La société du Hashtag : #PasDeVague ou la fin de l’enfant Roi ?

Le hashtag des enseignants continue d'enflammer Internet. Ils brisent enfin le silence et dénoncent les violences qu’ils subissent quotidiennement de la part de leurs élèves et des parents d'élèves. Une autre violence est celle de leur hiérarchie, leur demandant systématiquement de ne pas faire de vagues et de renoncer à leurs principes. Alors, y aura-t-il un avant et un après #PasDeVague?

La société du hashtag : PasDeVague ou la fin de l'enfant Roi? © Jean-Luc ROBERT - Psychologue La société du hashtag : PasDeVague ou la fin de l'enfant Roi? © Jean-Luc ROBERT - Psychologue

Article n°2 ici : Agression d'un professeur dans le Val-d'Oise : #LesPremièresVagues…

Force est de constater que ce symbole représenté par un croisillon qui à l’origine permettait le classement de données sur internet (regroupement de toutes les références sur un sujet recherché par mots clés), a rapidement muté en hashtag de la délation dans une société « big brother », où chacun s’improvise reporter sans limites via la flopée de supports médiatiques que sont les smartphones et autres réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram et compagnie).

Ras-le-bol et révolution!

Et nouvelle mutation aujourd’hui, le petit croisillon semble maintenant devenir le symbole du ras-le-bol et de la révolution. A lui tout seul, il fait désormais sauter le verrou de l’omerta sur tout le globe, avec l’extraordinaire force de pouvoir circuler à une vitesse faramineuse par flux de bits. Ainsi, un « coup de gueule » peut devenir mondial en quelques heures. On observe que pour ce faire, il faut un fait marquant, très grave cette fois-ci, qui se produit sans doute parce que l'on a trop laissé faire, sans contrôle ni contestations, dans l’impunité la plus totale, dans la plus grande injustice. Des victimes résignées, réduites au silence depuis tant d’années, qui alors soudainement réveillées par cet événement violent, se remémorent toutes les fois où elles ont subi cela. Par identification, elles seront solidaires, puis un hashtag sera balancé, sonnant le début de la révolte. Le buzz se propagera instantanément, encourageant toutes les langues à se délier et à rejoindre l’onde de choc pour plusieurs mois ou années. Oui, enfin, de nombreux porcs seront balancés durant la décennie à venir, même au-delà. Et aujourd’hui, le hashtag PasDeVague, qui n’a comme ça l’air de rien, pourrait bien à son tour être le début d’une révolution dont personne n’a encore idée en matière d’éducation. Un hashtag dont on dira qu’il y a eu un avant et un après.

Une jeunesse piégée?

Il se pourrait en effet que la « jeunesse désinvolte » se soit prise à son propre piège en filmant ce jeune en train de braquer son professeur devant une classe hilare, et en postant « fièrement » sur les réseaux sociaux cette vidéo-trophée nous disant : « Par la terreur, nous imposons nos lois, et nous nous en gargarisons ». Certains diront qu’il faut une certaine inconscience pour être l’auteur d’un tel acte, et qu’il y a une probabilité assez grande pour que cette inconscience soit le fruit d’une succession de petits actes répréhensibles passés sous silence par une administration frileuse, société du lobby (associations de parents, médias…) oblige. D’autres penseront qu’il s’agit d’un fait divers de plus qui demain sera oublié.

Je fais pour ma part le pari qu’à partir de cet hashtag, tout acte de délinquance exercé à l’encontre de nos institutions (enseignants et assimilés, employés de la sécurité civile…) ou même d’un citoyen, sera désormais passé au crible par l’exécutif, le vent de l’indignation ayant soufflé trop fort cette fois-ci pour n’être qu’éphémère. 

Alors, pensez-vous comme moi que le #PasDeVague fera des vagues suffisamment grosses pour sonner le glas de l’enfant Roi, voire du jeune délinquant, dans notre société ?

N’hésitez pas à poster VOS COMMENTAIRES sur les réseaux sociaux.

auteur de MA VéRITé SUR L'AUTISME : https://www.youtube.com/watch?v=037XhWAK9jI

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