Damerval, Président exécutif de CAP21 et conseiller régional d’Ile-de-France

Sandrine Grandgambe, conseillère régionale d’Ile-de-France

Benoit Hamon, conseiller régional d’Ile-de-France

Hella Kribi-Romdhane, conseillère régionale d’Ile-de-France

Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile-de-France

Mohamed Mechmache, conseiller régional d’Ile-de-France

Claire Monod, Co-coordinatrice de Génération·S et conseillère régionale d’Ile-de-France

Bénédicte Monville, conseillère régionale d’Ile-de-France

Roberto Romero, conseiller régional d’Ile-de-France

Corinne Rufet, conseillère régionale d’Ile-de-France

Rama Sall, conseillère régionale d’Ile-de-France

Mounir Satouri, député européen et conseiller régional d’Ile-de-France

Pierre Serne, conseiller régional d’Ile-de-France

 

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