À Danivance, fidèle lecteur
Je suis tel un chien, assis devant ta porte,
Sans manger, sans boire, rien que la Lune pour hurler.
Sous mes pattes la ville, et ses lumières m'insupportent,
Elle t'a avalée, complètement esseulée.
Ton ivrogne de frère m'a taxé, il lui faut sa biture :
Je lui ai vidé mes poches, je voulais qu'il me lâche.
En face, un anniversaire, et trois jours que ça dure,
Ou peut-être un mariage, ou une scène de ménage.
L'ascenseur est à côté de la plaque, tout le temps,
Ton dernier étage est pour lui un départ sous la neige
D'une piste de ski ensevelie dans les flancs du Mont Blanc
Et je suis à l'arrivée, pris dans un piège.
Je suis assis à ta porte, et j'écoute les tuiles
La journée est passée, vient le renversement
Les chats, les hommes et les souris dorment tranquilles.
Je veux être avec toi, tant que je suis vivant !
Je me rongerais les veines s'il arrivait quelque chose
Je boirais de mon propre sang, et ensuite du vin.
Bien des visages marrants dans cette ville morose,
Mais voilà, tu sais, il me manque le tien.
Je suis tel un chien...