Pendant ce temps, en Transcaucasie...

Ou en Géorgie, plus précisément, l'opposition mécontente sortait dans la rue pour se faire réprimer à coups de matraques. Évidemment, entre DSK, la Libye, l'Espagne, le G8 et tout le reste, l'événement ne suscite qu'un silence indifférent dans la presse française. Ça doit être ce qu'on appelle « les choix rédactionnels, coco ».
Ou en Géorgie, plus précisément, l'opposition mécontente sortait dans la rue pour se faire réprimer à coups de matraques. Évidemment, entre DSK, la Libye, l'Espagne, le G8 et tout le reste, l'événement ne suscite qu'un silence indifférent dans la presse française. Ça doit être ce qu'on appelle « les choix rédactionnels, coco ».

Quand j'ai essayé, il y a une semaine, de voir ce qui se disait sur la toile francophone à ce sujet, je n'ai trouvé qu'un petit article sur le site d'Europe 1.Un autre sur Evene, était intitulé « 5 bonnes raisons d'aller à Tbilissi ». Bah, après tout, peut-être qu'ils ont raison : pas de quoi s'alarmer, des manifs de mécontents y'en a partout, et le vin géorgien vaut à lui seul le déplacement.
J'avoue que j'ai beaucoup de mal moi-même à me faire une opinion sur la situation en Géorgie. Entre l'hystérique Saakachvili inféodé aux USA et ses opposants menés par d'anciens comparses de ce même Saakachvili, j'aurais du mal à dire qui a tort, qui a raison. Surtout que les nouvelles de Géorgie m'arrivent principalement par le biais du prisme de la presse russe, connue pour sa propension a déformer un brin la réalité. La couverture des manifestations des ces deux dernières semaines est, dans le genre, assez emblématique.
Le samedi 21 mai, une nouvelle, immédiatement reprise dans la blogosphère, titre : « À Batoumi, la police ouvre le feu lors d'une action de protestation ». L'opinion publique russe ironise, goguenarde : « ah, bien sûr, en Biélorussie ou en Syrie c'est un crime, mais en Géorgie, on défend la démocratie, c'est acceptable ». Un démenti arrivera plus tard de la part des représentant de l'opposition géorgienne eux-mêmes. Dans le fil dédié aux manifestations en Géorgie de lenta.ru, le lien vers l'article est remplacé par un démenti, mais l'article lui-même reste en ligne, sans aucun changement, toujours relayé par les différents blogs et sites qui l'ont cité...
Dans la nuit du 25 au 26 mai, un meeting de l'opposition se prolonge au-delà des horaires autorisés et sera dispersé par la police à coups de lacrymos et autres « mesures spéciales ». Une petite centaine d'opposants est arrêtée et sera condamnée, pour la plupart, à deux mois de détention. Le ministère des affaires étrangères russe s'empresse d'accuser Tbilissi « d'enfreindre de manière flagrante les Droits de l'Homme » (ahem). Saakachvili, de son côté, déclarera aussitôt avoir vu « un scénario étranger » visant à gêner le déroulement de la parade dédiée au jour de l'indépendance, et son ministre de la culture parlera ouvertement d'une « trace russe ».
Deux personnes, un policier et un ex-policier, sont morts suite à la manifestation du 25, prétendument écrasés par une voiture emmenant des leaders de l'opposition. Samedi 28, un nouveau titre sur lenta.ru : « Un troisième corps découvert à Tbilissi ». Le corps d'un homme a été découvert dans un parc, il aurait disparu « après le meeting de l'opposition du 26 » et était recherché par sa famille. Puis il est fait mention des « corps de deux hommes » retrouvés sur le toit d'un magasin avenue Roustavelli. Le site précise toute de même que « le lien entre ces trois morts et leur participation au meeting de l'opposition n'est pas encore établi ». Pourquoi les avoir mentionnés dans ce contexte alors ?..

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