Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

1014 Billets

15 Éditions

Tribune 30 oct. 2018

Pour un 24 novembre politique, marchons contre les violences sexistes et sexuelles

Plusieurs collectifs comme les Féministes contre le cyberharcèlement, Lallab ou La Chapelle Debout, appellent à participer à la marche du 24 novembre contre les violences faites aux femmes. « Nous voulons faire entendre les voix de celles pour qui les violences sexistes et sexuelles sont une expérience inséparable du racisme, du validisme, de la précarité, qui définissent nos quotidiens », expliquent les signataires.

Les invités de Mediapart
Dans cet espace, retrouvez les tribunes collectives sélectionnées par la rédaction du Club de Mediapart.

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le mouvement Nous Toutes organise une marche le 24 novembre prochain afin d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes.

Nous appelons à rejoindre cette marche, et à nous organiser activement afin d’en faire une réussite.

Les conditions de cette réussite ne seront cependant pas réunies si au prétexte de lutter contre “toutes les violences sexistes et sexuelles”, celles qui sont au premier rang de ces violences ne sont pas mises au centre de cette marche. Nous ne savons que trop bien à quel point notre effacement des luttes féministes perpétue notre isolement et ces violences. Avec “nous toutes”, nous voulons pouvoir dire “nous aussi”.

En disant “nous aussi”, nous voulons faire entendre les voix de celles pour qui les violences sexistes et sexuelles sont une expérience inséparable du racisme, du validisme, de la précarité, qui définissent nos quotidiens : les violences sexuelles que nous subissons sont souvent pour nous l'aboutissement de notre domination matérielle, économique et sociale dans chacun des aspects de nos vies, que ce soit au travail, à la fac, dans la rue, à la maison ou face à des policiers.

En disant “nous aussi”, nous affirmons que le contexte actuel est marqué par l’expression quotidienne du racisme, notamment de l’islamophobie et de la négrophobie. La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut passer que par une lutte radicale contre le harcèlement politique et médiatique, ainsi que contre les discriminations légales qui visent en particulier les femmes musulmanes et viennent justifier les violences qu'elles subissent. Nous dénonçons les discours de certains politiques et médias qui s’acharnent à vouloir attribuer le monopole des violences sexistes aux “Autres” et notamment aux hommes immigrés, musulmans et des quartiers populaires. La France et ses institutions n’ont de leçon à donner à personne en la matière.

En disant “nous aussi”, nous nous positionnons fermement contre les politiques répressives et racistes qui visent en premier lieu les femmes migrantes, sans-papiers, étrangères.

En disant “nous aussi”, nous nous assurons que les luttes des travailleuses du sexe soient parties prenantes des luttes féministes, et dénonçons à leurs côtés le harcèlement policier dont elles font l'objet et qui favorise les violences quotidiennes auxquelles elles doivent faire face.

En disant “nous aussi”, nous voulons également lutter contre toutes les violences que subissent les personnes trans et intersexes, y compris celles des institutions médicales ou judiciaires qui continuent d’exercer un contrôle sur leurs existences et qui les enferment dans la précarité. Nous voulons également lutter contre les violences que subissent les lesbiennes, cis ou trans, qui par leur simple existence sont vues comme une menace au schéma « un papa-une maman » garanti et maintenu par le système hétérosexiste.

En disant “nous aussi”, nous entendons lutter contre les violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes grosses, constamment déshumanisées, notamment par les institutions médicales.

En disant “nous aussi”, nous nous opposons aux politiques libérales appliquées par les gouvernements successifs qui nous privent peu à peu des services et des ressources nécessaires à notre vie quotidienne. Ces politiques d’austérité pèsent particulièrement sur les vies des femmes précaires, SDF, handicapées, ou devant fuir le foyer conjugal, qui se retrouvent d’autant plus vulnérables face aux violences.

En disant “nous aussi”, nous voulons exprimer notre solidarité avec toutes les femmes incarcérées, y compris celles détenues pour s’être défendues face à ces violences. Il est pour nous indispensable de rappeler que l’institution carcérale constitue une menace pour bon nombre d’entre nous en raison de nos moyens de survie, notre classe, notre race, et que nous refusons de glorifier la prison comme unique réponse aux violences sexuelles et sexistes.

Nous affirmons également que ces violences ne seront pas éradiquées par de seules actions de pédagogie reposant sur les bonnes volontés individuelles. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles, c'est construire un véritable rapport de force vis-à-vis des institutions qui font de nous des cibles pour nos harceleurs, nos agresseurs, nos violeurs, et nos assassins, que ceux-ci soient des inconnus ou des "proches", nos patrons ou nos partenaires.                                                                                                

Pour un 24 novembre politique contre les violences sexuelles et sexistes, Nous Aussi, organisons-nous et marchons !

Premiers signataires : Acceptess Transgenres, Act Up-Paris, AGILE Auvergne LGBT, Alerta Feminista, Asamblea Feminista Paris, Association Nationale Transgenre, Bi'Cause, Brigade du stupre, Cellule de lutte antisexiste Paris 8, Les Bavardes, Bonny Read, La Brêche EHESS, Burn Out - Collectif, Centre LGBT de Paris IDF, Collectif féministe Nord Africain "Nta Rajel?", Collectif Intersexes et Allié.e.s - OII France, Collectif de Lutte Anticapacitiste - CLAC, Comme nous brûlons, CLAQ, CLEF Montpellier, Collectif Afro-Fem, Collectif Des Raciné·e·s, Collectif Féministe Paris 6, Collectif Féministes Révolutionnaires, Collectif Irrécupérables, Collectif : Féministes contre le cyberharcèlement, Collectif ROSA, Collectif Self-ish, Deuxième Page, FASTI, FeminiCités, Féministes Plurielles, Fières, Friction Magazine, Frisse Asso, Garçes Collectif Féministe, Globule Noir, Guarichas Cósmikas: batucada lesbo trans féministe, Gras Politique, Grisélidis, Handi-Queer, Humans For Women, L'intersection, Lallab, La BAFFE, Collectif La Chapelle Debout, Collectif LaMeute photographes, Le Castor Magazine, le MAG Jeunes LGBT, Collectif Le SEUM, Local de Docs Trans-Inter, Manifesto XXI, NRJKIR Paris 8, Groupe anarchiste Orage, Les Ourses à plumes, Association OUTrans, Potere al Popolo Parigi, Queerasse, Quidam·e·s, RAR - Révolutionnaires Autonomes Radical.e.s, Le Réseau des femmes Afrodescendantes, SCARLET, SIAMO Paris Antifa, Spectres, Strass - Syndicat du Travail Sexuel, Support your local girl gang, TRANSGRRRLS, TRANS INTER action, Witch Bloc Paname, Women's March Paris.
Pour les contacter, contact.nousaussi@gmail.com ou https://www.facebook.com/nousaussicontact/

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Des femmes et des enfants survivent dans la rue à Bagnolet
Une vingtaine de femmes exilées, et autant d’enfants, dont des nourrissons, occupent un coin de rue à Bagnolet depuis le 4 août pour revendiquer leur droit à un hébergement. Une pétition vient d’être lancée par différentes associations pour soutenir leur action et interpeller les autorités sur leur cas.
par Nejma Brahim
Journal — Logement
Face au risque d’expulsion à Montreuil : « Je veux juste un coin pour vivre »
Ce mardi, une audience avait lieu au tribunal de proximité de Montreuil pour décider du délai laissé aux cent vingt personnes exilées – femmes, dont certaines enceintes, hommes et enfants – ayant trouvé refuge dans des bureaux vides depuis juin. La juge rendra sa décision vendredi 12 août. Une expulsion sans délai pourrait être décidée.
par Sophie Boutboul
Journal — Énergies
La sécheresse aggrave la crise énergétique en Europe
Déjà fortement ébranlé par les menaces de pénurie de gaz, le système électrique européen voit les productions s’effondrer, en raison de la sécheresse installée depuis le début de l’année. Jamais les prix de l’électricité n’ont été aussi élevés sur le continent.
par Martine Orange
Journal — France
Inflation : le gouvernement se félicite, les Français trinquent
L’OCDE a confirmé la baisse des revenus réels en France au premier trimestre 2022 de 1,9 %, une baisse plus forte qu’en Allemagne, en Italie ou aux États-Unis. Et les choix politiques ne sont pas pour rien dans ce désastre.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
Faire face à l’effondrement du service public de santé
Après avoir montré l’étendue et les causes des dégâts du service public de santé français, ce deuxième volet traite des solutions en trompe-l’œil prises jusque-là. Et avance des propositions inédites, articulées autour de la création d’un service public de santé territorial, pour tenter d’y remédier.
par Julien Vernaudon
Billet de blog
Ce que nous rappelle la variole du singe
[REDIFFUSION] A peine la covid maitrisée que surgit une nouvelle alerte sanitaire, qui semble cette fois plus particulièrement concerner les gays. Qu’en penser ? Comment nous, homos, devons-nous réagir ? Qu’est-ce que ce énième avertissement peut-il apporter à la prévention en santé sexuelle ?
par Hervé Latapie
Billet de blog
Variole du singe : chronique d'une (nouvelle) gestion calamiteuse de la vaccination
[REDIFFUSION] Créneaux de vaccination saturés, communication inexistante sur l'épidémie et sur la vaccination, aucune transparence sur le nombre de doses disponible : la gestion actuelle de la variole du singe est catastrophique et dangereuse.
par Jean-Baptiste Lachenal
Billet de blog
Variole du singe : ce que coûte l'inaction des pouvoirs publics
« L'objectif, c'est de vacciner toutes les personnes qui souhaitent l'être, mais n'oublions pas que nous ne sommes pas dans l'urgence pour la vaccination ». Voilà ce qu'a déclaré la ministre déléguée en charge des professions de santé, au sujet de l'épidémie de la variole du singe. Pourtant pour les gays/bis et les TDS il y a urgence ! Quel est donc ce « nous » qui n'est pas dans l'urgence ?
par Miguel Shema