Leningrad - «C'est la merde, c'est comme ça»

 Russie, 2003 : les revenus du pétrole et du gaz ont été de nouveau nationalisés et renflouent le budget de l'État, profitant au passage à la population. La Sainte-Mère-Russie se relève enfin de ses genoux. « Mais qu'est-ce qui pourrait aller mal ? » Aujourd'hui, on a comme un début de réponse.

Ленинград - Хуйня © Ленинград | Leningrad

 

Russie, 2003 : les revenus du pétrole et du gaz ont été de nouveau nationalisés et renflouent le budget de l'État, profitant au passage à la population. La Sainte-Mère-Russie se relève enfin de ses genoux. « Mais qu'est-ce qui pourrait aller mal ? » Aujourd'hui, on a comme un début de réponse.

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On a de tout, à première vue
Et même de la fourrure au cul.
Mais quand même, rien ne va,
Et va comprendre c'est quoi...

C'est la merde, c'est comme ça (x4)

À première vue, tout est impec',
Et l'OTAN, on s'en bat les steaks.
Mais quand je suis bourré,
Dans mes rêves, l'Urss apparaît...

C'est la merde, c'est comme ça (x4)

À première vue, on manque de rien
Et on a même du pain.
Mais quand même, rien ne va,
Et va comprendre c'est quoi...

C'est la merde, c'est comme ça (ad lib)


Titre original : «Вот такая хуйня (СССР)»
Album «Для миллионов» (2003)

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Pour la petite histoire, c'est le premier morceau dont la traduction a commencé à me tourner dans la tête, il y a quelques années. À l'origine, je traduisais en me basant sur la version studio, dans laquelle les 2e et 3e couplets sont mélangés par rapport à la traduction ci-dessus. La première version de la traduction de ce morceau ressemblait à :

À première vue on manque de rien,
Et on a même du pain,
Mais quand je vide une bouteille,
Je vois l'Urss dans mon sommeil...

Tout est nickel, quand on y pense,
Et l'OTAN, on s'en balance.
Mais quand même, rien ne va
Et va comprendre c'est quoi

Je me suis dit que l'OTAN et l'Urss, ça irait bien ensemble, et j'avais mélangé les deux couplets dans la traduction que j'avais partagé ensuite avec des amis. Et, peu de temps après, je me suis aperçu que dans ses concerts, le groupe avait lui aussi mélangé les deux couplets de la même manière.

Enfin, si j'ai mis tellement de temps à publier cette traduction, c'est que je ne serai jamais satisfait du refrain. L'expression est, comme souvent chez Leningrad, d'une banale et désarmante vulgarité, tout en restant assez riche de sens et emblématique : «vot takaïa khouïnia». La khouïnia – mot formé à partir de huï, «bite» – peut désigner à la fois un objet inconnu, une situation désagréable ou un obstacle mineur. La phrase complète est généralement utilisée aux sens de «voilà le topo», «voilà le bin's».

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