Manowar – «La Force» («Et l'acier fut trempé...»)

Stop !Hammer time.Je dois vous avouer, traduire, des fois, ça me pompe.

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Stop !
Hammer time.
Je dois vous avouer, traduire, des fois, ça me pompe. Pas au sens où ça me gonfle, bien au contraire : ça me vide. Tous ces gens qui chantent le malheur, le désespoir, l'impuissance, le fatalisme, la terreur de la machine, ouf. T'as beau penser que t'en as à revendre, de tous ces sentiments, la résonance est parfois un peu forte. C'est à ces moments-là que je me ressource. Avec des nichons, des épées, des barbares chevelus, de la double grosse caisse, bref, du lourd.
Note à l'attention de tous ceux qui n'auraient pas lu Elric le Nécromancien à quinze ans, qui ne s'imagineraient pas à quoi ressemble un écran de Maître de Jeu et qui sont en règle générale imperméables à cet univers fantaisiste qui fait le fonds de commerce de certains groupes de heavy metal : ceci est un exercice de style. Celui d'une poésie naïve et maladroite, guerrière et péremptoire, fantaisiste et obsessionnelle, celle de Manowar ; subtile comme Poutine en trike, la bande-son du Rêve de Fer de Spinrad, l'egotrip qui cavale en double croche sur la bienpensance, Conan en slip de fourrure dans ton canapé.
Manowar, c'est l'alchimie de l'entertainment américain : outrancier, démesuré, avec en prime un furieux flou artistique qui permet à chaque auditeur de choisir s'il veut prendre la chose au premier ou au second degré, en fonction de l'heure de la journée et de son humeur du moment. Et quand on lance un morceau de Manowar, elle est généralement belliqueuse.
Je n'ai pu que partiellement rendre les limites lexicales de l'original (il n'est hélas pas si évident d'écrire un texte ne contenant qu'un seul mot de plus de deux syllabes en français tout en essayant de reproduire au mieux le propos), et j'ai eu beaucoup d'hésitations quant au terme qu'il fallait choisir pour servir d'ersatz français au très polysémique « power », pour finalement arrêter mon choix sur « Force » pour des raisons purement rythmiques. J'ai également failli mettre une majuscule à chaque mot et un point d'exclamation à chaque ligne, pour leur donner plus de Puissance, mais je me suis retenu.
***
J'ai la Force de voler en brisant les vents
La Force d'être libre, de vivre éternellement
Cette Force est comme un feu qui brûle sans attendre
Faisant du monde une tombe dans une urne de cendres
La Force de voir dans le noir à toute heure
Marchant parmi les mortels, sans reproche et sans peur
La Force du sortilège, la Force de la magie
Pour régner en enfer, défiant le paradis !
Laaaaa Fooooorce !
(La Force, la Force, la Force)
Une Force plus grande que l'amour ou la haine
La Force du destin, d'une âme surhumaine
La Force de sentir, la Force de tuer
La Force du sang, le triomphe de l'acier
Plus grande que la Force d'un saint ou d'un damné
La Force de défier, d'affronter, de gagner
La Force des démons, des esprits de ma horde
Toujours à mes côtés, exécutant mes ordres !
Laaaaa Fooooorce !
(La Force, la Force, la Force)
La Force est imbattable, comme les vents éternels
Elle contient les secrets des dieux et des mortels
Fais appel à la Force des ténèbres et du jour
Domine la Terre et sois son seigneur pour toujours
Tue ceux qui barrent ta route, affronte leur regard
Bois leur sang et ris (ha ! ha ! ha !) en fêtant ta victoire
Pisse sur leurs tombes, et jette un dernier sort
Envole-toi dans la nuit, pour affronter la mort !
Laaaaa Fooooorce !
(La Force, la Force, la Force)

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