mot de passe oublié
1 euro 15 jours

Construisez avec nous l'indépendance de Mediapart

Accédez à l'intégralité du site en illimité, sur ordinateur, tablette et mobile à partir d'1€.

Je m'abonne
Le Club de Mediapart dim. 25 sept. 2016 25/9/2016 Édition de la mi-journée

Les emprunts russes

Les mots empruntés par le russe au français sont bien souvent évidents, et finissent souvent par « -et » : arbalet, etiket, bouket… D'autres, s'ils partagent cette terminaison caractéristique, surprennent par le décalage de sens qu'ils ont pu subir, libérés du carcan contextuel de leur langue d'origine.

Les mots empruntés par le russe au français sont bien souvent évidents, et finissent souvent par « -et » : arbalet, etiket, bouket… D'autres, s'ils partagent cette terminaison caractéristique, surprennent par le décalage de sens qu'ils ont pu subir, libérés du carcan contextuel de leur langue d'origine.

Ainsi, pourquoi appelle-t-on en russe « kotleta » (de « côtelette ») des boulettes de viande hachée ? Le terme viendrait du « poulet à la russe », une recette qui, selon certains, a été rapportée de France par un étudiant culinaire russe, selon d'autres créée sur place par un cuisinier français installé en Russie : une poitrine de poulet qu'on enroule en mettant du beurre et des fines herbes à l'intérieur. Les Russes auraient repris le terme pour désigner toute préparation où la viande été roulée plus ou moins en boule, et il a fini par devenir le mot désignant couramment les boulettes...

En russe, « poing américain » se dit « kastet », du français « casse-tête ». Le mot serait arrivé durant la première guerre mondiale par ce type de couteaux de tranchée : http://imageshack.us/scaled/landing/38/trenchknifeus1918le9.jpg En français le terme « casse-tête » ne désigne en fait que la pointe d'acier au bout de la poignée, à l'opposé de la lame. Les russes ont repris le mot pour désigner la poignée « coup de poing » dans son ensemble, puis le poing américain.

Et enfin « minet » – « fellation », du français « faire minette » çàd... « cunnilingus ». J'avoue que je n'ai pas la moindre idée des circonstances précises dans lesquelles s'est opéré le glissement de sens, mais l'exemple reste cocasse.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

Séance d'autocritique parce qu'on me souffle à l'oreille un détail :

Pourquoi la terminaison en "-eta" et le féminin de kotleta alors que les mots féminins en "-ète/-ette" généralements empruntés au français comme arbalet ou etiket deiviennent masculins en russe ? (ce qui est imposé par la terminaison en -et)

Même si toutes les sources "académiques" semblent indiquer le français "côtelette" comme étymologie, le terme ne pourrait-il pas s'être formé sous l'influence de l'italien "cotoletta" ? (ou escalope à la milanaise, si vous préférez)

 

Aussi, dans le registre culinaire, j'en oublie un beau : vinegret, qui désigne non pas une sauce, mais une salade typiquement russe à base de bettrave, de patates, de petits pois et de cornichons salés. J'avoue que je n'ai même pas cherché à comprendre comment on est passé de l'une à l'autre.

 

Pour finir sur une note musicale, une chanson par les Sektor Gaza -- groupe renommé pour ses chansons graveleuses voire obscènes -- entièrement dédiée au minet (prononcez "miniette"), sur l'air de la "Lambada" :

http://www.youtube.com/watch?v=Ba9nCXJqyRA

Mais s'il ne me lâche plus
Aves tous ses sous-entendus,
Moi j'lui répondrai : "Non,
J'fais seulement des fellations !"

 

 

Construisez l'indépendance de Mediapart

onze euros par mois

Souscrivez à notre offre d'abonnement à 11€/mois et téléchargez notre application mobile.
Je m'abonne

L'auteur

Lëshat

Glandeur de compétition (mais j'ai arrêté le sport de haut niveau)
Orbite géosynchrone - France

Le blog

suivi par 10 abonnés

Combler le néant