La France change, les Français ont changé, et pourtant cette question centrale pour notre avenir est presque absente des débats. Nous, Acteurs de la transition énergétique, savons que cette transformation est déjà bien amorcée mais qu’elle a encore beaucoup à nous apporter. A l’avenir la transition énergétique doit nous permettre de :

  • Pouvoir nous déplacer sans polluer, habiter un logement sain et correctement isolé, maîtriser les coûts de l’énergie.
  • Créer de l'activité, des revenus et des centaines de milliers d’emplois durables au cœur des territoires, par exemple dans la rénovation des bâtiments, les énergies renouvelables, les transports collectifs, ou les réseaux intelligents.
  • Engager nos entreprises, petites et grandes, dans des activités d’avenir, et être pionnier dans de nouvelles technologies.
  • Réduire nos consommations de pétrole, charbon et gaz qui, en plus de leur impact sur les changements climatiques, creusent le déficit commercial, et nous rendent dépendants de conflits géopolitiques.
  • Limiter les risques de catastrophes climatiques et technologiques, et de leurs effets potentiellement irréversibles pour l’environnement et les populations.

Aujourd’hui, pour continuer cette mue déjà amorcée dans les territoires, la France, et ceux qui se déclarent prêts à la diriger, doivent pouvoir tracer une voie. Pour apporter confiance et garanties à ceux qui rendent possible cette transition, la France a besoin d’une trajectoire pour ces secteurs où se créent les nouveaux emplois, les innovations et la valeur. Nous savons tous que l’avenir passe par une énergie, une économie et une consommation renouvelables et soutenables. C’est pourquoi nous avons besoin d’une stratégie concrète et pragmatique tendue vers des objectifs clairs et ambitieux.

Sobriété et efficacité énergétique, développement accéléré des énergies renouvelables, changement des modes de productions, évolution de notre alimentation, rénovations énergétiques des logements, réorientation des investissements et de la fiscalité, outils de financement innovants, adaptation de la formation professionnelle aux besoins de cette économie… C’est sur tous ces leviers que doit s'appuyer cette trajectoire.

Elle sera créatrice d’emplois pérennes et non délocalisables. Elle permettra de prévenir et de réduire les risques qui pèsent aujourd’hui sur la santé de millions de Français. Elle permettra à la France, après la COP21, de rester le fer de lance d'un monde qui ne veut pas sacrifier sa survie sur l’autel de l’inertie. Et nos entreprises auront une opportunité de se positionner en leaders mondiaux de ces secteurs d’activité en développement. 

Nous avons la responsabilité collective d’accélérer cette transition et le temps des actes est venu.

Signataires :

Marylise Léon, secrétaire nationale à la CFDT; Olivier Perot, président de France Energie Eolienne; Hugues Vérité, adjoint au Délégué général du Gimelec; Anne Bringault, coordinatrice pour le CLER Réseau pour la transition énergétique et le Réseau Action climat; Emmanuel Soulias, directeur général d'Enercoop; Claire Fehrenbach,directrice générale d'Oxfam; Denez L'hostis, président de France Nature Environnement; Christine Lecerf, présidente de l'ICEB, Institut pour la Conception Environnementale du Bâti; Gilles David, Enertime; Thierry Rieser, gérant de la Scop Enertech; Nicolas Imbert, directeur de Green Cross; Virginie Bichon, cogérante de Corieaulys; Marie-Laure Lamy, directrice d'ALOEN; Gilles Lara, alter Alsace Energies; Edith Akiki, Scop TRIBU; Benoit Praderie, Fédération des énergies du vent Planete Eolienne; Alain Uguen, Cyber @cteurs; Marc Jedliczka, directeur général d'Hespul; Anne Rialhe, directrice d'AERE; Patricia Savin, présidente d'OREE; Lionel Jacotot et Jean-Loup Biard, consultants cabinet ASTRE Transition Energ'éthique; Bertil de Fos, directeur général d'Auxilia; Madeleine Charru, directrice de Solagro; Florence Rouch, co-dirigeante de Rouch Energies; Julie Stoll, déléguée générale de la Plate-Forme pour le commerce équitable; Aurélie Gaudillère, directeur associé d'Enerlis; Sandrine Buresi, directrice de Gefosat; Eric Grudet, EGC-ENERGIE; Vaia Tuuhia, déléguée générale de 4D; Gilliane Le Gallic, présidente d'Alofa Tuvalu; Noé François, REFEDD; Benjamin Dessus, président d'honneur de Global Chance; Véronique Moreira, présidente de WECF-France; Nathalie Duviella, directrice du CREAQ;  Bruno Rebelle, Transitions; Hélène Connor, présidente d’Honneur d'HELIO International.

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Tous les commentaires
  • 29/03/2017 04:14
  • Par Ano

J'aurais mieux aimé trop rien dire car il y a des gens que je soutiens dans la liste des signataires, et dont je sais qu'ils ne sont pas définis par ce seul texte si réducteur et étrangement général donc creux, mais peut-être pas tant que ça par déductions, qui sent bon la rengaine COP21. C'est uniquement ce petit texte que je commente.

« pouvoir nous déplacer sans polluer » : c'est une demande à Dieu pour le prochain Noël ? Ce-ux-lles qui l'ont écrit ont une idée peut-être ? (qu'on pourrait alors commenter ici). Moi je ne pense pas que ça soit possible et qu'il faudrait plutôt se mettre à l'évidence : il faut limiter ses déplacements, sinon baratin greenwashing pour pas cher, sauf à vélo (magnifique et nécessaire pour l'activité physique, avec un peu de train quand même, impossible avec les "bus à Macron"). Donc je dirais pouvoir se déplacer sans risquer sa vie et stresser à mort et être traité-e d'emmerdeu-r-se (quand on est sur le vélo toujours).

« créer des milliers d'emplois... d'entreprises... » : j'ai cru que c'était un tract perdu de la campagne électorale (valable pour tous les partis)...;  « rénovation des bâtiments » :  Bouygues est de tout cœur avec ces petits textes, l'écrit souvent lui-même dans les revues professionnelles, on ne se crée d'ennemis nul part avec ça;  « réseaux intelligent » :  le compteur linky ?  avec les menaces qu'on est tou-te-s en train de recevoir si on accepte pas... (au moins y a pas le feu, surtout quand on a des compteurs qui ne sont pas vieux). A plusieurs milliards oui le Linky crée des emplois le temps de la pose (beaucoup d'ondes EM partout en permanence ensuite), mais c'est en échange de cette dette en milliards... et ça va en supprimer autant (les relevés qui eux étaient permanents).

« Réduire nos consommations de pétrole, charbon et gaz qui, en plus de leur impact sur les changements climatiques, creusent le déficit commercial, et nous rendent dépendants de conflits géopolitiques. ». Ça c'est extraordinaire. Ce petit texte ne souffle mot de la bagnole. Il parle plus haut de continuer de se déplacer (sans polluer) apparemment sans vraiment de restrictions. Il semble feindre d'ignorer que 75 % de l'énergie électrique est d'origine atomique en France. Il semble feindre d'ignorer que EDF voudrait continuer 58 vieux gros réacteurs "jusqu'à 60 ans" (jusqu'à ce qu'il y en ai un ou deux qui pète quoi). L'éolien c'est 3% (2014) et le photovoltaïque rien. Moi aussi je suis pour développer les renouvelables, pas n'importe comment, pas n'importe où, voir pas n'importe lesquelles. Je pense aussi que cela va prendre du temps surtout si on ne le fait pas n'importe comment. Je sais aussi que rien n'est la panacée (même si c'est mieux) et que leur développement aura aussi des conséquences environnementales car on ne les fait pas avec rien, donc qu'un retour à une société plus frugale est vraiment la seule vraie solution, le vrai message qu'il faudrait faire passer. Ce petit texte n'est-il pas du supo au grand carénage EDF et qui va aspirer tout le fric et plus ? Oui, par omission, je le pense. Je ferais remarquer que le métal lourd uranium vient d'une part d'un des pays pauvres de la planète, le Niger, pour pas cher quand vous pensez qu'on leur laisse, alors là c'est à tout jamais jamais, d'immenses tas de résidus de traitement de l'uranium, avec tout le radium et le thorium, dans le vent du désert et qu'on vide leur nappe phréatique fossile pour faire çà. Et il vient du régime "très démocratique" du Kazakhstan où il est extrait via de très très nombreux forages qui envoient de très énormes quantités d'acide sulfurique (usines juste pour ça) dans des aquifères peu profonds (200 à 500 m). Suis curieux de connaître l'état de ces aquifères après, si les auteur-e-s de ce petit texte ont de l'info là-dessus, suis preneur. Je ferais remarquer que l'uranium a un impact sur « le changement solistique » avec 17 mega décharges FAVL (= éternels) de ces résidus d'extraction de l'uranium en France, et Andra-La Hague, Soulaines, FA-Soulaines, FAVL-Soulaines (en préparation), Ballancourt-sur essonnes, Marcoule, Areva-La Hague, Areva-Malvesi, Areva-Tricastin et d'autres CEA, 58 réacteurs atomiques qui même arrêtés resteront un problème environnemental (et financier...) et que l’augmentation spectaculaire des cancers de la thyroïde en France depuis une paire de décennies ne vient pas du CO2. Enfin "j'oserai" rappeller que tout le monde n'est pas béat-nunuche devant les vidéo-planètes numériques (qui ne savent pas ce que c'est qu'un cumulo-nimbus-numérique) des mega labo du GIEC (liés soit aux gros labo militaires comme LLNL, soit financés en bonne partie par l'aviation, la seule comme par hasard à être exemptée de taxe carbone, quelle fantastique trahison permanente du GIEC quand même !). Parce que l'idée d'un climat "fixé" à 1880 ou 1900 est quand même assez crétine : ici, (le professeur Murry Salby a écrit ce livre).

« prévenir et de réduire les risques qui pèsent aujourd’hui sur la santé de millions de Français. » Ah oui... ce petit texte veut dire : ici , , ? Non évidemment sinon il n'aurait pas totalement zappé le mot nucléaire. Dans le pays le plus nucléarisé du monde, et de très très loin, je me demande ce que les nombreux petits textes de ce genre qui circulent cherchent à faire, et pourquoi (parce que le Réseau Action Climat est financé par la European Climate Foundation de Laurence Tubiana, ou quelque chose comme çà ?).