D'un couteau touchant torturer sa chair
D'un couteau touchant torturer sa chair
Pincer jusqu'au sang des doigts bénévoles
Savourant courageusement des sucres d'orge
Remplir ses poches, sans sourciller
De souriceaux crevés de bites vivantes
De friandises chocolatées
Et de mandales immaculées
À la décharge patriarcale des notions dépassées
Des motifs utilisés et des paroles polies
En finissant avec soi, détruire le monde entier
En finir avec soi, détruire le monde entier !
...l'éternité a une odeur de pétrole
...l'éternité a une odeur de pétrole
Tel un givre le rire charitable
Tel un givre le rire charitable
Tel un givre le rire charitable
Croule glorieusement sur,
sur,
sur le champ russe des expériences
Géographie de la crapulerie, orthographe de la haine
Apologie de l'ignorance, mythologie de l'optimisme
Les lois obusiers de la bienséance
Le noble festoiement du bon sens
De la bouche de l'enfant sort la fosse
De la bouche de l'enfant sort la balle
...l'éternité a une odeur de pétrole
...l'éternité a une odeur de pétrole
Tel un givre le rire charitable
Tel un givre le rire charitable
Tel un givre le rire charitable
Croule glorieusement sur,
sur,
sur le champ russe des expériences
Savoir comme moi être de trop,
Savoir être aimé comme un bourreau
Savoir être global comme une pomme au four
L'art de se ranger au bon moment
L'art d'être étranger
L'art d'être étranger
Un moyen dernier cri pour nettoyer les fourneaux
De ceux étouffés de leur plein gré
Un moyen dernier cri pour nettoyer les cordes
De l'odeur exécrable des cous mal lavés
Un moyen dernier cri pour trouver des coupables
Un moyen dernier cri pour trouver des coupables
Le champ russe des expériences
Derrière la porte qui s'ouvre, le vide t'attend
Ça veut dire que quelqu'un est venu te chercher
Ça veut dire que quelqu'un maintenant
A besoin-besoin-besoin de toi.
La neige tombe toujours, la neige tombe toujours
Le champ russe suinte la neige
D'aucuns enterrés dans du papier de prunelle
D'aucuns enterrés dans du papier-journal
Et le veau mis à mort dans l'abattoir
C'est pour tous une joie, pour tous une fierté
Pour tous une haine, pour tous une volonté
Pour tous une volonté, et pour tous une vieillesse
Remplir avec soi la tombe à ras bords
Ça veut dire hériter de la terre
Que-ce que c'est qu'hériter de la terre?
Ça veut dire épuiser sa patience
Ce qu'il fallait démontrer...
Ce qu'il fallait démontrer !
Dans le vasistas, dans le trou de serrure –
Des pensées géniales, des guéguerres mondiales
Des nombrils informels de notre monde
Des pièces émaillées des systèmes de tête
Des bénévoles instinctifs
Au nom de l'univers et du croûton de pain
Des Humains avec une majuscule
On met une majuscule au mot « Humain »
La croix gammée de la foi a mis à bas les visages
L'abécédaire babylonien colle aux doigts
Une méthode historiquement justifiée
Pour bouffer la terre humide
N'est-ce pas ce dont nous avons besoin ?
N'est-ce pas ce dont nous avons besoin ?
Et le matin, fatalement, ils se sont réveillés
N'ont pas pris froid, ne se sont pas salis
Ils appelaient les choses par leur nom
Semaient le bon, le sage, l'éternel
Ils ont tout semé, ils ont tout nommé
Le dîner est servi, en tout bien, tout honneur
En entrée il y avait les fruits des Lumières
En guise de plat, des garçons saignants
Le Seigneur médaillé du monde victorieux
Le Seigneur émérite de la terreur du drapeau rouge
Une bonne fête pour les bonnes gens
Une faucille affûtée pour les épis mûrs
La fosse comme principe de mouvement vers le Soleil
Y'a jamais trop de larmes dans les épinards
Le traîneau plein de la honte des filles
Les draps pleins du remugle des garçons
Les yeux des filles, les larmes du coucou
Et d'autres objets divers et variés
Alors qui est mort dans la bataille générale
Qui est mort dans la défaite géniale
Pour une coupe pleine de pitié
Dans le Stalingrad du stupre enragé?
L'avion s'est ricané en mille morceaux
Dans le monticule de Terre promise
L'avion s'est ricané en mille morceaux
Dans le monticule de Terre promise
Et mon amour, je l'ai de mes propres mains
Libéré des déceptions futures et inévitables
Appâtée d'un pain d'épice
Appâtée d'un pain d'épice
Violenté d'un soulier ivre et cruel
Et pendu à un petit nuage
Comme un enfant sa poupée mal-aimée
Ma poupée mal-aimée.
Billet de blog 4 mars 2012
Grajdanskaïa Oborona - «Le champ russe des expériences»
D'un couteau touchant torturer sa chairD'un couteau touchant torturer sa chairPincer jusqu'au sang des doigts bénévolesSavourant courageusement des sucres d'orge
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