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Billet de blog 23 août 2021

L’art d’être Arlésien

« Le marché de l’immobilier est en train de s’envoler au profit de spéculateurs en parallèle de la création de multiples fondations ». Chaque semaine de cet été 2021, depuis Arles, nous partageons un texte issu du recueil « Manger Luma », publié le jour de l'inauguration de la tour Luma, fondation d'art contemporain créée par Maja Hoffmann, héritière des laboratoires Hoffmann-La Roche.

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En 30 ans, Arles (environ 53 000 habitants) est la seule ville de la région PACA à stagner en termes de population, et le taux de chômage de la cité est l’un des plus élevés de ladite région.

La ville est sous la coupe, depuis des lustres, de quelques potentats locaux.

Il ne s’est rien construit depuis le programme du groupe HLM « les Gradins » à Barriol (1975-77), fort intéressant au niveau architectural.

Sur 26 000 logements recensés (14 000 maisons, 12 000 appartements), moins de la moitié des habitants de la commune (47%) est propriétaire de son logement.

Le marché de l’immobilier atone depuis des décennies est en train de s’envoler au profit de spéculateurs en parallèle de la création de multiples « fondations »  qui permettent généralement à ces multinationales de défiscaliser les dividendes de leurs principaux actionnaires.

Exemples :

Pernod-Ricard : fondation Pernod-Ricard 75008 Paris

Groupe Pinault : collection Pinault 75001 Paris

Groupe G.G.L/Helenis : fondation G.G.L/Helenis Montpellier (34)

La fondation Luma (Arles) de l’héritière du groupe Hoffmann-La Roche (C.H) affirme quant à elle n’avoir rien à défiscaliser en France et qu’elle paie au contraire des impôts en France.

La privatisation des musées nationaux est pour demain… Vive la diaspora du CAC 40 dont le VRP est notre actuel président d’une République en fin de cycle… Ledit président étant mis en place par son prédécesseur social-traître à nul autre pareil.

Il faut remonter loin pour trouver un maire (Joseph Morizot, 1919-32) ayant une notion d’équilibre en termes d’urbanisme au profit d’actions concertées dont :

  • le lotissement des Alyscamps (maison art-déco)
  • la salle des fêtes, qui aujourd’hui mériterait d’être réhabilitée au regard des verrues successives qui s’y sont attachées
  • le Lycée Pasquet
  • le Collège Ampère
  • l’HBM Richepin (1930-33)

Pour revenir au marché de l’immobilier actuel, il faut savoir que dans le quartier du Chabourlet, on ne trouve plus de maisons à moins de 300 000 euros, soit une valorisation sur 10 ans de plus ou moins 100% !!

Dans le centre-ville, il est difficile de trouver un T2/T3 à moins de 2 000 euros le m2 (souvent à rénover). Quant aux quartiers prioritaires (Barriol, Griffeuille, Trébon), ils sont pour partie laissés à l’abandon. Le revenu moyen par ménage est de l’ordre de 10 000 euros par an soit à peu près 800 euros par mois, en dessous du seuil de pauvreté.

À terme, la ville d’Arles et notamment l’Écusson, va être envahie par les galeries et les commerces de luxe dans l’esprit du XXIe arrondissement de Paris ou Aix-en-Provence intra-muros.

Grâce à l’armada de la nouvelle « police municipale » (coef. 5), peloton cynophile compris, il sera impossible, tout au long de la mandature, pour la plèbe des quartiers de flâner, sans contrôle initial, dans le périmètre protégé de l’Écusson.

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